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LA PLUME ET LE ROULEAU

LA PLUME ET LE ROULEAU

200 chroniques éclairent le Présent à la lumière de l'Histoire


1905 : Alexandre JACOB et Arsène LUPIN, gentlemen cambrioleurs (2)

Publié par Sho dan sur 1 Septembre 2011, 00:05am

Catégories : #Crimes & affaires judiciaires

Cher(e)s Ami(e)s et abonné(e)s des chroniques de la Plume et du Rouleau,

En juillet 1899, Alexandre Jacob est de nouveau arrêté, cette fois-ci en bonne et due forme. Là, l’imaginatif voleur adopte une défense bien particulière : il simule un délire de la persécution. Il se dit poursuivi et harcelé par les… Jésuites ! Reconnu irresponsable et malade, il est enfermé à l’asile de Montperrin (au sud-ouest d’Aix-en-Provence). Il n’y reste que quelques mois : en avril 1900, il s’en évade grâce à une complicité interne.

Sa vraie carrière de cambrioleur débute alors. Jacob s’y révèle un organisateur-né, méticuleux, ordonné, imaginatif et professionnel. Il a des cibles bien précises et des motivations bien claires. C’est toute son originalité, quand tant de crapules se contentent de dévaliser leurs victimes après les avoir assassinées à coups de couteau. Tout cela, on l’apprendra lors du procès ultérieur mais, d’ores et déjà, vous pouvez en juger.

L’organisation, d’abord : elle est rigoureuse, méthodique et éprouvée. Jacob divise sa bande (que la presse, jamais avare de formules sensationnelles, nommera ultérieurement Les travailleurs de la nuit) en « brigades » d’une douzaine de personnes maximum. La France, elle, est divisée en 3 zones (on ne s’interdit pas quelques cambriolages au-delà de la frontière, néanmoins, comme celui du château de la reine de Belgique, à Spa). Les malfrats y circulent par des moyens modernes : le train, qui prend de vitesse des forces de police fragmentées entre polices municipales et police nationale par secteurs (jeux, prostitution, banditisme, etc… -) et par ailleurs équipées de chevaux et de vélocipèdes.

Le modus operandi de Jacob est presque toujours le même : en province, un « éclaireur » repère les villas inoccupées. Il y pose des « scellés » (comme, par exemple, un fil noué à un loquet d’un volet, etc…) qui indiqueront ultérieurement si, depuis son passage, la maison a été ouverte. Quelque temps plus tard, Jacob, voyageant de jour avec sa bande, arrive sur place à la nuit tombée. On vérifie si les « scellés » sont intacts. Si c’est le cas, on fracture un volet, on entre et on cambriole.

Durant l’opération, plutôt que de poster un guetteur (toujours repérable), Jacob place un crapaud qui coasse dans le bas de la gouttière : si celui-ci se tait, cela signale l’arrivée de quelqu’un ! Facile, écologique et imparable : c’est un peu comme les oies du Capitole de Rome qui, dans l’Antiquité, avertirent les Romains de l’imminence d’une attaque gauloise en gloussant.

Enfin, au petit matin, Jacob et sa bande reprennent le train vers Paris. Comme la bande a refermé soigneusement les volets et effacé ses traces, les cambriolages ne sont souvent découverts que très longtemps après. Et, entre temps, le butin est souvent déjà écoulé ! Une telle efficacité se révèle parfois fort amusante : en décembre 1902, à Cherbourg, Jacob se divertit ainsi à assister, sur place, à l’alerte donnée à la police du cambriolage de l’hôtel de l’amiral de Pontaumont : un forfait pourtant réalisé… en septembre précédent !

Avec l’argent des premiers cambriolages, Jacob ouvre un magasin de quincaillerie à Montpellier, faubourg du Courroux : sous cet honnête enseigne, il se fait livrer des coffres-forts dont il peut étudier à loisir les mécanismes. Il confectionne alors divers outils de précision et pinces propres à ouvrir n’importe quel modèle !

Les cambriolages de Jacob sont organisés comme une industrie : bureau d’étude (la quincaillerie), chaine de production (les « brigades » procédant aux vols) et circuit de commercialisation (le recel). Pour cette dernière opération, Jacob crée lui-même, à Paris, son propre atelier de fonderie propre à faire promptement disparaitre les bijoux, lingots, calices et couverts dérobés. Il se met ainsi à l’abri des dénonciations des receleurs, lesquels collaborent souvent avec la police, qui cherche à « remonter les filières » en contrepartie de son indulgence en faveur du dernier maillon de la chaîne. Plus difficile est la revente des pierres précieuses et des titres (les actions et les obligations qui, jusqu’en… 1984, prendront encore la forme de papier timbrés conservés à la banque ou chez soi). Jacob, pour les écouler, établit alors un circuit compliqué passant par Londres (pour les titres financiers) et par Amsterdam (pour les gemmes).

Alexandre Jacob

Mais Jacob ne vole pas que des biens qui ont une valeur marchande. Ses cambriolages lui fournissent aussi une garde-robe et des accessoires utiles pour ses diverses opérations futures. Uniformes militaires, redingotes et chapeaux, habits ecclésiastiques, papiers, brevets, diplômes, titres divers… sont autant d’accessoires de déguisement permettant de passer incognito lors d’un repérage ou de fuir ensuite sans être inquiété.

Jacob n’est pas un assassin : il ne tue pas ses victimes car il répugne à la violence. S’il n’exclut toutefois pas de se défendre avec vigueur contre la police, c’est qu’il méprise fondamentalement les forces de l’ordre, qu’il qualifie de « chiens de garde de la société ». Il choisit aussi soigneusement les victimes de ses vols. Il ne s’attaque pas aux gens modestes ni aux simples rentiers ou aux bourgeois enrichis. Il épargne également les médecins, les enseignants, les artistes et les intellectuels. Cambriolant ainsi la villa d’un officier de marine nommé Viaud, à Rochefort (Charente-Maritime), il comprend sur place qu’il s’agit en fait de la maison de… l’écrivain Pierre Loti (nom de plume de Julien Viaud pour - entre autres - Le roman d’un spahi, Aziyadé fantôme d’orient, L’Inde sans les Anglais…). Il repart alors de la maison… sans rien emporter et… en laissant ce mot invraisemblable : «  Ayant pénétré chez vous par erreur, je ne saurais rien prendre à qui vit de sa plume. Tout travail mérite salaire - P.S. : Ci-joint dix francs pour la vitre brisée et le volet endommagé. »

Voilà un ami de la belle littérature ! La grande classe, quoi (j’en profite pour vous enjoindre à relire Pierre Loti et à vous laisser emporter par les parfums et les lumières de ces récits d’aventure et de voyages).

Car chez Jacob, l’argent n’est rien, voler est tout. Jacob a des motivations qui sont idéologiques et il entend mener une démarche punitive envers des professions qu’il juge nuisibles. Ses victimes sont donc essentiellement des magistrats, des militaires et des ecclésiastiques (tous, le plus souvent, des aristocrates) : toutes professions et conditions qui incarnent pour lui l’oppression morale, intellectuelle et matérielle du peuple. Les dépouiller constitue donc la reddition d’une justice vengeresse. D‘ailleurs, « avant de partir, après ses coupables travaux, [Jacob] laisse un mot sur le piano » (ou ailleurs) où il signe « Attila », en général au bas d’un mot d’esprit provocateur. La police et les victimes s’étranglent évidemment de fureur devant tant d’impudence.

Parfois, Jacob est plus brutal : lorsqu’il est outré par le luxe excessif de la demeure qu’il « visite », il peut y mettre le feu… Mais c’est rare.

Jacob, pour autant, ne tire aucun enrichissement personnel de ses méfaits. Il n’en conserve qu’un pourcentage limité destiné à lui permettre de vivre (très modestement par ailleurs). Tout le reste est reversé à la cause anarchiste : financements de journaux (tel Le libertaire) et aides à des anarchistes divers dans le besoin. Les divisions et oppositions idéologiques au sein de la bande ne sont toutefois pas rares. Beaucoup de divergences se font jour entre ces bandits qui se veulent au grand cœur mais qui ne sont pas toujours insensibles au butin amassé. Qu’importe. Jacob, lui, ne dévie pas de sa ligne originelle : il ne vole pas pour s’enrichir personnellement mais pour financer la croissance de l’influence des idées anarchistes.

On estime qu’il va perpétrer de l’ordre de 150 cambriolages en un peu plus de deux ans. Officiellement, on ne lui en imputera que 106.

Ce 106ème est cependant celui de trop. Dans la nuit du 21 au 22 avril 1903, Jacob et sa bande cambriolent une villa près d’Abbeville lorsque survient la police. Des coups de feu sont échangés et l’un des complices de Jacob blesse grièvement un policier dénommé Couillot. Toute la bande est arrêtée.

Jacob est alors transféré vers la prison d’Abbeville, escorté par un impressionnant dispositif de 24 chasseurs à cheval. Les forces de l’ordre entendent manifester l’éclatante victoire qu’elles ont (enfin) remportée sur l’infâme racaille. Les bonnes gens peuvent désormais dormir tranquilles. Mais avant cela, la populace crie sa haine sur le passage du convoi. On injurie Jacob, on crie à sa mort… Mais le peuple est versatile, nous le savons, et la détestation du personnage, entretenue par une presse vengeresse contre la bande des « bandits d’Abbeville » va bientôt se muer en d’autres sentiments…

L’instruction, longue et complexe, va rassembler 20 000 pièces, 156 témoins à citer et aboutir à un acte d’accusation de 161 pages. Les milieux anarchistes, durant cette période, se mobilisent et tentent de sensibiliser l’opinion publique, par voie de presse et de réunions publiques. Ils emploient aussi des méthodes plus brutales, n’hésitant à menacer les témoins et les jurés.

Ce n’est finalement qu’au bout de 2 ans, le 8 mars 1905, à Amiens, que s’ouvre enfin le procès de Jacob et de sa bande, L’affaire, évidemment, fait à ce moment les gros titres des journaux. En prévision de potentielles actions anarchistes violentes, on déploie un impressionnant dispositif militaire avec un bataillon d’infanterie et des chasseurs à cheval. Certains jurés, effrayés par les menaces, ont demandé à se récuser ? On les amène de force au tribunal ! Non mais. Une dizaine de journaux étrangers couvrent même l’évènement dont la presse française se fait évidemment largement l’écho. Pour faire frissonner les lecteurs, les journalistes comparent Jacob à Vautrin (le bagnard de La comédie humaine, de Balzac). Nul, correctement informé, ne peut ignorer ce retentissant procès et ses protagonistes.

D’une manière générale, le public est fasciné par Jacob, sa jeunesse (il a moins de 26 ans), son audace, l’énormité de ses méfaits et, aussi, sa personnalité. On pressent un procès « historique » et pittoresque.

On ne sera pas déçu car Jacob, lui-même, va assurer le spectacle.

Jacob n’est pas là pour se laisser impressionner par le décorum et les uniformes et encore moins pour faire profil bas. D’emblée, il revendique crânement toutes les responsabilités et assument tous les chefs d’accusation, y compris le tir qui a blessé le policier (lequel a en fait été commis par un complice). Il refuse de se lever : « Vous êtes bien assis, vous.. » rétorque-t-il au président. Jacob est bravache, il n’exprime aucune crainte ni remords.

Son attitude intrigue. La presse et le public ne lui sont pas favorables dans les premiers moments, mais ils s’interrogent rapidement : « C’est un type peu banal, malfaisant, dangereux mais curieux. » s’étonne, mi-figue mi-raisin, le magazine L’Illustration, sorte de VSD de l’époque, le 18 mars 1905. Car Jacob étale rapidement des convictions qui touchent juste : il n’a pas volé l’argent d’honnêtes gens, il a repris aux riches ce qu’ils avaient indûment perçu grâce à une position sociale oppressive et inique et dont « la richesse est une insulte permanente à la misère ». Jacob, c’est un peu Robin des Bois (personne ne fait, à l’époque, la comparaison car ce personnage de fiction n’est pas connu).

Ainsi, au fil des jours et des témoignages, Jacob renverse-t-il progressivement la situation. Des témoins sont appelés à la barre (essentiellement des victimes) ? Il les apostrophe et les malmène, suscitant les rires du public par des réparties insolentes, cyniques et percutantes. « Si la victime avait eu des couverts en fer blanc, je ne lui aurais rien pris ! » dit-il en réponse aux plaintes de madame de Thézals. Un autre se plaint de s’être fait dérober, par Jacob, des titres de bourse (actions ou obligations). Cependant, il reconnait que ces titres, en fait, s’étaient révélés être des faux. Jacob persifle alors intelligemment : « [Mais] vos voleurs, eux, ne se sont pas fait arrêter comme moi… » !

Jacob manie la provocation, faussement naïf : « Vous croyez donc qu’il peut mentir ? » demande-t-il au Président qui vient de demander à un ecclésiastique, victime de vol, de prêter serment et de (selon la formule habituelle) « dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité »… D’autres ecclésiastiques défilent, se plaignant des cambriolages, sans susciter la compassion de l’accusé qui enfonce le clou : « J’ai cambriolé assez de prêtres. Chez tous j’ai trouvé un coffre-fort […] qui contenait souvent de fortes sommes ». Il se moque « Je ne leur en veux pas. Je leur donne ma bénédiction ». Jacob fait le procès de l’opulence, il ridiculise ses victimes et méprise les institutions. Les journaux relatent ses discours avec jubilation. Le public rit. Jacob n’est ni véhément ni agressif mais ses discours et ses réparties font mouche. Après tout, cet homme n’a pas de sang sur les mains qui discréditerait, d’emblée, son discours. La « Belle Epoque », en effet, n’est pas facile pour tout le monde et, contre toute passivité et résignation, Jacob, d’une certaine façon, exprime tout haut ce que beaucoup n’osent formuler que tout bas.

Du reste, cent ans après, en ces temps de spéculation dépourvue de régulation, de niches fiscales indécentes, de chômage endémique, de classes moyennes au bord du déclassement social, d’étalement obscène de leur richesse par les « people » et d’endettement étatique excessif qui ruinent les contribuables sans avoir créé aucune croissance, ses réflexions ont-elles perdu de leur actualité ? « Plus un homme travaille, moins il gagne. Moins il produit, plus il bénéficie. Du haut en bas de l’échelle sociale, tout n’est que friponnerie d’un côté et idiotie de l’autre. [..] Un marchand d’alcool, un patron de bordel s’enrichit alors qu’un homme de génie va crever de misère sur un lit d’hôpital. […] J’ai préféré m’insurger en faisant la guerre aux riches. Certes, je conçois que vous auriez préféré que, ouvrier abêti, je crée des richesses en échange d’un salaire dérisoire. Alors vous m’appelleriez « honnête ouvrier » et vous m’auriez même accordé la médaille du travail tandis que les prêtres promettent le paradis à leurs dupes ». Il l’affirme gravement : « Tout homme a droit au banquet de la vie » (19 mars 1905).

L’éloquence de Jacob finit par être tellement insupportable (le public applaudit) que le procès se termine sans lui.

Les experts en balistiques le dédouanent du tir sur le policier, dont il s’était auto-accusé. Si le procureur réclame la peine de mort, les jurés choisissent de le condamner au bagne à perpétuité (la « guillotine sèche », comme on la surnomme) : une peine d’une rigueur aujourd’hui incompréhensible pour un homme si jeune et qui n’eut jamais de sang sur les mains. 

Depart de bagnards pour Cayenne

Le procès terminé (22 mars 1905), Jacob est expédié, en novembre 1905, vers la Guyane, l’homme et l’affaire disparaissant alors de l’actualité relativement chargée tant sur le plan national (processus de séparation de l’Eglise et de l’Etat, stabilisation de l’Affaire Dreyfus…) qu’international (troubles et répression sanglante de manifestations en Russie, tensions entre la France et l’Allemagne pour la domination du Maroc…)

Dans ce contexte, un journal mensuel est né, depuis le 15 février 1905 : Je sais tout se veut une « encyclopédie mondiale illustrée » (rien que cela !). C’est une revue moderne, généraliste et éclectique, parfois un brin « people », qui s’intéresse aux nouvelles techniques, aux autres pays, aux loisirs, à la politique française et internationale et qui est destinée à un public éduqué et curieux, sans cible de classe sociale particulière. C’est un peu Le Point de l’époque. Son fondateur est Pierre Lafitte. On y interviewe par exemple le pape Pie X et on y évoque les révolutionnaires russes (rubrique « Grands faits »), on y parle du pôle Nord et du Maroc méconnu (rubrique « A travers le globe »), on y parle théâtre, littérature, poésie, mode et élégance (avec un parisianisme éhonté), on y interviewe le scientifique Thomas Edison (rubrique « Science et nature ») ou l’aviateur Santos-Dumont, on y anticipe les inventions de demain et on y fait de la politique-fiction…

Convenons-en, par rapport au Petit Journal, au Progrès, le niveau est relativement élevé et le degré d’exigence indéniable. Mais Pierre Lafitte le sait bien, pour fidéliser le lectorat, il faut également le divertir : on lui offre donc aussi de courtes nouvelles ou un roman en épisodes. Dans le numéro de juillet 1905, soit quatre mois après le procès d’Alexandre Jacob, Lafitte entend ainsi faire paraître une aventure « policière » : l’objectif est de s’inspirer des aventures de Sherlock Holmes, écrites par Arthur Conan Doyle en 1891 et qui ont assuré publicité et forts tirages au journal londonien Strand magazine depuis cette date. D’ailleurs, la presse britannique publie également, depuis 1898, les aventures d’un nommé Arthur J. Raffles, aristocrate de l’ère victorienne qui cambriole la nuit afin de se rembourser des sommes qu’il a, le jour, perdues au jeu !

Anecdote amusante, ces aventures sont écrites par Ernest W. Hornung, lequel est le… propre beau-frère d’Arthur Conan Doyle ! Les deux hommes, qui ne s’apprécient guère, se livrent en fait une course à la notoriété qui s’est, de facto, déjà clôturé au bénéfice du second, anobli par le roi d’Angleterre en 1902.

Mais revenons à Je sais tout. Son directeur Pierre Lafitte décide, pour la rédaction de cette nouvelle policière, de faire appel à un auteur peu connu quoiqu’assez prolifique : un dénommé Maurice Leblanc.

Maurice Leblanc, en ce mois de juillet 1905, a bientôt quarante et un ans (il est né en septembre 1864 à Rouen). Issu d’un milieu aisé et provincial, Leblanc a, dès l’âge de 24 ans, voulu échapper au destin bourgeois et étriqué auquel il était promis dans l’industrie pour « monter à Paris ». Il entend y devenir écrivain et y fréquente alors des salons littéraires et des cercles intellectuels. Fortuné grâce à sa famille, il peut vivre sans travailler et se consacrer à ses motivations littéraires, très classiques, au reste. Leblanc ambitionne d’être un nouveau Maupassant, d’écrire des romans « psychologiques » pour un public de qualité. Dans sa quête, il reçoit le soutien de nombreux écrivains et publie des chroniques dans le très-comme-il-faut journal Gil Blas. Mais Leblanc ne rencontre pas, hélas, le succès « de masse » escompté et, même, les critiques finissent par se lasser de sa production, aussi bien de nouvelles que de pièces de théâtre.

Je sais tout magazine

Aussi, lorsqu’il reçoit la proposition de Pierre Lafitte, Maurice Leblanc ne saute-t-il pas de joie : écrire un polar (ce mot n’existe pas à l’époque) ne constitue pas, de son point de vue, une promotion mais, plutôt, une régression, un pis-aller alimentaire qui lui permet d’avoir sa signature dans un magazine. D’ailleurs, la chronique qu’il rédige porte en elle-même sa propre finitude : le titre (L’arrestation d’Arsène Lupin) indique que Leblanc entend refermer

Et pourtant…

Immédiatement, c’est le succès. Le courrier afflue à Je sais tout : Lupin arrêté ? Ah non ! Des aventures, encore ! Et Leblanc doit reprendre la plume. Il le fera sans relâche jusqu’en 1937, asservi tel un esclave aux exigences d’un public nombreux et enthousiaste. Et pour asseoir un style résolument innovant, Maurice Leblanc prend l’habitude d’écrire certaines aventures à la première personne du singulier, comme s’il était lui-même le biographe d’Arsène Lupin et qu’il relatait les conversations qu’il aurait eues avec son « grand homme », comme il l’appelle. Comment, alors, décrit-il l’incroyable personnage dont il relate les aventures ? « Son portrait ? Comment pourrais-je le faire ? Vingt fois j’ai vu Arsène Lupin et vingt fois c’est un être différent qui m’est apparu… »

Signalons au passage que cette technique littéraire ne portera guère chance à l’auteur qui, dans les années 30, se verra affligé de graves troubles cérébraux qui le conduiront à affirmer partout qu’il a, réellement, rencontré Arsène Lupin : dans l’esprit troublé d’un Maurice Leblanc affaibli par la maladie, la fiction deviendra réalité…

Quoiqu’il en soit, rapidement, Maurice Leblanc devient un romancier « populaire » à succès. A (très grand) succès, certes, mais « populaire ». Leblanc, qui avait d’autres ambitions, moins commerciales et plus élitistes, ne parviendra jamais à se convaincre vraiment qu’il a réussi sa vie d’écrivain.

Ce n’est pas l’avis des Chroniques de la Plume et du Rouleau.

Arsène Lupin est loin des stéréotypes véhiculés par des productions théâtrales (2 adaptations), télévisuelles (près de 50 épisodes en France et plus de 150 dessins animés au Japon !) et cinématographiques (plus d’une vingtaine de films aux Etats-Unis, Allemagne, Italie et France) le plus souvent médiocres et qui représentent Lupin en dandy maniéré. Arsène Lupin est, au vrai, un personnage passionnant et complexe, qui colle parfaitement à l’esprit et à l’actualité de son temps : les années 1910 à 1930. Antérieur à Rouletabille (un personnage qui sera créé par Gaston Leroux en 1907 : reporter qui résout notamment Le Mystère de la chambre jaune), ce dernier lui empruntera incontestablement certains traits narratifs. Mais Arsène Lupin a une particularité : il n’est pas du côté de la « justice » officielle : ni policier, ni reporter, ce n’est pas un quelconque auxiliaire des forces de l’ordre. Au contraire, c’est un aventurier qui reste en marge de la société, laquelle salue ses exploits grâce à une presse enthousiaste mais lui refuse les honneurs officiels.

Maurice Leblanc Arsene Lupin

Lupin est un cambrioleur insolent et habile (cette activité est, en réalité, peu évoquée dans les romans, même si Leblanc intitule le premier recueil de ses nouvelles « Arsène Lupin, gentleman cambrioleur » en 1905). C’est, surtout, un chef de bande et un organisateur hors pair. Pour cela, Lupin use de déguisements et d’identités nombreuses (certaines aventures d’Arsène Lupin ne le voient même pas apparaître sous ce nom !) : le vicomte Raoul d’Andrésy, le prince russe Paul Sernine, l’espagnol don Luis Perenna, le baron Raoul de Limézy, le détective Jim Barnett, le capitaine Janniot, l’inspecteur de la Sûreté Grimaudan ou l’inspecteur Victor de la Brigade mondaine, sont (entre autres) autant d’identités sous lesquelles la police soupçonne Lupin, sans jamais réussir à le confondre et encore moins à l’arrêter. Dans 813 – Les trois crimes d’Arsène Lupin 1910), celui-ci parvient même à exercer quelque temps les fonctions de… directeur de la Sûreté ! S’il est emprisonné (L’évasion d’Arsène Lupin – 1905), il se grime avec une telle habileté que l’administration pénitentiaire finit par croire qu’elle a incarcéré, par erreur, à sa place, un vagabond nommé Baudru… et le libère !

Lupin est un comique et l’humour émaille ses aventures. Aussi nargue-t-il la police, ce qui rend hilare le lecteur de ses aventures. C’est d’ailleurs une de ses activités favorites. Il s’ingénie à lancer la maréchaussée sur de fausses pistes. Il écrit aux journaux pour revendiquer tel ou tel succès qu’elle s’attribue mais qu’il a, en fait, favorisé. Il tient en échec ses plus fins limiers, tel l’inspecteur Ganimard, son ennemi juré, non dénué de sagacité, d’énergie et d’habileté mais qui lui reste très inférieur. Il ridiculise aussi avec jubilation l’inspecteur Béchoux (L’agence Barnett & Cie - 1928), qu’il fait cependant, avec mansuétude, bénéficier de ses lumières dans la résolution d’énigmes avant de partir en escapade amoureuse avec… madame Béchoux ! Il se mesure aussi, dans un duel titanesque plein de rebondissements et de trouvailles littéraires géniales, avec le célèbre détective britannique… Herlock Sholmès !

Du grand Leblanc. Du grand Lupin.

Arsène Lupin est, surtout, un enquêteur privé toujours prêt à débrouiller des énigmes apparemment insolubles au bénéfice de (jolies) femmes livrées à la rapacité d’escrocs sans scrupule (finalement punis et, le plus souvent, dépouillés - c’est bien fait). Homme d’action qui n’hésite pas à utiliser les moyens de communication les plus modernes (le téléphone et l’automobile), Lupin est aussi un homme de réflexion chez lequel, tel Sherlock Holmes, la puissance de la déduction s’allie au génie de l’intuition. De ce point de vue, je vous suggère de lire Le signe de l’ombre, nouvelle qui fait partie des Confidences d’Arsène Lupin (1911). Amateurs d’énigmes, d’enquêtes et de trésor, Lupin vous stupéfiera par sa capacité à débrouiller, au dernier moment et à l’aide d’indices qui, rétrospectivement, crèvent pourtant les yeux, un mystère qui vous plonge dans la perplexité pendant vingt pages !

Mais le coup de maître d’Arsène Lupin, c’est, bien sûr, la résolution (au fil des romans) d’une série de quatre énigmes historiques que son amante de jeunesse, (la « Cagliostro ») lui a fait connaître après qu’elle en a pris connaissance au dos d’un miroir ayant appartenu à la reine Marie-Antoinette. « In robore fortuna », « La dalle des rois de Bohême », « La fortune des rois de France », « Le chandelier à sept branches » : tout cela permettra notamment au héros de retrouver l’ancien chemin qui permet d’accéder à l’intérieur de… l’aiguille d’Etretat, qui va, pendant un temps, abriter son formidable butin (L’aiguille creuse – 1908) !

Arsene Lupin mosaique

Bien dans son siècle et dans son époque, Arsène Lupin est un héros, dirions-nous, typiquement français : né en 1874 (dix ans après Maurice Leblanc…), il est issu d’un milieu populaire (sa mère, Henriette d’Andrésy, incarne une forme de déchéance sociale en négligeant sa particule pour épouser Théophraste Lupin, « professeur de gymnastique, d’escrime et de boxe » apprend-on dans La comtesse de Cagliostro - 1924). Il gardera, tout au long des aventures, une gouaille populaire et une méfiance pour les puissants mais, en même temps, une fascination pour une ascension sociale jamais aboutie vers une aristocratie qui ne le reconnait pas comme l’un des siens.

Parce qu’il est Français, il ne peut être indifférent à la politique étrangère, aux rivalités entre la France et l’Allemagne en Afrique du nord et aux « provinces perdues » (durant la guerre franco-prussienne de 1870) d’Alsace et de Moselle. Ainsi Lupin, dans L’éclat d’obus (1915), déjoue-t-il un vaste plan visant à l’invasion du territoire par les troupes allemandes à l’aide d’un réseau de tunnel. Dans 813 (1910 - l’œuvre majeure de la geste « lupinienne », à lire, s’il n’y en avait qu’une !), le héros (entre autres) restitue à l’empereur d’Allemagne Guillaume II des lettres intimes à propos desquelles certaines crapules voulaient faire chanter le monarque. Reconnaissant, Guillaume II lui propose d’être chef de sa police personnelle. Mais avec panache, Lupin refuse cette offre financièrement et socialement avantageuse : « Je suis mort comme homme [à ce moment, il a fait croire à son suicide] mais je suis vivant comme Français ! » Nationaliste, patriote, Lupin est même d’un chauvinisme un peu puérile, dérobant un jour les bijoux de la femme de l’ambassadeur d’Angleterre en laissant une carte insolente : « Ce n’est pas un vol, c’est une restitution. Vous nous avez bien pris la collection Wallace » (La demeure mystérieuse - 1928). Lupin (et Leblanc) exagère là car, si la collection Wallace est une imposante collection de 5 500 pièces, tableaux, mobilier, armes, porcelaines, etc… d’art français du XVIIème siècle qui se trouve à Londres, elle a été acquise tout-à-fait légalement ! Comme il le peut, Lupin s’efforce d’accroître l’influence de son pays quand (dans Les dents du tigre - 1920) il parvient quelque temps à se tailler un empire « grand comme deux fois la France » en Mauritanie qu’il cède à la France en contrepartie d’une libération conditionnelle… L’exaltante épopée coloniale fait divaguer un Maurice Leblanc qui n’a jamais voyagé.

Évidemment, tous les succès de Lupin lui montent à la tête. Loin du dandy maniéré dépourvu d’autres ambitions que le cambriolage et le baisemain que d’aucuns ont vu en lui (à la télévision), Lupin est, dans les livres, souvent brutal, égoïste, manipulateur et mégalomane. « De César à Lupin, quelle destinée ! […] Roi du monde, oui, voilà la vérité […] Il y a des moments où ma puissance me tourne la tête. Je suis ivre de force et d’autorité ! » (L’aiguille creuse).

Exalté, imbu de lui-même, hyperactif, insolent et moqueur, Arsène Lupin est également passionné par… les femmes. Et c’est pourquoi Lupin est aussi un homme obstinément solitaire, tourmenté de regrets, de doutes et de douleurs, tous maux causés par le beau sexe. L’excellent 813, par exemple, est la seule aventure durant laquelle Lupin commet un meurtre, un vrai, de ses propres mains (il étrangle son ennemi au terme d’une lutte âpre et sauvage). En fait, il s’aperçoit avec effarement qu’il a tué… une femme dont il était tombé amoureux mais derrière laquelle, en réalité, se cachait son implacable ennemi !

Au fil des aventures, Lupin collectionne les conquêtes faciles et les amours difficiles. Deux femmes, au final, marqueront à jamais sa personnalité et sa vie : la Cagliostro, son amour de jeunesse (intense et fatal) avec laquelle les relations iront de la passion à la haine et qui lui kidnappera plus tard, sans qu’il ne le retrouve jamais, l’unique enfant qu’il aura avec la seule femme qu’il aura épousé, Clarisse d’Etigues, elle-même morte en couches. Alors que Lupin était près de « se ranger » sous un autre nom, le drame le poussait vers l’aventure…

« [Alors], nous dit Maurice Leblanc, son chagrin le transforma. N’ayant plus ni femme ni fils pour le retenir, il se jeta résolument dans la voie où l’entrainaient tant de forces. Du jour au lendemain, il fut Arsène Lupin. Plus de réserve. Plus de ménagements. Au contraire. Du scandale, des provocations, de l’arrogance, un étalage de vanité et de gouaillerie, son nom sur les murs, sa carte de visite dans les coffres-forts : Arsène Lupin, quoi ! »

La quintessence de Lupin est là et, je vous jure, il en faut de l’imagination pour inventer tout cela. C’est pourquoi, en vérité je vous le dis, Leblanc est un grand écrivain et Arsène Lupin mérite d’être redécouvert.

Interrogeons-nous sur les sources d’inspiration de l’écrivain (Maurice Leblanc ne reconnut jamais formellement s’être inspiré des noms que nous allons évoquer) : elles sont rares mais troublantes et il semble probable que Maurice Leblanc, en 1905, ait puisé des idées (ce qui ne diminue aucunement son mérite) chez :

  • les tribulations du pittoresque cambrioleur Alexandre Jacob, dont je vous ai narré les « exploits » ci-avant et dont la condamnation au bagne, après plus d’une centaine de cambriolages audacieux, eut lieu, précisément, en 1905, soit trois mois avant la publication de L’arrestation d’Arsène Lupin

  • les escroqueries, avant la première guerre mondiale, d’un dénommé Georges Manolesco, voleur et mythomane habile qui se faisait appeler le « prince Lahovary » ou le « duc d’Otrante » pour mieux dévaliser la Jet Set, que ces fausses identités lui permettaient de côtoyer

Et évoquons, à l’inverse, les nombreux personnages qu’Arsène Lupin, au contraire va inspirer. Là, les recherches de Michel Lebrun (1971), Yves Olivier-Martin (1979) et André-François Ruaud (1996) nous aident à répertorier les aventuriers aux bonnes manières les plus ressemblants, tels que Smiler Bunn (1907), Lord Lister, dit John Sinclair (1908), le Colonel Caoutchouc (1909), John Strobbin (1911), Michael Lanyard, dit le loup Solitaire (1914), Lester Leith (1930), Richard Rollison dit Le Prince (1933), Harry Prince dit Royal (1935), Le Baron, Samson Clairval (1937) ou encore Alonzo Mac Tavish (1944)…

Mieux, c’est la réalité qui rejoint la fiction avec l’arrestation médiatisée, en 1922, d’un homme de 30 ans, issu d’une bonne famille mais déserteur, dilettante, éternellement insoumis et cambrioleur impénitent, un dénommé Serge de Lenz. C’est à Lupin, pourtant personnage de roman, que la presse (jamais avare de sensationnalisme) compare le vrai escroc et voleur qu’est Serge de Lentz. Une comparaison du reste excessivement avantageuse : de Lenz passera plusieurs séjours en prison, vivra de trafics et de rackets sous l’Occupation avant de mourir en 1945 à l’issue d’une rixe entre malfrats. Le commissaire Le Taillanter n’est donc pas tendre avec la mémoire de l’homme : « A l’inverse du héros populaire sain, courageux et sportif, de Lenz n’était qu’un jouisseur effréné et dévoyé, tricheur, menteur et vicieux à qui il ne restait du gentleman, outre le nom qu’il portait, que la morgue, les vêtements et les bonnes manières » (in Serge de Lenz, l’Arsène Lupin de l’entre-deux-guerres).

Pour conclure maintenant sur cette chronique à la fois judiciaire et littéraire, revenons maintenant au destin des principaux personnages de celle-ci.

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Condamné en 1905, arrivé à Cayenne en 1906, Alexandre Jacob va passer plus de vingt ans au bagne. Infatigable insoumis, il tente 17 fois de s’évader et passe, à titre de punition, un total de 8 ans et 11 mois (dont un séjour de 44 mois consécutifs) dans les sinistres cachots de l’île Saint-Joseph. Nulle privation, nulle humiliation, nulle brutalité ne réussira à briser une résistance physique et psychologique exceptionnelle qui impressionne le célèbre journaliste Albert Londres en 1923. Arrivé au bagne en janvier 1906, il en repart en octobre 1925 (après des pétitions demandant son rapatriement) et reste en prison en France. Il est libéré en 1928 et devient marchand ambulant de primeurs sous le nom commercial de « Marius ». C’est d’ailleurs sur le marché d’Orléans qu’il croise un jour, par hasard, le dénommé… Couillot, policier blessé lors de son arrestation en 1903, lequel le reconnait et le salue chaleureusement ! C’est en 1954 qu’il se donne volontairement la mort à son domicile de Reuilly (Indre) : « Vous êtes trop jeune pour pouvoir apprécier le plaisir qu’il y a à partir en bonne santé » dit-il dans son mot d’adieu.

Maurice Leblanc, lui, meurt en 1941. Il a perdu la tête depuis 1937 et laisse un dernier roman  péniblement achevé et publié en 1939 : « Les milliards d’Arsène Lupin ».

Arsène Lupin, lui, est impérissable et « tant qu’il vivra, il sera le centre et l’aboutissement de mille et une aventures » (Les dents du tigre).

Bonne journée à tous et à toutes

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Envie d'un roman policier de l'entre-deux-guerres ? Dans Derrière les lignes (Alterpublishing - 2017), l'écrivain Pierre Benoit mène l'enquête à Paris en 1925 pour démasquer un mystérieux tueur en série. 

Générique impérissable de la série TV des années 70 (pourtant de qualité très moyenne) avec Georges Descrières (musique Jean-Pierre Bourtayre)

Commenter cet article

Kalamart 27/01/2017 18:53

Il y a une erreur, Arsène Lupin est né non pas en 1864, mais en 1874... On l'apprend dans "La comtesse de Cagliostro", où l'aventure se passe en 1894, l'année des 20 ans de Lupin.

Sho dan 27/01/2017 21:21

J'ai rectifié

Sho dan 27/01/2017 21:08

Exact ! Il a 20 ans "en l'an de grâce 1894" est-il précisé dans le roman.
Merci de votre vigilance, je suis confus de cette erreur.

le vieux scaf 23/08/2011 18:02


avotre entière disposition car il yen a des récits historiques érronés
ne serait ce l'affirmation péremptoire disant que ce serait léonard de vinci qui aurait inventé les palmes
totalement faux
Tout ce qu'à pu inventer ce "grand homme" en matière de plongée ne peut fonctionner !!!


Sho dan 24/08/2011 10:35



On va regarder cela de plus près, alors...



le vieux scaf 21/08/2011 09:16


Bravo
Un régal historique
J'en ai appris des choses
Du coup, profitant d'être sur votre blog, j'ai parcouru tout sur Casablanca et surtout le film


Sho dan 23/08/2011 16:29



A votre service ! Le jour où je m'attaquerai aux questions subaquatiques, j'aurai naturellement l'humilité de vous solliciter...



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