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LA PLUME ET LE ROULEAU

LA PLUME ET LE ROULEAU

200 chroniques éclairent le Présent à la lumière de l'Histoire


1922 : Quand CARTER rencontre TOUTANKHAMON

Publié par La Plume et le Rouleau sur 26 Novembre 2001, 15:18pm

Catégories : #Histoires extraordinaires & énigmes

Mes Chers Amis,
 
Retrouvons-nous et partageons l’émotion qui étreint deux hommes, ignorants du péril qui les guette peut-être, en ce jour de 1922. Ils sont l’un derrière l’autre, courbés dans un étroit tunnel creusé plusieurs mètres sous terre. Derrière eux, d’autres hommes encore, tous également émus et impatients. Devant le premier individu : une porte en pierre, murée et bouchée par du plâtre. Dans cette muraille, un trou a été pratiqué, de la taille d’une tête. Qu’y a-t-il derrière cette porte ?
 
Le premier homme a une bougie à la main. Il la passe dans l’ouverture puis glisse son épaule et introduit sa tête. Tout d’abord, il ne distingue rien car un courant d’air chaud fait vaciller la flamme. Enfin, ses yeux s’accoutument à l’obscurité.
 
-          Well, do you see anything ? lui demande son compagnon (car les deux hommes parlent la langue de Shakespeare)
-          Yes... wonderful things !
 
C’est en effet un amoncellement hétéroclite de véritables splendeurs qui est entassé là et se dévoile à la flamme de la bougie : statues, lits, coffrets, sculptures, boites, sièges. Et partout, partout, le scintillement de l’or !
Nous sommes le 26 novembre 1922, : l’égyptologue Howard Carter vient de couronner dix ans de recherches inlassables dans la Vallée des Rois en découvrant la tombe d’un pharaon jusque-là inconnu, Toutankhamon, oubliée depuis 3300 ans. La première salle, Carter va le découvrir, donne accès à trois autres, à l’intérieur desquels sont disposés 5000 objets dont un sarcophage d’or massif de 110 kilos renfermant la momie du pharaon sur laquelle est placé un masque d’or pur dont la photo est aujourd’hui universellement connue.
 
Carter et Lord Carnavon, son mécène, sont abasourdis par l’amoncellement de richesses et l’exceptionnel rassemblement de trésors archéologiques. La première chose qu’ils font est donc de sceller une solide grille de fer devant l’entrée. Si les objets sont amassés en désordre c’est qu’en effet, des pillards les ont abandonné là, il y a fort longtemps, sans doute dérangés dans leur méfait. Il ne s’agit pas que cela se reproduise.
 
Carter observe sans doute pensivement à l’entrée un cartouche sur lequel sont écrits, en hiéroglyphes, ces mots : « Ô ma mère Nout, étends tes ailes sur moi comme sur les étoiles impérissables » (Nout est la mère des dieux). Il va maintenant falloir mettre la presse au courant.
 
Celle-ci va s’ébahir sur les trésors exhumés. Il y a de quoi : jamais pareilles merveilles en si grand nombre et si bien conservées n’ont été retrouvées. Mais le plus sensationnel est à venir.
 
Dans l'année qui suit, lord Carvanon est pris de fièvre. Son état empire rapidement. Il meurt au Caire le 5 avril 1923 à deux heures du matin, soit moins de six mois après l’ouverture du tombeau.
 
La presse voit en Carvanon la première victime d’une malédiction dont les ouvriers arabes les auraient préalablement avertis.
 
La rumeur enfle et la suite des évènements semble confirmer les intuitions initiales : George Bénédicte, égyptologue français attaché au Louvre, meurt peu de temps après avoir visité le tombeau. Puis c’est le tour d’Arthur Mace, égyptologue américain qui l’a visité également. Puis c'est le tour du frère de l'infirmière de lord Carnavon, Puis du secrétaire de Howard Carter...
Dans les premières années qui suivent la découverte du tombeau, on dénombre jusqu'à 27 morts jugées" mystérieuses" de gens ayant eu un rapport plus ou moins lointain avec les archéologues « violeurs de sépultures » et entre lesquelles on fait le lien à tort ou à raison. La plupart des victimes sont atteintes de maladie,
 
On suspecte un virus resté captif de la tombe pendant 3000 ans. Les analyses effectuées ne sont pas concluantes. D’ailleurs, comment un organisme aurait-il par ailleurs pu survivre si longtemps ?
 
On évoque des microbes transporté par les chauves-souris. Les journalistes vont jusqu’à prétendre que l’entrée du tombeau portait l’inscription suivante : " ceux qui pénètrent dans ce tombeau sacré seront bientôt touchés par les ailes de la mort ". Mais c’est une pure invention : l’inscription exacte est celle mentionnée plus haut.
 
De mystère, point. La coïncidence des divers décès fut évidemment fortuite. Ces derniers furent largement liés à un climat égyptien notoirement malsain. Du reste, Evelyn Carnavon (la fille de Lord Carnavon, qui participa aux fouilles) ou bien encore l'archéologue Callender, terminèrent paisiblement leurs jours, bien des années plus tard. Quant à Howard Carter lui-même, le premier à pénétrer dans la tombe du pharaon, il mourut en 1939 âgé de 65 ans.
 
Le thème de la malédiction de la momie inspira Hergé et ses « Sept boules de cristal » et EP Jacobs pour son « Mystère de la Grande Pyramide ».

La réalité est, hélas, parfois moins passionnante que les BD.

Mais, par Horus, bonne journée à tous quand même !


La Plume et le Rouleau © 2001

 

Pour d'autres mystères également passionnants et des secrets bien gardés, lisez La cinquième nouvelle...

Archives INA - Les Actualités Françaises de 1967 font une rétrospective de la découverte faite par Carter et Carnavon

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