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LA PLUME ET LE ROULEAU

LA PLUME ET LE ROULEAU

200 chroniques éclairent le Présent à la lumière de l'Histoire


1760 : VERSAILLES, ses jardins, ses rois, ses fantômes (2)

Publié par La Plume et le Rouleau sur 10 Septembre 2009, 00:00am

Catégories : #Civilisation - vie politique - société

A partir de septembre 1792 et jusqu’en octobre 1795, c’est le régime dit de la « Convention » qui est celui de la France : les députés du Peuple siègent en permanence, parlent de tout, s’occupent de tout, prennent des décisions sur tout. Le pays est en guerre, la Patrie est en danger, les Prussiens sont à nos portes, l’Angleterre fomente des troubles dans l’Ouest, la contre-révolution menace, une partie de l’aristocratie n’attend que l’occasion d’exécuter un coup d’Etat pour restaurer le roi : la situation est grave. La période est dramatique : elle est féconde en tragédies, en massacres, en exécutions individuelles et collectives, en injustices et en excès. Mais elle est aussi riches en décisions quasi-anecdotiques mais fondatrices, telle la mise en place (en avril 1795, une fois que le gros des problèmes est résolu, tout de même) d’un système unifié et cohérent de poids et mesures mètre / litre / kilogramme.

Faisons là (je n’y résiste pas) une rapide digression pour évoquer cet épisode pittoresque.

La division d’une distance en mètre, d’un volume en litre ou d’un poids en kilogrammes n’a non seulement rien d’universel mais n’a encore rien d’historiquement automatique, loin de là. Le temps n’est pas si lointain où chaque pays du monde possédait son propre système de poids et mesures, lui-même évolutif. Rien que dans le royaume de France, on comptait ainsi les distances en « lieues » (certaines bottes permettant même d’en franchir sept d’un seul pas) : cette unité était équivalente à 3.248 « kilomètres d’aujourd’hui » jusqu’en 1674 (c’était la « lieue ancienne », appelée aussi un « myriapied »), elle était équivalente à 3.898 kms (la « lieue de Paris ») ou à 4.268 kms (la « lieue des Postes ») jusqu’en 1737 avant d’être égale à 4.678 kms (la « lieue tarifaire ») depuis cette date. Pas facile, convenons-en.

Face à ce désordre et pétris de leur sensation de fonder pour le bien de l’humanité un ordre universel simple et incontestable, les Révolutionnaires conventionnels adoptent, le 1er août 1793 (il n’y a pas de trêve estivale pour les braves) le système dit « métrique ». Le principe est simplissime : la longueur dite du « mètre » est une fraction d’une longueur universelle… la dix-huit millionième fraction d'1/4 du méridien terrestre ! Les révolutionnaires supposent là que la longueur d’un méridien est constante sur tout le globe terrestre car celui-ci est rond comme un ballon (alors qu’on sait aujourd’hui que la Terre est en réalité bosselée comme une pomme de terre !)

Mais laissons leurs illusions aux Révolutionnaires. Partant de là (et au bout de trois ans de discussions, tout de même) ils décident, le 7 avril 1795 que le volume de 1 mètre-cube d’eau pure (on appelle alors cela un « cadil »), s’il est divisé par 1 000 (soit un « décimètre-cube = dm3 ») matérialisera un volume auquel on donnera le nom de « litre » : un néologisme forgé sur proposition de Claude-Antoine Prieur (officier et député de la Côte-d’Or) en référence à une ancienne mesure de grain d’un volume proche, le « litron ».

Et combien va peser le « litre » ? Il pèsera 1 « kilogramme » (appelé à l’époque "grave"). Et le tour est joué : les Révolutionnaires viennent de concevoir un système de mesure clair, cohérent et universel puisqu’il est basé sur la circonférence de la Terre. Le poids (le kilo) dépend d’un volume (le décimètre-cube) qui dépend d’une mesure incontestable et universelle : le mètre. Tout se tient. Le génie français n’est-il pas merveilleux ?

Certes. Mais il reste aussi incompris car, aujourd’hui encore (en plein XXIème siècle !) les Américains mesurent leurs terrains de football (américain, il est vrai) en « yards » tandis que les Anglais boivent des « pintes » de bière et remplissent les réservoirs de leurs voitures d’essence en « gallons » (impériaux). Bon, que les Anglo-saxons ne nous comprennent pas (et l’inverse) n’a rien de grave puisque, globalement, la majorité des pays du monde se sont quand même ralliés à notre (formidable) système…

Mais revenons à Versailles où, heureusement, tout est bien dessiné, ordonné, clair, carré et cohérent.

La Convention, on le voit, s’occupe des grandes choses comme des petites et Versailles, à ce titre, ne peut échapper au spectre de ses activités. Certains députés font une proposition radicale : celle de raser purement et simplement le château de Versailles, symbole de l’absolutisme royal, comme on le fit de la prison de la Bastille, dès sa « prise » en 1789... Il faut noter à cet égard que, à la fin du XVIIIème siècle, l’on n’a pas du tout la même approche culturelle et artistique qu’aujourd’hui vis-à-vis de ce que nous nommons maintenant le « patrimoine ». Ce que l’on nomme alors les « Antiquités » apparaissent plutôt appartenir à la catégorie des vieilleries dont il convient de se débarrasser pour bâtir un monde nouveau et un avenir radieux. Heureusement, d’autres députés protestent : Versailles, font-ils observer, est aussi une œuvre gigantesque et magnifique où des milliers d’hommes humbles ont effectué un travail souvent pénible pour un résultat remarquable. Au minimum, cela se respecte.

Et Versailles est sauvé. Mais son parc ? La Convention ambitionne de le donner (de le rendre) au peuple. Plutôt que d’accueillir les promenades de marquises oisives et les fornications aristocratiques, allées et bosquets doivent être rendus au peuple, qui pourra, s’il le veut, le cultiver pour assurer sa subsistance. On veut donc diviser le parc en parcelles, en lots, le découper, le morceler, le fragmenter. C’est alors que Richard, le jardinier de Trianon, s’y oppose. Il fait habilement une contre-proposition : garder le parc intact mais cultiver le potager pour distribuer la nourriture au peuple… Adopté ! Ouf : le parc est ainsi sauvé. Sauvé mais, comme le château, laissé quasiment à l’abandon durant toute la période révolutionnaire puis napoléonienne.

C’est le roi des Français Louis-Philippe (1830 – 1848) qui donne le premier au château un rôle de musée, un rôle dont ni la IIème république (1848 – 1851) ni le Second Empire (1851 – 1870) ne le tireront. C’est la très républicaine IIIème république (1870 – 1940) qui, au contraire, déplacera de nouveau le lieu du pouvoir vers Versailles.

Les bourgeois conservateurs qui, le 4 septembre 1870, proclament la fin du Second Empire de Napoléon III et l’avènement de la république, se méfient terriblement de la populace parisienne.

Paris est alors une ville ouvrière où la misère et l’extrême pauvreté du nord et de l’est côtoient la richesse la plus insolente de l’ouest et du centre. Les réformes urbaines d’Haussmann (1850) n’ont pas encore totalement chassé le prolétariat vers la périphérie : d’innombrables taudis subsistent et de nombreux « ateliers » (nous dirions aujourd’hui « PME, artisans et commerçants » sont installés dans la capitale. Et leur population est bouillonnante d’agressivité, affamée par le blocus prussien (la France est envahie par la Prusse depuis juillet 1870). Elle est, aussi, furieuse contre les tentations de capitulation du gouvernement alors que, courageusement, on résiste et on se bat partout en province.

Alors, en janvier 1871, quand le gouvernement républicain capitule finalement, quand il autorise les Prussiens à défiler sur les Champs-Elysées, quand il accède à l’exigence du chancelier Bismarck de faire proclamer l’ « empire allemand » dans la… Galerie des Glaces du château de Versailles, quand il vote un emprunt de 5 milliards de francs-or pour payer la rançon exigée par l’Allemagne et qu’il accepte, en plus, de perdre les provinces d’Alsace-Lorraine : c’est l’explosion.

Du 18 mars au 28 mai, des troubles ont lieu dans Paris. Les insurgés décident de faire sécession de la France et de se doter d’un gouvernement autonome (une « commune »). Au départ, il s’agit d’une révolte menée par les petits artisans qui, pour la plupart, sont en quasi-faillite, étranglés par des taux d’intérêt usuraires pratiqués par les banques. Mais la Commune de Paris offre aussi une occasion grandeur nature aux révolutionnaires d’extrême-gauche, dont les idées mijotent depuis une vingtaine d’années, d’éprouver les méthodes qu’ils préconisent : noyautage des assemblées, propagande et intimidation. Le gouvernement laisse la ville aux insurgés et se replie sur… Versailles.

Le 21 mai 1870, il entame une reconquête méthodique et implacable de la capitale. Les « Versaillais » ont finalement le dessus, au prix de près de 20 000 morts et de 38 000 arrestations dont 10 000 débouchent sur un envoi au bagne ou en Algérie. Le gouvernement de la IIIème république revient alors à Paris.

Le château de Versailles, sera, 40 ans plus tard, en 1919, le siège d’une réunion censée, par le traité qui la clôturera (le Traité de Versailles, 1919) mettre fin une bonne fois pour toutes aux risques futurs de guerre. Inique vis-à-vis de l’Allemagne, il ne fera au contraire qu’en semer les germes.

A Versailles, on en aura donc croisé, pendant près de trois siècles, essentiellement des hommes de pouvoir et des têtes couronnées. Mais, depuis lors, les choses ont évolué.

Depuis toujours, Versailles, son château et son parc, restent d’un romantisme fou. C’est aussi pour cela (mais pas seulement) qu’on s’y bouscule. Au château, l’on y croise des touristes (3 millions par an, sauf les moments où il s’y déroule tel ou tel « sommet »), auquel cas ce sont plutôt des hommes et des femmes politiques, des porte-serviettes et des gardes du corps qui déambulent.

Dans le parc, c’est plus varié (7 millions de promeneurs par an). On y croise des promeneurs à pied ou à vélo (les voitures sont aujourd’hui interdites), des rêveurs, des peintres, des étudiants, des retraités, des amoureux. A en croire le jardinier en chef des jardins de Versailles, Alain Baraton (son excellent livre Le jardinier de Versailles, Grasset, 2006), on y surprend aussi des amoureux en pleins ébats, des campeuses dénudées, des stars de cinéma incognito ou encore des hommes politiques qui s’y détendent, le temps d’une pause durant un « sommet ». On y cherche des enfants qui ont perdu leur maman ou des personnes âgées qui se sont égarées. On y découvre également des nostalgiques du XVIIIème siècle, emperruqués et costumés de soie, assemblés près des bosquets pour y déclamer des vers. On y voit aussi des adorateurs de Marie-Antoinette venir fleurir tel ou tel lieu qu’elle affectionnait. On y retrouve enfin, hélas, parfois des joggeurs terrassés par une crise cardiaque et même aussi des suicidés.

Dans cette sarabande d’êtres tragi-comiques, l’on s’attendrait presque à croiser aussi des… fantômes ! Pourquoi pas ?

En 1911, parait en effet en Angleterre un livre intitulé An adventure, écrit par Elisabeth Morison et Frances Lamont. Il s’agit en fait du nom de plume de deux femmes : Charlotte Anne (Annie) Moberly (1846 – 1937) et Eleanor Frances Jourdain (1863 – 1924). Ces deux anglaises relatent l’expérience étrange qu’elles assurent avoir vécu dix ans auparavant, en 1901, dans le parc du château de Versailles, lors d’une promenade effectuée par une chaude journée d’août.

A cette époque, les voyages à l’étranger ne sont pas si fréquents et concernent essentiellement les classes sociales favorisées et nos deux Anglaises ont des raisons précises d’être en France : Eleanor Jourdain, enseignante, s’est installée en France (avec le projet d’y faire venir des élèves anglais), Annie Moberly est également enseignante dans un collège d’Oxford et elle vient rencontrer Eleanor Jourdain dans un but professionnel.

En ce jour du 10 août 1901, nous sommes vers 16 h 00 / 17 h 00. Il fait chaud, lourd et couvert. Les Anglaises sont engoncées dans leurs robes longues boutonnées jusqu’au col avec jupons, sur-jupons et tout ce qui sied à des femmes de la bonne société habillées décemment. Elles se rendent pourtant à Versailles pour visiter le parc, armées de leur guide Baedeker. Voyons leur récit, qu’elles publieront dix ans plus tard.

Malheureusement pour les deux jeunes femmes, elles s’égarent dans le parc en cherchant le Petit Trianon. Etant sorties de leur allée pour bifurquer dans une autre allée, une « large voie verte parfaitement déserte », elles se rappellent avoir d’abord y avoir rencontré des hommes portant un long habit vert et des tricornes : elles les prennent pour des jardiniers. Annie Moberly se rappelle d’ailleurs qu’ils tenaient une bêche à la main tandis qu’Eleanor se souvient plutôt d’un bâton. Mais l’une et l’autre des deux promeneuses n’ont guère l’habitude de jardiner… Elles leur demandent leur chemin et ceux-ci leur indiquent, de façon peu courtoise, « un sentier (…) où il règne une atmosphère de tristesse et d’abandon. »

Eleanor, toujours elle, indique qu’elle voit plus loin une petite fille et une femme habillées de façon démodée. Annie ne s’en souvient pas mais les deux femmes évoquent ensemble la vue d’un pavillon de style « chinois » avec des colonnades puis, à côté, « un homme avec une lourde cape noire et un chapeau mou » qui, la face sombre et vérolée, les fixe sans leur parler, de façon inquiétante.

Egarées, aux prises avec d’étranges personnages, les deux femmes commencent à prendre peur tandis qu’un homme à la peau mate et aux cheveux bouclés, passant près d’elles, leur crie dans un langage difficilement compréhensible de ne pas poursuivre plus avant mais de tourner à droite. Elles changent alors d’itinéraire et empruntent un petit pont (ce pont les mène vers la grotte de Marie-Antoinette, ce qu’elles ignorent alors).

Là, Eleanor évoque, près d’une petite maison aux volets clos, la présence d’une femme assise en face d’une toile qu’elle s’apprête à peindre (car la toile est vide). Cette femme porte un fichu vert et un chapeau blanc et tourne la tête vers elle : Eleanor se souvient mal de son visage mais précisément de ses cheveux, blonds épais et bouffant sous un chapeau large. Surtout, Eleanor se rappelle (avec réprobation) que la dame porte une robe drapée sur ses épaules et (shocking !) largement décolletée, ce qui scandalise sa britannique pudeur. Mais cette vision, curieusement, n’a pas marqué Annie qui ne s’en souvient pas.

Quoiqu’il en soit, les deux femmes s’accordent à se souvenir que, un peu plus loin, un jeune homme qui semble être un serviteur leur apparait et leur indique un chemin à prendre, lequel les mène vers l’allée où elles s’étaient d’abord promenées avant de brusquement bifurquer. L’étrange promenade s’achève alors.  Retrouvant enfin leur chemin, les deux Anglaises sortent enfin du parc, vont prendre un thé (évidemment) à l’Hôtel des Réservoirs de Versailles et repartent pour Paris et Oxford.

C’est là que, quatre mois plus tard, en novembre 1901, Annie Moberly reçoit à son tour la visite d’Eleanor Jourdain, venue de Paris. Et c’est à ce moment seulement que les deux amies confrontent le souvenir qu’elles ont de leur promenade : à bien y réfléchir, d’une bien étrange promenade. Toutes les deux décrivent la sensation d’oppression ressentie, leur sensation de trouble de la vue, d’accélération de leur rythme cardiaque et, d’une manière générale, l’impression d’irréalité parmi les arbres, sous un ciel lourd rendu d’un blanc aveuglant par les nuages en cette saison. Vraiment, elles en conviennent, il flottait une drôle d’atmosphère. Auraient-elles rêvé ? Ou été victime d’un autre phénomène extérieur à la « normalité » : un phénomène paranormal ?...

Intriguées, les deux femmes se renseignent autour d’elles : on leur indique que, effectivement, il court sur Versailles d’étranges et inquiétantes histoires de revenants concernant, notamment, le fantôme de Marie-Antoinette, censée revenir hanter les lieux où elle vécut heureuse avant que la tragédie ne la frappe. Brrr…

Dans cette période de fin XIXème siècle / début XXème siècle, il règne une grande atmosphère de mysticisme profane en Europe. Depuis 1850, on a découvert le spiritisme, on a fait tourner les tables, on a vu des esprits (la « clairvoyance »), on s’est adonné à l’écriture automatique (tels les écrivains Jules Verne ou Arthur Conan Doyle) ou on a entendu des voix (la « clairaudience »)… Les esprits (des simples mortels) sont ainsi donc mûrs pour les contacts avec l’au-delà, d’autant plus que la religion elle-même participe au mouvement avec les apparitions de la Vierge à La Salette, Lourdes, Pontmain ou Pellevoisin, entre 1850 et 1870.

Dans cette ambiance, les deux Anglaises se persuadent donc rapidement qu’elles ont vécu une expérience de « rétrocognition », pour simplifier : une sorte de fugitif voyage spatio-temporel où le sujet est mis en contact avec les esprits de personnages ou de lieux disparus jusque-là cachés dans une autre dimension...

Il faut en avoir le cœur net. En 1902 puis 1904, Eleanor Jourdain et Annie Moberly reviennent donc dans le parc de Versailles : si elles ne rencontrent plus les étranges personnages dont elles croient se souvenir, elles consultent des archives qui les confortent dans leur intuition première.

- Des jardiniers en livrée verte ? C’était effectivement la tenue des jardiniers de Versailles… sous le règne de Louis XV.

- L’édifice « chinois » à colonnades ? Il n’y en a aucun à Versailles mais…. en revanche, des plans de 1774 indiquent qu’on avait le projet de construire là un petit kiosque, avec des… colonnades. Bizarre, non ?

- La femme qui peint ? C’est Marie-Antoinette, Eleanor la reconnait sur un tableau de Wertmüller !

- L’homme au visage vérolé ? Elles sont persuadées qu’il s’agit du marquis Joseph-Hyacinthe de Rigaud de Vaudreuil 1724 – 1802, cousin de Louis-Philippe de Vaudreuil (héros français de la guerre d’Indépendance américaine) : un courtisan auquel on prêta, sans preuve, une liaison amoureuse avec Marie-Antoinette !

Les deux Britanniques couchent alors sur le papier leur expérience : leur livre sera édité en 1911, traduit, et réédité plusieurs fois. Il déchaînera les passions, chacun y allant de son explication (normale, paranormale, psychologique, physiologique) sur la base des éléments troublants mais aussi des approximations voire des erreurs historiques que celui-ci comporte.

Cette histoire de rencontres fantomatiques ne sera pas la seule, loin de là : en 1908, la famille anglaise Crooke prétendra également avoir vu une dessinatrice, en 1928, deux autres Anglaises (encore !) évoqueront des « visions » similaires, en 1935 (ou 39), Robert Philippe (un Français, cette fois !) prétendra aussi avoir parlé à une belle femme blonde près de la laiterie, avant que celle-ci ne disparaisse mystérieusement, en 1955 enfin, un avoué londonien (toujours !) et sa femme prétendront également avoir croisé des personnages en costumes du XVIIIème siècle (une femme en robe jaune et deux hommes à perruque)… Etrange, non, ces réminiscences ?

Bizarrement, c’est toujours Marie-Antoinette que les hallucinés divers prétendent avoir rencontré et jamais Louis XVI, Louis XV ou même Louis XIV. C’est plus glamour et tragique à la fois. Les revenants seraient-ils misandres ? Quant aux promeneurs atteints de visions, ils sont le plus souvent britanniques : auraient-ils eu des hallucinations consécutives à une mauvaise digestion de l’excellente gastronomie française à laquelle leurs estomacs ne sont point habitués ?

Je laisse ces réflexions à votre sagacité.

Quoiqu’il en soit, vraiment, comme nous le dit Alain Baraton (cf. supra, page 35 de son livre): « Ce parc est quotidiennement le lieu de l’inattendu, et parfois même de l’extraordinaire ». Ainsi, croyez-en votre serviteur, on peut même, le temps d’une promenade en barque et du spectacle des Grandes Eaux musicales, y faire la connaissance de celle que (sans le savoir alors), l’on épousera quelques années plus tard…

Bonne journée à toutes et à tous et à bientôt pour de nouvelles aventures !

La Plume et le Rouleau © 2009 Tous droits réservés

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