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LA PLUME ET LE ROULEAU

LA PLUME ET LE ROULEAU

200 chroniques éclairent le Présent à la lumière de l'Histoire


1977 : CLAUDE FRANCOIS, un chanteur canardé

Publié par La Plume et le Rouleau sur 7 Décembre 2009, 01:10am

Catégories : #Personnalités célèbres

Emission de France 3 reprenant un reportage de 1977 où Claude François raconte l'attentat dont il a été victime

Cher(e)s Ami(e)s et abonné(e)s des chroniques de la Plume et du Rouleau,

 
Nous sommes en 1977.

 

L’année précédente, Claude François la star intergalactique 100 % franco-franchouillarde avait déjà échappé à la mort lors d’un attentat de l’IRA au Hilton de Londres : c’était une passante qui avait encaissé la déflagration à sa place. Mais cet attentat terroriste n’était pas, à ce moment, dirigé spécifiquement contre notre Clo-clo national (dont les nationalistes irlandais n’avait cure). En 1977, au contraire, les choses vont être bien différentes. En apparence…

 

Cette année-là… en juin 1977, Valéry Giscard d’Estaing est président de la république française, Jimmy Carter est président des Etats-Unis, Léonid Brejnev est président du Soviet Suprême et Jacques Chirac devient maire de Paris. La Française Françoise Claustre est libérée après deux ans de détention par les rebelles tchadiens d’Issen Habré, la fièvre du « disco » ravage la France et, à Paris, le « gang de la Banlieue sud » (la « BS » disent les policiers) sème la terreur dans le triangle Ivry-Vitry -Villejuif.

 

1977 : Waow, quelle année, cette année-là !...

 

Le « gang de la banlieue sud » est en fait une bande plus ou moins structurée de braqueurs sans peur et sans scrupules. Gitans sédentarisés et voyous divers parqués durant leur adolescence en maisons de redressement, ils ont quitté leurs « blousons noirs » pour entrer de plain pied dans le banditisme dur. Ils sont regroupés autour de Guy Neumeyer (dit « le dingue ») et ont comme patronymes des sobriquets pittoresques comme : « Galoche », « Bigoudis », « Riton », « Bébé », « le Gros Denis » ou « Pouquit »… Ce sont des braqueurs d’un nouveau genre : pas de « parrain » véritable, pas d’activité structurée pérenne (jeux, proxénétisme). Pas de vision de long terme, quoi. Mais des méthodes expéditives, des braquages qui sont autant de raids menés sur des agences de banlieue mal défendues où ils frappent sans vergogne les employés de banque à coups de crosse. Que la police arrive ? Qu’importe, loin de la traditionnelle « loi du Milieu » qui limite strictement les cas où les voyous « à l’ancienne » tirent sur les flics, les gars de la « BS » ouvrent le feu sans hésitation.

 

Fin 1976, ils attaquent par exemple des convoyeurs de fonds devant la banque Worms, en plein Paris, rue des Mathurins : la fusillade fait trois blessés dont un passant. Février 1977, ils attaquent le Crédit agricole de Villeneuve-la-Guyard (c’est dans l’Yonne, faut le savoir…) et découpe 120 coffres au chalumeau. La même année à Paris, de façon plus subtile, ils creusent un tunnel depuis les quais pour percer 123 coffres de la Société Générale située sur l’île Saint-Louis. Ca et là, ils enchainent braquages, coups de main et coups de flingues.

 

Leur route va croiser celle de Claude François, l’idole des adolescentes qui est alors au faîte de sa gloire. Nous sommes dans la nuit du 25 au 26 juin 1977. Le chanteur a enregistré une émission pour la TV et a dîné à Paris. Il est tard. Il rentre chez lui en compagnie de quatre amis : non pas à son domicile parisien du 46 boulevard Exelmans mais à Dannemois (Essonne) où il possède, depuis 1964, un ancien moulin qu’il a joliment restauré. Pour ce faire, il prend l’A6 à partir de la porte d’Orléans, dans sa Mercédès.

 

C’est à ce moment qu’il s’aperçoit qu’une Citroën CX le suit.

 

Bientôt, elle talonne dangereusement son véhicule. Puis elle slalome et le double. Irrité, le chanteur la dépasse à son tour. La poursuite commence alors et les dépassements réciproques s’enchainent, jusqu’à ce que Claude François emprunte la sortie de Milly-le-forêt et, forcément ralentisse. La CX est toujours derrière lui. C’est alors que ses occupants ouvrent le feu. Et pas un peu : un déluge de tirs s’abat sur la Mercédès. Sept balles touchent la carrosserie, un projectile frappe la lunette arrière et un autre touche même un pneu !

 

Dans la Mercédès, c’est la panique. Sur les chapeaux de roues (crevées), Claude François arrive enfin à son domicile tandis que la CX prend la fuite et disparait dans la nuit. C’est la fin de ce que le chanteur va nommer « la poursuite sauvage » ! I Claude François en est convaincu : il ne s’agit pas là de l’agression fortuite d’automobilistes hargneux : on l’a suivi, on l’a fait ralentir, on a attendu le moment propice, on a voulu l’assassiner, c’est sûr ! « Ils semblaient s’acharner sur l’habitacle, dans l’intention évidente de toucher un passager » dit-il. Il en profite au passage pour déplorer l’insécurité qui règne car, de toutes façons : « Cette région est bourrée de loulous et de gangsters ! » Et vlan pour Michel Bonnet, successeur de Michel Poniatowski au poste de Ministre de l’Intérieur : que fait donc la police ?

 

Quelles années, ces années 70 !…

 

La police, mise sur le coup, mène l’enquête. Quand quatre jours plus tard, une bagarre éclate dans un restaurant de l’Essonne, un truand nommé Pierre Dieudonné est arrêté. Il est le frère d’un des caïds du « gang de la Banlieue sud » et on le trouve en possession d’un revolver « 38 spécial ». Surprise, les analyses balistiques confirment que cette arme est l’une de celle qui a tiré sur la voiture de Claude François quelques jours auparavant. Mais Pierre Dieudonné nie : il a acheté cette arme à « un inconnu », dit-il, précisément après l’agression du chanteur.

 

Faute de preuve convaincante. Les choses en restent là. Pour les nombreux fans du chanteur comme pour celui-ci, il n’en restera pas moins une certitude : un soir de juin 1977, le gang de la Banlieue sud avait tenté d’assassiner la vedette…

 

Une certitude, vraiment ?

 

Le temps a fait son œuvre et le fameux gang a progressivement perdu de la vitesse, notamment à la suite de l’incarcération ou de la mort (souvent à l’issue de règlements de comptes internes !) de ses principaux leaders. D’autres membres, encore, se sont « rangés » des affaires. C’est ainsi que l’un d’entre eux s’est exprimé aux journalistes (Le Parisien / Aujourd’hui en France, juillet 2009, article qui a, notamment, servi pour la rédaction de cette chronique) à propos de l’« affaire Claude François ». Alors, lui ont demandé ceux-ci : la nuit du 25 au 26 juin 1977, une tentative d’assassinat délibérée, vraiment ?

 

« Non, répond l’ex-gangster : les gars ne savaient pas que c’était lui : ils étaient bourrés ! »

 

Décidément, la réalité des choses est rarement conforme à leur apparence première.

 

C’est aussi ce que l’on pourrait penser à propos d’un épisode ultra-médiatisé de la vie d’un individu lui-même ultra-médiatisé mais sur laquelle la clarté totale fut loin d’être faite et dont les prolongements eux-mêmes, inattendus et lointains, pourraient nous plonger dans la perplexité. Cet individu ? Le pape Jean-Paul II. L’épisode ? L’attentat contre sa personne du 16 octobre 1981.

 

Bonne journée à toutes et à tous.                    

 

La Plume et le Rouleau © 2009 - Tous droits réservés

 

Commenter cet article

Juneau 16/02/2016 14:01

G . Neumeyer était enfermé depuis longtemps... il faudrait que les médias se renseignent !

peucelle 02/04/2011 14:34


je me demande qui a put raconter ce qui c'est passè pour l'affaire claude françois car sur 4 personnes 3 son mort et ce n'ai pas la quatrieme; les petits voyous qui ont entendu deux ou trois phares
en catimini en prison et font leurs sauces apres on connaient


.Chris.G 25/02/2011 06:13


Un ex-voyou de la bande de la Banlieue Sud, a participé un soir, il y a quelques années à l'émission de Delarue "çà se discute", à propos du recyclage...professionnel & social!
& oui, c'est possible!
Il a même obtenu un contrat pour une émission avec M6.
Des "volontaires", désireux de passer à la tv, sans doute, s'absentaient de leurs domiciles; l'ex-bandit démontrait qu'il pouvait cambrioler sans difficulté, ses exploits filmés pas à pas; les
habitants rentraient, constataient les dégâts, choqués; & l'ex-gangster,voleur, cambrioleur, leur expliquait tout ce qu'il fallait faire pour ne plus jamais être victime de ces méfaits...
...Gentil ex-gangster repenti, "rangé des voitures"!
Attention, ne vous méprenez pas, le mot "recyclage" ci-dessus, n'est pas d'intention péjorative, c'est juste une pointe d'humour.

Dans la conscience populaire, ces mauvais garçons font peur, & en même temps, ils sont héroïques, ils ont quelque chose de sympathique, ces voyous-là! Quand ils ne sont ni proxénètes, ni
dealers, ni assassins, ni violeurs, ni pédophiles!

Ils volent les riches, il y a quelque chose de moral en çà, en contradiction avec l'immoral collectif, même si ce n'est pas très catholique tout çà!

C'est moins compliqué qu'il n'y paraît, complexe & pourtant si simple.

Ils étaient, pour la plupart "jeunes ados", issus de milieux très défavorisés, sans possibilité de suivre des études. Leurs motivations: c'était leur avenir, dans une société injuste, où les
inégalités & les injustices font loi.

Certains étaient des enfants de la DASS.
D'autres avaient des parents chômeurs, ou alcooliques, ou travailleurs pauvres, ou parent solo, divorcés, violents, maltraitants, etc......

Révoltés contre le système, ils n'ont vu d'autre issue pour réussir, pour vivre pleinement & non survivre difficilement, que la désobéissance à la loi. Prendre aux riches, parce qu'eux aussi
voulait se partager le gâteau de la société du profit.


Vouloir profiter de la vie est-il un crime?
Quand le mot "travailler", & jusqu'à la retraite, signifiait par avance "trimer" toute la vie pour gagner "des nèfles".
Les enfants issus des milieux défavorisés, grandissent en étant constamment confrontés à la dure réalité des injustices & des inégalités sociales.
Il est parfaitement normal qu'ils en viennent à penser que C'EST RéVOLTANT!


Tout ceci n'entre pas toujours en considération dans les circonstances atténuantes, pendant les procès.

A méditer......

Cordialement,

.Chris.G


l'auteur 02/04/2010 02:32


quand vous pillez des articles de presse, il serait aimable de nommer votre sourcev: Le Parisien, Brendan Kemmet


Hervé 02/04/2010 10:41



Il me semble que c'est ce que je fais en indiquant que l'article est issu d'Aujourd'hui en France (où je l'avais lu) et en précisant la date. Je n'ai pas vérifié que vous étiez l'auteur de cet
article mais je vous crois sur parole et je publie naturellement votre commentaire.



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