Cher(e)s Ami(e)s, lectrices et lecteurs des Chroniques de la Plume et du Rouleau,
Il fait bon, en cette fin de journée du 4 avril 1968 (il y a 35 ans tout juste aujourd’hui) à Memphis (Tennessee,
Etats-Unis d’Amérique). D’ailleurs, pour prendre un peu le frais après une longue journée de réunions, un homme a décidé de sortir faire quelques pas sur le balcon de sa chambre
d’hôtel qu’il occupe depuis la veille (l’hôtel « La Lorraine » : nice french name, isn’t it ?). Des amis à lui, pendant ce temps, prennent un verre dans sa chambre et
devisent tranquillement. Aucun d’entre eux n’imagine à cet instant ce qui va se passer. Il est 18 h 01.
Car brusquement, un coup de feu claque et l’homme, sur le balcon, s’écroule en arrière. Ses amis se précipitent vers lui. Il n’y aura pas d’autre tir. La victime est
blessée à la tête et est transportée rapidement à l’hôpital Saint-Joseph. En dépit des soins prodigués, l’homme décède à 19 h 05. Peut-être, comme on le croit généralement (et
nous le vérifierons tous un jour !) a-t-il revu, en ses derniers instants, les images du film rapide de sa vie ?
Alors, faisons de même pour replacer l’homme et son histoire personnelle dans le contexte politique et social de l’Amérique des
années soixante.
Cet homme est né le 15 janvier 1929 à Atlanta et son père, comme son grand-père, sont des pasteurs baptistes. Les
Baptistes constituent une branche du protestantisme, né au XVIIème en Angleterre et qui se caractérise par un attachement intransigeant à la lettre des Ecritures saintes.
Après quelques années d’études à Atlanta, à Chester (Pennsylvanie) puis Boston, il devient pasteur d’une église de Montgomery (Alabama) où il se fait rapidement remarquer par son
rayonnement personnel. L'homme a du « charisme », c’est-à-dire, au sens littéral (et non religieux) un « grand prestige consécutif à une
personnalité exceptionnelle, un ascendant sur autrui ». Il s’engage alors à cette époque dans la lutte que mène la communauté noire (19 millions de personnes aux
Etats-Unis à l’époque, dont 60 % vivent dans le sud) contre la ségrégation.
Qu’est-ce la ségrégation ?
Les Etats-Unis offrent aujourd’hui l’image d’un pays totalement ouvert à la réussite de chacun, quelle que soit son origine ethnique. Cela est vrai au moins en apparence. Le général Colin
Powell ou Condoleeza Rice en témoignent effectivement par leur présence à des fonctions de premier plan dans l’Administration présidentielle. On a donc aujourd’hui des difficultés à
s’imaginer que l’Amérique (qui défend la démocratie et la liberté des peuples avec tant d’énergie dans le monde – surtout en Irak depuis le 21 mars 2003 - ) obligeait, il
y a quarante ans, un Noir à céder sa place dans un bus à un Blanc et que les uns et les autres ne pouvaient fréquenter ensemble les mêmes restaurants, les mêmes universités, les mêmes
lieux publics…
Incroyable mais vrai : le terme pudique de « ségrégation » ne constituait ni plus ni moins qu’un apartheid dans la patrie de la Liberté et de la bannière étoilée, un siècle
après l’abolition officielle de l’esclavage.
C’est donc dans ce combat pour la « déségrégation » que se lance
le personnage dont nous parlons aujourd’hui. Mais sans violence, sans brutalité, sans radicalisme. « A la haine, dit-il, nous répondrons par l’amour ». Et
cette lutte va prendre de l’ampleur : sit-in, marches, protestations silencieuses et non-violentes, boycott se succèdent à partir de 1956, date à laquelle la ville de
Montgomery, où notre personnage officie comme pasteur, met fin officiellement à la ségrégation dans les transports en commun. Belle victoire à laquelle succède d’autres initiatives de ce genre
prises par d’autres villes du Sud des Etats-Unis.
Ces campagnes non-violentes donnent une large place à la désobéissance civile, inspirée en cela par les idéaux de
Ghandhi, de Henry Thoreau (un essayiste, mémorialiste et poète américain du milieu du XIXème siècle) et de Ralph Waldo Emerson (un écrivain de
la même époque qui fut aux Etats-Unis un peu ce que Montaigne fut à la France). Elles ne vont cependant pas sans heurt. A être non-violent soi-même, on s’expose à la violence de ses
ennemis.
En septembre 1957, par exemple, une femme noire poignarde notre personnage avec un coupe-papier à Harlem et il échappe de peu à la mort.
En 1963, à Birmingham (toujours en Alabama), la police municipale lance les chiens contre les manifestants pacifistes et les arrête brutalement : l’émotion soulevée par la violence des
images diffusées sur toutes les télévisions est alors énorme. Elle contribue à la notoriété du personnage.
Qu’importe, armé d’une sorte de messianisme communicatif, notre homme continue son combat et, le 28 août
1963, à Washington, au terme d’une marche rassemblant 250 000 personnes, il prononce un discours devant le Lincoln Memorial. « I
have a dream », commence-t-il.. Un rêve « qu’un jour, sur les rouges collines de Géorgie (NDA : un état du Sud,
particulièrement réactionnaire), les fils des anciens esclaves et les fils des anciens propriétaires d’esclaves pourront s’asseoir ensemble à la table de la fraternité (…) (Qu’ils) vivront un
jour dans un pays où on ne les jugera pas à la couleur de leur peau mais à la nature de leur caractère (…).
L’année suivante, en 1964, le Congrès vote le « Civil Right Act », signé par Johnson : c’est la
déségrégation des lieux publics et à 35 ans, l’homme reçoit le Prix Nobel de la Paix. Il est au sommet de sa gloire, de sa popularité et de son
rayonnement.
Et pourtant, dans l’ombre, des forces obscures travaillent à sa chute.
Le FBI, d’abord, a ouvert un dossier sur lui depuis 1954. Edgar Hoover, l’inamovible chef de la police fédérale
est en effet persuadé que l’homme, qui a maintenant pris parti contre l’engagement américain au Vietnam, est manipulé par les communistes. A partir de 1963, le FBI entame une campagne
sourde de désinformation et de calomnie. Il distille aux journaux de prétendues informations en affirmant que le pasteur mène en réalité une vie dissolue et qu’il complote contre la
sécurité du pays.
A partir du milieu des années soixante, la non-violence, ensuite, peine à trouver un second souffle. Face à des
avancées jugées trop timides, certains groupes noirs n’hésitent pas à choisir une voie plus radicale : de nouveaux leaders émergent, tels Stokely Carmichael ("Black Power")
ou Malcolm X, et emploient des méthodes violentes qui répondent mieux aux frustrations, au désespoir et à la misère d’une jeunesse impatiente. A partir de 1965, des
émeutes éclatent à Los Angeles, Newark ou Detroit : des incidents si violents qu’il faut envoyer l’armée et les troupes parachutistes pour rétablir l’ordre. La protestation a
désormais changé de nature.
L’homme, enfin, est contesté dans ses propres rangs : sa modération passe maintenant pour de la mollesse.
Avec son prix Nobel et ses fréquentations, on le dit insoucieux de la condition réelle de nombreux Noirs qui sont cantonnés au-dessous du seuil de pauvreté. De méchantes langues le surnomment
« The Lord », non pas en référence au Christ mais, précisément, parce qu’il mène un train de vie de grand seigneur…
Mais l’homme continue son combat, avec une confiance aveugle. Le 3 avril 1968, la veille de sa mort, il s’exprime ainsi :
« On m’a transmis des avertissements mais peu importe ce qui arrivera maintenant (…) Je ne m’inquiète de rien. Je ne crains aucun homme. Mes yeux ont vu la gloire de la venue du
Seigneur. »
Vous l’avez sans doute compris : celui dont l’Amérique, en cette soirée du 4 avril 1968, apprend la mort avec stupéfaction,
c’est Martin Luther King.
Je ne m’étendrai pas sur l’émotion que provoque sa mort : deuil national décrété par Lyndon Johnson,
drapeaux en berne dans tous les états (sauf la Géorgie !) et 120 millions de téléspectateurs pour un enterrement auquel Jacqueline Kennedy, toute vêtue de noir, assiste parmi 100 000
personnes.
Concentrons-nous plutôt sur l’enquête de police et la traque du criminel qui démarre en faitdès les premiers instants.
On est loin des négligences et des à-peu-près de l’enquête sur l’assassinat de JFK : les autorités, qui ont retenu la leçon et sont sous la pression de la presse, agissent
rapidement et avec transparence. Coup de chance, des policiers stationnaient au moment du meurtre aux abords de l'hotel La Lorraine, avec comme mission initiale de maintenir
l’ordre en cas de manifestation. Dès le coup de feu, ils se précipitent vers le motel puis, ayant évalué l’endroit d’où le tir était parti, vers l’immeuble d’en face. Alors qu’une Ford
Mustang blanche prend la fuite, ils découvrent un fusil à lunette, des jumelles, un journal local, des sous-vêtements, des tickets de
blanchisserie et une multitude d’empreintes digitales.
On remonte la trace du fusil, acheté à Birmingham tandis que le locataire de la pension d’où est parti le coup de
feu est, malgré un nom d’emprunt, identifié sous le nom de James Earl Ray. C’est un malfrat évadé du pénitencier du Missouri. Son signalement est diffusé aux
diverses ambassades. On craint qu’il tente de fuir vers la Rhodésie ou l’Afrique du Sud, comme l’indique l’un de ses frères, interrogé par la police. Le filet se resserre. Un peu par hasard, une
agence de voyage canadienne signale un homme ressemblant à Ray auquel elle a vendu un billet d’avion pour Londres.
Le 8 juin 1968, James Earl Ray est
arrêté à l’aéroport de Heathrow (Londres) puis extradé.
Il est accusé du meurtre avec préméditation de Martin Luther King. Après quelques mois de détention, il est
présenté, le 10 mars 1969, devant le juge W. Preston Battle de Memphis (Tennessee, comme l’on dit). Et là, il avoue. Il reconnaît son crime et plaide coupable.
C’est là qu’intervient une question de procédure judiciaire qui mérite d’être explicitée car elle se situe loin de notre
culture.
En France, tout accusé d’un crime passe devant une Cour d’Assises. La mission de la cour (9 jurés populaires et 3
magistrats professionnels) est double :
- la cour statue sur la culpabilité de l’accusé : est-il innocent ou coupable ? et cela indépendamment du fait que l'accusé se prétend innocent ou bien, au
contraire, plaide coupable)
- elle fixe ensuite, éventuellement, la peine.
Bref, en France, la Cour d'Assises juge et condamne. C’est différent aux Etats-Unis.
Si l’accusé plaide non-coupable et clame son innocence, son cas va effectivement être examiné par la Cour d’Assises : jurés populaires, envolées lyriques
des avocats, objections votre honneur et tout ce que l’on a l’habitude voir dans les films américains… La mission des jurés consiste alors uniquement à déterminer (grâce à la grande sagesse
dont le peuple sait faire preuve) si l’accusé est, oui ou non, coupable. Elle n’a en aucun cas pour mission de fixer la peine.
En effet, la peine découle du verdict. Si l’accusé parvient à démontrer son innocence, il est bien sûr libre. S’il est jugé coupable, c’est (en cas d’assassinat dans le
Tennessee à l’époque) la chaise électrique qui l’attend.
C’est en l’occurrence, à bien y réfléchir, un système pervers : il peut conduire un innocent (qui sait qu’il a
les apparences contre lui) à avouer un crime qu’il n’a pas commis, simplement pour échapper à la peine capitale.
Mais si l’accusé plaide coupable ? C’est une particularité américaine : son cas devient clair (les
Américains aiment les situations claires) : reconnaissant son crime, le coupable n’a donc pas à passer devant un jury populaire. Le juge n’a plus qu’à fixer sa peine (une
routine, quoi !). Grâce à son aveu, en effet, le condamné :
- échappe à la peine de mort (faute avouée est à moitiépardonnée, en quelque sorte)
- et n’écope que d’une peine de prison (qu’il escompte réduite puisqu’il a avoué son forfait).
Vous observerez combien la morale chrétienne liée à l’aveu et à la rédemption imprègne (mais on s’en serait douté) le système judiciaire américain.
C’est ce que fait James Earl Ray : après plusieurs mois de réflexion (9 mois s’écoulent entre son
arrestation et sa comparution devant le juge), il avoue et plaide coupable. Mais là (pas de pot) il en prend pour… 99 ans ! Il part donc en détention sans procès et sans avoir à expliquer
les motivations de son crime, laissant le public (et les lecteurs de ces chroniques historiques) supporter un suspense haletant.
Car l’affaire rebondit : ayant échappé à la peine capitale, il revient, trois jours plus tard, sur
ses aveux. Il n’en bougera plus par la suite.
Il se prétend innocent et se dit victime d’une machination : c’est un certain Raoul qui l’a amené à acheter le fusil et a tiré à sa place depuis la chambre de la pension
située en face de l’hôtel. La version, du reste, apparaît crédible aux yeux d’un public qui peut faire un lien avec l’enquête bâclée sur l’assassinat de JF Kennedy, les activités troubles de la
CIA et du FBI et la complaisance des pouvoirs publics envers le Ku Klux Klan. Et si Ray avait été manipulé ?
Ce ne serait pas la première fois que les Services Secrets US auraient été impliqués dans une histoire tordue. D’ailleurs, le scandale du Watergate (1973) renforcera chez les Américains le
sentiment qu’on leur cache tout, qu’on ne leur dit rien et que quelque puissance occulte tire, dans l’ombre, les ficelles de l’Histoire…
Dans les années 70, taraudée par les média, la Chambre des Représentants nomme alors une Commission pour faire le point sur le
dossier, présidé par Louis Stokes, élu de l’Ohio. Celle-ci remet son rapport le 29 mars 1979. Pour Stokes, il n’y a pas de mystère et les allégations de Ray ne tiennent pas la
route : Ray est un malfrat au caractère instable et aux idées racistes qui a tenté de gagner de l’argent en abattant King après avoir entendu dire qu’un homme d’affaires de
Saint-Louis avait promis une récompense pour la mort du leader noir.
Pas de complicité, pas de machination, pas de complot. De la crapulerie pure et simple.
Pourtant, l’affaire n’est pas close car Ray
s’entête. Par huit fois, ses demandes de révision de la condamnation sont rejetées par les tribunaux et diverses commissions d'enquête qui concluent toutes à sa culpabilité. En
1997, la famille de Martin Luther King rend alors visite à Ray, atteint d’une cirrhose du foie et promis à une mort rapide. Il n’en a plus pour très longtemps et jure aux fils de King
qu’il n’a pas tué leur père. Ceux-ci sont convaincus et, de nouveau, une requête en révision est déposée.
Pour qu’un nouveau procès ait lieu, il faut que le juge américain pense qu’il existe un doute sur la culpabilité de l’accusé. Cela ne peut être le juge Battle : il est mort en avril 1969.
C’est donc à un autre juge qu’il revient d’examiner la thèse selon laquelle il existe un doute sur la balle qui a tué martin Luther King : elle n’aurait pas été tirée par le fusil qui a été
retrouvé.
Le 18 septembre 1997, le juge rend son verdict : Ray a plaidé coupable en connaissance de cause plusieurs
mois après son arrestation et aucun n’élément nouveau ne vient faire naître un doute : il n’y a pas lieu d’ouvrir un procès. Cette décision scandalise les tenants d’un
complot ourdi par le crime organisé avec le soutien des services secrets américains.
Pourtant, certains journalistes qui se sont longuement intéressés à l’affaire, tel Gerald Posner (auteur d’un livre :
« Le rêve assassiné ») ne sont guère étonnés. Pour Posner, le simple fait que Ray ait été toujours en vie en prison trente ans après la mort de King prouve qu'aucun
professionnel (mafia ou gouvernement) n'était impliqué. : « S'ils l'avaient été, dit-il, ils se seraient occupés de Ray depuis longtemps… (et l’auraient
"liquidé") » Cela ne décourage pourtant pas les obsédés de la conjuration qui évoquent alors une sorte de conspiration « positive », visant à assassiner Martin
Luther King pour mieux lui donner une auréole de sainteté à un moment où son aura battait de l’aile : des affirmations sans davantage de preuves que les précédentes…
Mythomane ou réel criminel, Ray emporte finalement son secret dans la tombe : il meurt en avril 1998.
Depuis cette date, les choses en sont donc restées là : affirmations sans fondement pour les uns, suspicion pour les autres,
chacun y va de sa perplexité face à ce drame finalementpas complètement éclairci. Et contre toute attente, aucune révélation fracassante ni aucune preuve concrète n’émerge pour
satisfaire les appétits des amateurs de roman d’espionnage.
La réalité serait-elle en dessous de la fiction ?
Pas sûr. Car en avril 2002, un pasteur de 61 ans vivant en Floride, Ronald Denton Wilson, 61 ans, fait une
déclaration inattendue…
Son père, Henry Clay Wilson, entrepreneur en plomberie, mort en 1990, était à Memphis le 4 avril 1968. Il dirigeait un groupe de
trois comploteurs avec lesquels il avait résolu d’abattre Martin Luther King non par racisme mais par anticommunisme. James Earl Ray, lui, était une relation de Wilson et, à ce titre, fut victime
d'un « coup monté ». Pourquoi parler maintenant ? Le révérend Wilson explique qu'il ne voulait pas dénoncer son père de son vivant mais que, ce dernier décédé, il a souhaité se
libérer d’un « poids ». Les preuves ? Aucune. Les « aveux » de Wilson restent donc lettre morte et, depuis cette date, aucune nouvelle information n’est apparue.
Faute de démontrer le contraire, James Earl Ray est donc bien, parce qu’il l’a reconnu, le coupable officiel de l’assassinat de
Martin Luther King. Le reste n’est que spéculations et… rêveries.
Mais pour ce qui est de ces chroniques historiques, inutile de faire un rêve à leur propos : elles sont, par essence, déjà
fraternelles et universelles.
Bonne journée à toutes et à tous.
La Plume et le Rouleau © 2003
Ceci n'est pas du tout une critique, vraiment.
Cordialement
Xavier
L'objectif de ces chroniques ne me semble pas malsain : démysthifier et éclairer un thème sous divers angles même si (et surtout) certaines approches peuvent susciter les réactions des lecteurs.
le débat est toujours bienvenu : je publie naturellement votre commentaire. Merci.
JAIME CETTTE HISTOIRE DE MARTIN LUTHER GING COTR LA RACISE DE LA COULEURS DE PEUX.
MATENANS TOUR LE MONDE EST EGAUX TOURS LE MONDE ON LE MEME DROIT DE FAIRE CE QUI IL VEUT QUELLE QUE SOIR LA COULEURS DE PAUEX.
MERCI CEDRIC GNIBIO
CLASSE DE CM2