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LA PLUME ET LE ROULEAU

LA PLUME ET LE ROULEAU

200 chroniques éclairent le Présent à la lumière de l'Histoire


1898 : Les débuts de l'IMPERIALISME américain (1)

Publié par La Plume et le Rouleau sur 23 Février 2007, 00:03am

Catégories : #Relations internationales & conflits

 Chers ami(e)s de la Plume et du Rouleau,
 

La Plume et le Rouleau rassemble des chroniques historiques qui se piquent d’être en même temps en phase avec l’actualité la plus brûlante : pas si simple, reconnaissons-le. La connaissance du passé ne sert en effet pas qu’à l’érudition pure et dure : elle est avant tout indispensable pour comprendre pourquoi le présent est le fruit des évènements antérieurs et comment il peut servir à décrypter l’avenir…

Nous allons tenter de le faire aujourd’hui encore.

Imaginons donc, pour commencer, une petite île au décor de rêve : cocotiers et plages dorées entourés d’une eau cristalline. Sous un soleil radieux, on y fait pousser du tabac, on y distille du rhum, on y fume des cigares et on y danse la salsa. Que demande le peuple ? Qu’on arrête de l’opprimer.


Car l’île, en cette fin de XIXème siècle, geint sous une terrible dictature. Une odieuse puissance coloniale impérialiste opprime en effet la population de cette terre paisible. Elle y a nommé un infâme gouverneur-dictateur qui exploite le bon peuple et réprime dans le sang les révoltes qui, périodiquement, secouent la tranquillité tropicale de ce paradis terrestre.

C’est à peine croyable.

Heureusement, Dieu a pourvu le monde d’une nation destinée à éclairer celui-ci de ses valeurs. Une nation qui, au terme de près d’un siècle et demie de construction, d’expansion territoriale dans des zones (presque) vides est désormais aboutie et puissante : une nation d’hommes libres, jeunes, entreprenants, dynamiques et indignés par tant d’injustice rétrograde. Oui, vous l’avez compris, chers lecteurs, ce n’est pas de vulgaire politique ni d’intérêts mercantiles dont il va s’agir ici… Non ! C’est de la lutte, éternelle et jamais aboutie, à la fois terrible et magnifique, du BIEN contre le MAL ! Et pour mener cette lutte implacable, vous le savez, les Etats-Unis se sont autoproclamés les champions des valeurs universelles bénéfiques pour le monde entier.

Mais depuis quand au juste ? Et dans quelles circonstances ?

Retrouvons-nous donc à Cuba (vous l’avez deviné) en février 1898, il y a 109 ans. Proche des côtes américaines, l’île, ainsi que le dit l’historien André Kaspi, « fascine » les Américains.

Les Etats-Unis d’Amérique, jusqu’à la fin du XIXème siècle, s’étaient en effet développés essentiellement vers l’Ouest.

En 1775, l’insurrection des 13 colonies d’Amérique du Nord contre l’Angleterre avait permis de fédérer, les armes à la main, les colons installés jusque-là dans l’est et le sud du pays. Puis, en 1776, ces colons avaient officiellement déclaré leur « indépendance ». Ils avaient ensuite mené la guerre du même nom contre l’occupant anglais, aidés en cela par le pittoresque La Fayette (un Français dépêché là-bas en 1777 par un Louis XVI désireux avant tout de nuire aux Britanniques). En 1783, les Etats-Unis avaient enfin, par le Traité de Versailles, obtenu leur indépendance (tandis que la France en profitait pour rafler au passage des « comptoirs » en Inde). En 1787, ils avaient voté leur constitution : celle-ci allait être la plus ancienne du monde. A cette époque, la Révolution Française n’avait pas encore commencé...

Sous l’afflux démographique et malgré la résistance plus ou moins farouche de tribus indiennes mal armées et inorganisées, l’expansion vers l’ouest débuta une vingtaine d’années plus tard avec, en 1803, l’achat à Bonaparte de la Louisiane (vos chroniques en parlèrent en 2001). Le pic de la colonisation du « Far West » (avec le mythe de la « Frontière, cette ligne mouvante séparant les territoires vierges des nouveaux états en structuration) sera ainsi atteint entre 1840 et 1860 :

Il y avait 17 états dans l’Union en 1803 (20 % de la surface actuelle environ)

Il y en aura 26 en 1837 (45 % de la surface)

Il y en aura 34 en 1861 (60 % de la surface)Il y en aura 45 en 1896 (80 % environ)

Pays-continent, les Etats-Unis sont toutefois encore, fin XIXème siècle, une nation en devenir : le pays a connu 5 ans de guerre civile (1860 – 1865) qui l’a profondément déchiré et a scellé pour plus d’un siècle une fracture géographique, économique et politique entre les états du « Sud » (en fait du sud-ouest) et les autres.

Quoiqu’il en soit, depuis 1823, le président américain Monroe a exposé sa « doctrine » :

- Les Etats-Unis s’interdisent toute intervention en Europe et adoptent, dès leurs origines, une attitude « isolationniste ». Elle durera jusqu’en 1917, date de leur engagement dans la Première Guerre Mondiale.

- Simultanément, ils refusent toute ingérence européenne dans les affaires intérieures du continent américain au sens large (de l’Alaska à la Patagonie) où ils estiment qu’ils sont les seuls habilités à intervenir légitimement.

On mesure par parenthèse le chemin parcouru depuis près de 2 siècles : l’Amérique de James Monroe (1817 – 1825) est ainsi diamétralement opposée à celle de George W. Bush (2000 – 2008). A un isolationnisme international officiel et un impérialisme strictement borné au continent américain a succédé aujourd’hui un impérialisme international résolu mais qui est en même temps vivement contesté par les gouvernements d’Amérique Centrale et du Sud, rétifs à la surpuissance commerciale et financière de leur grand voisin. Etonnante évolution qui nous montre que l’histoire réelle des Etats-Unis est bien éloignée des images que nous renvoie l’actualité immédiate, non ?

Il faut en chercher évidemment l’explication dans les deux conflits intra-européens du XXème siècle qui déchirèrent le Vieux Continent, affaiblissant celui-ci durablement, le livrant à la partition entre un « ouest » démocratique et un « est » communiste et créant les conditions d’un vide dans lequel l’impérialisme messianique américain ne manquera pas de s’engouffrer.

Mais, pour l’heure, en cette fin de XIXème siècle, les Etats-Unis achèvent de définir leur périmètre géographique national. Et Cuba, cette petit île située à 150 kilomètres de côtes de la Floride et qui appartient alors à l’Espagne, aiguise leur appétit depuis déjà près de 50 ans. A son sujet, les Américains s’interrogent et se divisent, notamment dans les puissants milieux d’affaires.

Certains proposent d’acheter Cuba à l’Espagne. Il n’y a plus de « Frontière » et l’expansion territoriale des Etats-Unis doit maintenant se faire au-delà des mers : à Hawaï (les Américains en réclament l’annexion depuis 1893), dans le Pacifique et, évidemment, dans les Antilles. Pour eux, l’expansion géographique est une nécessité : la dépression des années 1983 – 1897 a montré qu’une grande puissance se doit d’avoir un « empire » dont la demande soutient la croissance de sa production et lui assure une présence militaire étendue. Les Français et les Anglais ne pratiquent-ils pas cette politique ?

D’autres suggèrent simplement d’y investir des capitaux : l’île ne regorgent-elles pas de canne à sucre, de tabac et de rhum ? Une exploitation industrielle devrait suffire, sans pour cela se charger d’une composante politique compliquée. Quoique débiteur vis-à-vis du reste du monde, les Américains ont déjà investi à l’étranger depuis longtemps et Cuba, pour sa part, a attiré 7,2 % de ces investissements. Est-ce assez ? Ou trop ?

Car d’autres, enfin, récusent l’intégralité de ces projets d’expansion coûteux et aléatoires : ils défendent l’idée qu’il faut se concentrer sur le continent lui-même. L’Amérique n’est pas menacée de surpeuplement, loin de là, toutes les terres ne sont pas mises en valeur et la production industrielle suffit à peine aux besoins intérieurs. Quel besoin a-t-on d’aventure ? Rien ne vaut la paix pour faire des affaires car la guerre, tout le monde le sait, est mauvaise pour le business. Que Cuba soit américaine, espagnole ou indépendante ne changera rien à la situation.

Cuba, en soi, n’est pas un débat de société pour l’Amérique. Néanmoins, la problématique cubaine s’inscrit dans un mouvement de questionnement général où les Etats-Unis, pays qui est désormais la première puissance industrielle, s’interrogent sur la place qu’ils doivent occuper dans le monde, sur leur statut actuel et sur leur destin en devenir. Comment maintenir et développer cette puissance ? Qu’en faire ?

Autant de questions auxquelles répondent divers historiens, intellectuels, écrivains, hommes politiques et militaires tels que Frederick J. Turner (le théoricien du concept de « Frontière » dans la construction du pays) ou Alfred T. Mahan. Globalement, tous sont favorables à l’expansionnisme territorial et militaire. Croître ou mourir, telle est la glorieuse destinée de l’Amérique si elle ne veut pas se faire rattraper par le Vieux Continent, si elle veut s’ouvrir des routes commerciales qu’elle saura protéger par une marine de guerre adaptée.

Du côté des hommes politiques américains, l’idéal impérialiste est cependant loin de faire l’unanimité. Ainsi le président Grover Cleveland, (qui fut à la fois le 22ème et le 24ème président, étant en effet le seul à avoir été élu pour deux termes non consécutifs : 1885 – 1889 et 1893 – 1897) est-il opposé à l’expansionnisme. Démocrate, donc plutôt mieux implanté dans les États du Sud, il a été élu après avoir fait campagne contre les droits civiques des Noirs. Pour lui, l’Amérique doit rester chez elle.

Son successeur, le républicain McKinley (1897 – 1901, ci-contre), lui a reproché d’être exagérément pacifiste et isolationniste. Pourtant, élu, il n’agit pas autrement, tentant de résister à l’aile droite de son parti, ouvertement expansionniste et dont certains membres (tel Théodore Roosevelt) se plaignent qu’il « n’ait pas plus de colonne vertébrale qu’un éclair au chocolat » !

Or, les esprits sont échauffés par une curieuse situation qui, précisément, concerne Cuba et intéresse au premier chef son voisin étasunien.

Nous l’avons vu, l’île est, en 1898 (date à laquelle nous nous situons), toujours sous domination espagnole. Si, depuis un siècle, les pays d’Amérique du Sud ont progressivement obtenu leur indépendance, l’Espagne n’entend pas se retirer de Cuba. En 1868, c’est le début d’une révolte des Cubains contre l’occupant espagnol : la guérilla va durer 10 ans et être réprimée par l’occupant. A partir de 1878, la situation se calme pour un peu de plus d’une quinzaine d’années. Les Américains, affaiblis et divisés par leur guerre civile récente (1860 – 1865) ont jusque là observé sans bouger : ils n’avaient de toutes façons ni la volonté ni les moyens d’intervenir d’une quelconque manière.

Mais en 1895, les troubles insurrectionnels contre les Espagnols reprennent. Ils sont accrus par la misère provoquée par la mise en place, par les Etats-Unis, d’une législation douanière restrictive à l’encontre des exportations cubaines sur leur territoire. La répression espagnole est impitoyable et systématique : le général Valeriano Weyler met en place différents camps fortifiés où il regroupe la population cubaine. Les conditions de vie y sont catastrophique : environ 200 000 morts en 3 ans, soit plus de 15 % de la population de l’île. Appelons cela comme il le faut : des camps de concentration. Dans les campagnes, les guérilleros pillent et incendient les plantations, les raffineries de canne à sucre et tous les biens qui leur tombent sous la main. Ils sont traqués sans relâche. Cuba devient un terrain d’affrontements sanglants, à 150 kilomètres des côtes des Etats-Unis.

Les Américains observent d’abord la question avec attention. Mais la presse (il n’y a pas d’autres média à l’époque) va bientôt déchaîner une campagne d’opinion qui va changer la donne politique. Elle est totalement acquise à la cause des insurgés. Comment, d’ailleurs, les Américains, qui se sont libérés du joug colonial anglais un siècle plus tôt, ne soutiendraient-ils pas un peuple voisin, confronté lui aussi à la répression impérialiste ? Le New York World, de Joseph Pulitzer et le New York Journal, de Randolph Hearst (celui qui inspira « Citizen Kane » de Orson Welles) rivalise de spectaculaire pour agiter les consciences.

Aux portes des Etats-Unis, porte-flambeau du monde libre, un peuple souffre, opprimé par la brutalité d’un empire en déliquescence ! Est-ce tolérable ? L’Espagne, catholique, incarne les derniers avatars de la colonisation de l’Amérique protestante par une Europe décadente et méprisante du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Va-t-on laisser faire cela ?

Pour sensibiliser l’opinion, les journaux new-yorkais à petits prix et gros tirages vont envoyer des reporters pour « couvrir » l’événement et rivaliser de « scoops ». L’accent est mis sur la répression de Valeriano Weyler (réelle et féroce) en oubliant bien souvent que les exactions des guérilleros sont tout aussi violentes et aveugles. On monte en épingle le moindre incident : trois cubaines sont ainsi fouillées par du personnel féminin des douanes espagnoles à bord d’un bâtiment commercial américain. Le New York Journal indigne ses lecteurs en précisant avec délice qu’elles ont été contraintes de se déshabiller (ce qui est inexact) et conclut en s’interrogeant : « Notre drapeau protège-t-il les femmes ?… »

Plus spectaculaire : les reporters du New York Journal parviennent à faire évader de prison une jeune cubaine nommée Evangelina Cisneros, emprisonnée pour des attaques aux côtés des guérilleros. Elle est rapidement présentée comme une vierge maltraitée par ses infâmes geôliers alors qu’en réalité elle n’a subi aucune violence particulière durant sa détention.

Les envoyés spéciaux peignent un paysage apocalyptique. Le New York World décrit « du sang le long des routes, du sang dans les champs, du sang devant les portes, du sang ! du sang ! du sang ! ». Et Randolph Hearst télégraphie à son dessinateur Frederick Remington, envoyé à La Havane et qui s’étonne de n’y trouver trace d’aucune agitation : « Envoyez-moi les dessins, je me charge de la guerre » !

Et encore, les armes de destruction massives n’existaient-elles pas à l’époque, sinon…

Bientôt, l’opinion publique américaine, exaspérée, indignée, chauffée à blanc par la presse, communie dans une ferveur nationaliste et messianique. La défense du droit, la défense de la démocratie, la nécessité impérialiste autant que la mission divine donnée aux Etats-Unis : tout milite en faveur d’une intervention armée. Cuba libre !

Le leader démocrate William J. Bryan, adversaire du président McKinley, enfourche bientôt le cheval de l’interventionnisme. Il tente d’affaiblir son rival républicain, hésitant. McKinley est, en effet, prudent. On ne déclenche pas une guerre comme cela. Il faut un vrai prétexte, un événement objectif qui fasse définitivement basculer les consciences. Il faut une catastrophe, un drame qui puisse toucher l’Amérique dans l’un de ses symboles et émeuvent l’opinion…

En 2001, pour l’intervention armée en Afghanistan, George W. Bush prendra ainsi prétexte des attentats terroristes du 11 septembre de la même année à New York par le saoudien Ben Laden qui avaient provoqué l’horreur (et 3 000 morts).

En 1941, pour faire entrer son pays dans la Seconde Guerre Mondiale, Franklin D. Roosevelt saisira l’occasion de l’attaque japonaise contre le port de Pearl Harbour dont la brutalité et les dégâts (2 400 morts) convaincront les Américains de prendre les armes pour se défendre.

En 1917, pour entrer dans la Première Guerre Mondiale, Woodrow Wilson utilisera l’indignation provoquée par la découverte d’une offre d’alliance faite par l’Allemagne au Mexique (et lui promettant, en cas de victoire, l’annexion du sud des Etats-Unis !) ajouté au souvenir du coulage (en 1915) du paquebot Lusitania (1 200 morts au total quoique « seulement » près de 130 américains).

En ces premiers jours de février 1898, McKinley va être également « servi » par les évènements. A cette date, un bâtiment de guerre américain, le Maine, mouille en effet en rade de La Havane, devant l’île de Cuba.

Or, le 15 février 1898 au soir, le navire est l’objet d’une violente explosion. Le Maine sombre presque immédiatement ! Sur 350 officiers et hommes d’équipage, on dénombre 260 morts

Le président William McKinley est informé du drame à l’aube : il garde son calme et attend les conclusions de l’enquête. On les attend, d’ailleurs, toujours aujourd’hui, 90 ans plus tard…

Cette explosion, en fait, reste un mystère et aucune hypothèse émise n’a réussi à emporter l’adhésion. S’agit-il d’une explosion accidentelle mettant donc en cause la conception même du navire ? Y a-t-il eu accumulation de gaz dégagés par le charbon bitumineux, enflammés par un court-circuit électrique ? S’agit-il d’un attentat et, si oui, de qui ? De rebelles cubains cherchant, par cette provocation, à faire entrer les Etats-Unis en guerre contre l’Espagne ? Ou d’Espagnols visant à dissuader les Américains d’intervenir de trop près dans les affaires « intérieures » cubaines ? Nul ne le sait.

Ce qui est sûr, en effet, c’est que l’explosion du Maine provoque une émotion considérable dont l’émergence est largement à mettre au crédit de la violente campagne de presse qui débute alors. Les journaux se déchaînent contre les odieux espagnols évidemment prêts à commettre n’importe quel forfait. Le New York Journal de Hearst fait ses gros titres sur « la machine infernale de l’ennemi » et affirme (sans preuve) que « le Maine a été détruit par traîtrise » ! Le journal The Leader (de Cleveland) tente une approche rationnelle en affirmant (bien qu’il n’y a ait aucun sondage d’opinion à l’époque) que « 9 Américains sur 10 n’ont aucune hésitation à croire, dur comme fer, que l’explosion qui a détruit le Maine résulte d’une conspiration des lâches Espagnols » ! « Souvenez-vous du Maine ! » lit-on partout.

McKinley n’est pas un va-t-en guerre, c’est un ancien combattant de la Guerre de Sécession qui sait tout le prix que coûte un conflit. Il lui est pourtant difficile de résister à la pression de l’opinion publique, chauffée à blanc par une presse belliciste. A l’évidence, les Américains sont prêts à la guerre. Mieux : ils la réclament ! McKinley va la leur donner.

Le 20 avril, un mois après l’explosion du Maine, le Congrès américain adopte une résolution réclamant l’indépendance de Cuba et le retrait des forces espagnoles ! Madrid, évidemment, refuse et rompt ses relations diplomatiques avec les Etats-Unis dès le lendemain. Le 24 avril 1898, c’est la guerre.

L’Espagne et les Etats-Unis vont donc en découdre.

A suivre ci-après.

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