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LA PLUME ET LE ROULEAU

LA PLUME ET LE ROULEAU

200 chroniques éclairent le Présent à la lumière de l'Histoire


1936 : EDOUARD VIII, un roi amoureux

Publié par La Plume et le Rouleau sur 10 Décembre 2002, 11:39am

Catégories : #Personnalités célèbres

Mes Chers Amis,
 
Demain, c’est la sainte GWLADYS.
 
Au vrai, ce n’est pas vraiment des GWLADYS dont je vais vous parler aujourd’hui mais plutôt d’une certaine WALLIS et d’un truc incroyable qui n’arrive jamais, sauf dans les contes de fées. Le genre d’aventure dont rêvent toutes les demoiselles.
 
Voyons, WALLIS SIMPSON, cela ne dit rien à personne ? Bon, alors écoutez plutôt.
 
Nous sommes le 10 décembre 1936, en Angleterre. Il est 10 heures du matin. Un homme est assis à son bureau. Il est entouré de ses trois frères. C’est Edouard VIII, roi d’Angleterre par la grâce de Dieu depuis le 20 janvier de la même année. Il appose sa royale signature au bas d’un document sur lequel est écrit ce texte impensable (que j’ai retrouvé et traduit spécialement pour vous de la langue de chez Kspir dans celle de Voltaire) :
 
« Moi, Edouard le huitième, roi de Grande-Bretagne, d’Irlande et des possessions britanniques au-delà des mers, Empereur d’Inde, déclare ici ma détermination irrévocable à renoncer au trône pour moi-même et pour mes héritiers, ordonne qu’effet soit donné immédiatement à ce document d’abdication. »
 
Cet événement inédit, c’était la première, et unique à ce jour, abdication volontaire d’un souverain britannique, résultait de la conjonction de deux destinées personnelles...
 
L’histoire commence, un peu à la façon d’ « Amicalement Vôtre ».
Ta ta ta-tin. Ta ta ta-tin. (imaginez les dossiers qui s’ouvrent côte à côte, les photos en noir et blanc, la musique qui s’égrène et, tandis qu’en haut défile les photos des deux protagonistes, on voit en dessous le film de leur vie, leur enfance, leur adolescence, jusqu’à leur rencontre...)
 
D’un côté : les Etats-Unis, la côte Est, les usines et leurs fumées, les classes laborieuses, les immeubles laids, les enfants qui jouent dans la rue, le rêve américain dans un coin de cuisine.
 
Bessie Wallis Warfield nait en 1896 à Baltimore (USA). Elle est élevée par sa mère Alice, restée seule après le décès de son mari de tuberculose. Décrite (un peu perfidement) par ses contemporaines comme « an attractively ugly » (« une séduisante laide » merci, c’est sympa !), Wallis sait néanmoins user d’un charme certain et se met à fréquenter les meilleurs cercles pour progresser socialement. Elle épouse tout d’abord Win Spencer, un pilote de l’aéronaval dont elle divorce en 1927 (pour adultère). Elle se remarie alors avec Ernest Simpson, un riche armateur anglo-américain avec lequel elle part vivre en Angleterre.
 
De l’autre côté maintenant : voici l’Angleterre, les avenues propres des quartiers chics, le gazon et les clubs aristocratiques, les troupes de Sa Majesté, les grilles du Palais de Buckingham.
 
Edouard-Albert-Christian-George-André-Patrick-David ( - que le dernier ferme la porte - David pour les intimes, Edouard pour les généalogistes de la couronne britannique) est prince de Galles et héritier du trône d’Angleterre. Célibataire, il mène une vie de dilettante fortuné, uniquement préoccupé d’aventures féminines et de cocktails mondains. Il est largement perçu par son entourage comme peu taillé pour une charge comme celle de Roi d’Angleterre qui l'attend.
 
Charge de roi qui est lourde, convenons-en : ânonner une fois par an le discours du Trône préparé par le Premier Ministre, signer les ordres d’intendance du Palais de Buckingham, passer les Horse-Guards en revue sous le soleil (la pluie surtout), regarder le derby d’Epson, apparaître dans les cocktails, faire des visites de courtoisie dans les autres pays, visiter les institutions charitables et faire croire qu’on s’intéresse au peuple. Etre roi d’Angleterre : c’est du boulot.
 
Fin du premier acte
La vie sociale active de l’une va un jour par hasard croiser un jour la vie mondaine blasée de l’autre. Wallis Simpson est présentée au Prince de Galles lors d’une garden-party en 1930. Wallis a 34 ans. Elle est ce jour-là accompagnée de son mari. Edouard a 36 ans, il est là en compagnie de sa maîtresse Thelma Furness (qui, en plus, est une femme mariée, c’est plus drôle). Je vous laisse le soin de porter un jugement sur ce que dira plus tard Edouard, parlant de leurs premiers échanges : « Je fis une importante découverte : que la relation entre un homme et une femme pouvait aussi être de nature intellectuelle. C’est ce qui fit que je tombai amoureux d’elle ».
 
Sans commentaire.
 
Les choses suivent leur cours entre les (désormais) deux amoureux. Comme Wallis le dira plus tard : « Les bateaux apparaissaient, les palaces s’ouvraient devant nous avec leurs meilleures suites, les avions nous attendaient. C’était comme être Alice au pays des Merveilles ! ». (Sympa, non, le contribuable anglais ?!)
 
Ca vous fait rêver, hein ? Alors continuons.
 
La mort saisit le roi George V (celui auquel on a donné le nom d’une station de métro parisienne) le 20 janvier 1936, Edouard VIII monte alors sur le trône. Il n’est toujours pas marié. Durant les premières semaines de son règne, Wallis divorce. C’est la porte ouverte au mariage entre les deux amants, à l’union entre le roi de l’Empire sur lequel le soleil ne se couche jamais et sa belle américaine, entre le monarque du Vieux Continent et la pionnière du Nouveau Monde. (J’aurais dû faire chroniqueur à Point-de-Vue-Images-du-Monde...).
 
Mais Stanley Baldwin, le Premier Ministre britannique, prévient le roi : l’Eglise anglicane, dont le roi est le chef, ne célèbrera jamais son union avec une divorcée. En résumé : il faut choisir entre le Trône et la donzelle. Quant à vivre maritalement à la cour de Buckingham, n’en parlons même pas...
 
Fin du deuxième acte. L’idylle est dans tous les journaux et le suspense est à son comble.
 
Alors, hein ? Alors ? Alors ?
 
A la stupéfaction générale, Edouard décide de se séparer...
Se séparer du pouvoir : car il renonce au Trône !
 
Après 325 jours de règne, il abdique. Et le lendemain, il annonce à la radio à des auditeurs stupéfaits : « J'ai estimé impossible de porter le lourd fardeau de responsabilités et de remplir les devoirs qui m’incombent en tant que roi, sans l'aide et le secours de la femme que j'aime ».
 
Six mois plus tard, le 3 juin 1937, il épouse Wallis Simpson dans un château de la Loire, dans l’intimité, avec seulement 16 invités. Désormais, leurs vies ne seront plus qu’une suite ininterrompue de voyages, de fêtes, de dîners et de soirées.
 
So romantic, isn’t it ?
 
Edouard mourut à 77 ans en 1972. A ce moment seulement, Wallis fut reçue pour la première fois à la cour d’Angleterre. Elle lui survécut 14 ans et mourut en 1986.
 
Quelle romance. Vraiment ?
 
Soulevons maintenant un coin du voile. Si Edouard semblat réellement épris de Wallis, on murmura qu’elle ne l’avait épousé que parce qu’il avait menacé de se suicider. Leur vie de luxe et de cocktails mondains, dans leur hotel particulier parisien, fut par ailleurs au final désespérément vide, sans enfants, et il semble qu’ils se soient, au soir de leur vie, trouvés tous les deux terriblement isolés.
 
Bonjour tristesse...
 
Fin du troisième acte, nettement moins flamboyant que les deux premiers.
 
Alors, faut-il croire ou ne pas croire aux contes de fées ? Les Chroniques de la Plume et du Rouleau n'ont pas la réponse mais vous livrent ce conseil à votre sagacité :  mieux vaut tenter d'écrire le vôtre, quelles qu'en soient les difficultés, que lire ceux des autres.
 
Bonne journée à tous
 
La Plume et le Rouleau © 2002
 
Et pour d'autres mystères, de secrets et d'histoire d'amour, lisez La cinquième nouvelle...

Archives INA - On y entend notamment le roi prononcer son discours d'abdication

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