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Littérature & divers

Samedi 10 juillet 2010 6 10 /07 /Juil /2010 00:10

Chère(e)s ami(e)s et abonné(e)s de la Plume et du Rouleau,

 

« Toutes les horreurs que les romanciers croient inventer sont toujours au-dessous de la réalité » écrit Balzac en 1832 dans son livre « Le colonel Chabert »…

 

Je vous propose aujourd’hui non seulement un voyage dans l’histoire mais aussi dans la littérature afin de voir comment la première se retrouve, sous des formes inattendues et parfois authentiques, dans ce qui pourrait nous apparaitre comme de pures inventions de la seconde.

 

Dans la galerie des œuvres impérissables, celles du XIXème siècle occupent une place incontournable : les succès de Zola, d’Hugo, de Dumas, de Balzac ou de Stendhal se traduisent par les innombrables adaptations cinématographiques de leurs œuvres qui touchent ainsi le plus grand nombre à travers le Septième art.

 

Certaines grandes œuvres littéraires françaises portent en effet en elles tant de romanesque, tant de tragédie, tant de puissance dramatique qu’elles fascinent des générations de lecteurs. Elles traversent les décennies, elles marquent les mémoires des collégiens, des lycéens, des étudiants et des potaches de tout poil qui ont sué et disserté dessus, qui les ont lues ou apprises par cœur, qui en ont commenté des passages entiers que, souvent, leur immaturité d’alors ne leur permettait pas tout d’abord de saisir pleinement mais dont ils se sont émerveillés plus tard.

 

Ainsi, en réfléchissant à l’écriture de ces lignes, ce matin, votre serviteur achevait « Le colonel Chabert » de Balzac et, en face, dans le RER, une jeune femme était absorbée dans « Le comte de Monte Cristo » de Dumas. Etonnante postérité d’œuvres qui, pour bien les comprendre, doivent pourtant être replacées dans leur contexte historique d’origine.

 

La lecture de ces œuvres nous transporte (mieux que le RER, du reste !) Bien. Mais derrière elles, quoi ? Soulevons un coin de page (forcément) et intéressons-nous à leur genèse, aux circonstances de leur création pour retrouver l’étincelle originelle qui a allumé le feu de la Création littéraire.

 

Remontons le passé et retrouvons-nous en 1844, dans la France du roi des Français Louis-Philippe (la « Monarchie de juillet ») : c’est cette année-là que Dumas fait paraitre le roman « Le comte de Monte Cristo ». Un roman de pure fiction ?

 

comtemontecristo.jpgLoin de là ! Les plus fidèles d’entre vous se souviennent que, il y a quelques années, cette chronique avait évoqué le terrible destin de François Picaud (emprisonné en 1807 sous l’Empire) : c’est cet infortuné jeune homme, ses amis et ses ennemis qui ont en réalité servi à Alexandre Dumas (1802 – 1870) (et à son, disons, « sous-traitant » Auguste Maquet) pour composer les tragiques personnages du formidable roman « Le comte de Monte Cristo » (1844).

 

Edmond Dantès, en effet, c’est François Picaud (et inversement) !

 

Dans cette anecdote, tirée d’un simple rapport de police lu par Maquet, toute l’essence du drame que nous connaissons bien est déjà contenue : l’innocence, la traîtrise des faux amis, la délation, l’argent, la jalousie, l’amour, la haine, l’injustice, la raison d’Etat, la solitude, le désespoir, la souffrance, le courage, la chance, la rencontre avec un ecclésiastique, l’argent, la vengeance, le doute, la folie et la mort. Tout y est. Oui, tout y est mais à l’état brut, dans un sordide et violent fait divers. Mais c’est tout le génie de Dumas (grâce aux trouvailles de son collaborateur Augguste Maquet) que de savoir transformer celui-ci, étoffer l’intrigue et composer les personnages nécessaires pour peindre une tragédie à la dimension sociale et individuelle éternelle.

 

Pour son roman « Le comte de Monte Cristo », Dumas reprend l’essentiel des tragiques tribulations de  l’authentique François Picaud (racontées de façon romancée par graham Robb dans Une histoire de Paris par ceux qui l'ont fait, Flammarion 2010). Il reprend notamment, quasiment sans modification, l’épisode (tellement incroyable qu’on le croit généralement de pure invention) où le héros parvient à jeter la honte sur l’un de ses ennemis en conduisant la fille de celui-ci à se fiancer à un homme qui, en réalité, est un ancien bagnard !

 

Mais Dumas effectue aussi des adaptations destinées aux besoins de son entreprise romanesque, en vue de la dramatiser :

-          Un emprisonnement de 14 ans pour Edmond Dantès (7 ans en réalité pour François Picaud)

-          La rencontre avec un pauvre prêtre, l’abbé Faria, pour Edmond Dantès, qui indique à celui-ci la localisation du trésor de princes italiens (c’est en fait un riche ecclésiastique, furieux que sa famille ne s’occupe pas de son sort, qui lègue sa fortune à François Picaud)

-          Une détention au château d’If, au large de Marseille pour Edmond Dantès alors qu’elle s’est déroulée au château de Fenestrelle pour François Picaud : un château situé aujourd’hui près de Turin, en territoire italien mais qui est à l’époque à l’intérieur des frontières françaises et utilisé par Napoléon Bonaparte pour emprisonner des opposants politiques).

 

Ces transpositions lui permettent de déguiser la vérité historique au bénéfice de ses convictions politiques.

 

Comte-de-Monte-Cristo.jpgAinsi, si le vrai François Picaud est victime de la police de Fouché et de l’arbitraire napoléonien (il est condamné en 1807), Edmond Dantès, le héros inventé, est, pour sa part, victime de la… police du roi Louis XVIII (frère de Louis XVI) au moment du retour de celui-ci consécutif à la première abdication de Napoléon 1er. Dumas stigmatise l’infamie de ce régime de Louis XVIII en montrant l’emprisonnement d’Edmond Dantés au château d’If en 1814 (son père étant soupçonné de Bonapartisme) : la contre-vérité historique est, là, particulièrement flagrante car c’est au contraire l’administration de Louis XVIII et la Restauration qui firent fermer cette prison politique, dès 1814, alors qu’elle avait abrité des prisonniers politiques ou religieux (souvent Protestants) dès sa construction (fin XVIème siècle) et jusque sous l’Empire !

 

Rien d’étonnant, en fait, à ce mensonge littéraire. Dumas est petit-fils d’esclave et son père, malgré son métissage, a été un glorieux général des armées de la République et a suivi le jeune général Bonaparte lors de sa conquête laborieuse de l’Egypte (1798). Et même si le général Dumas a quitté l’armée cette même année de 1798 en désaccord avec Bonaparte, son fils Alexandre ne peut que détester l’Ancien Régime, ses privilèges, ses nantis et ses injustices. Dumas, par héros interposé, règle les comptes de son enfance avec la société de son temps.

 

Quoiqu’il en soit, au-delà des libertés prises avec la vérité historique, Dumas offre à des générations de lecteurs émerveillés, une peinture poignante des turpitudes de l’âme humaine en plus d’un palpitant roman d’aventures exaltant l’âme bien trempée des partisans de l’Empire.

 

Remontons encore davantage le passé et retrouvons-nous cette fois le 22 juillet 1827, dans la France du roi Charles X (« la Restauration ») et, plus précisément, en Isère dans le petit village de Brangues. Tout y semble paisible ce dimanche. C’est d’ailleurs l’heure de la messe, à laquelle assiste la femme du maire, madame Michoud de la Tour. Plus précisément, c’est le moment dit de l’« élévation » : le prêtre présente aux fidèles le pain et le vin, symboles du corps du Christ. 

 

Dans le silence de cet instant de recueillement, un jeune homme (il a moins de 25 ans) du nom d’Antoine Berthet s’avance de derrière le pilier de l’église où il s’était caché. Personne ne s’attend à son geste : il sort un pistolet et fait feu sur la femme du maire, qui s’écroule. C’est la stupéfaction. Ce n’est pas tout : l’homme sort un second pistolet qu’il retourne contre lui en la plaçant sous son menton. Il tire de nouveau ! 

 

La victime, heureusement, quoique grièvement blessée, peut être sauvée. Quant à l’agresseur, il est maîtrisé car il a, également, de son côté, manqué son suicide. Il est transféré à la prison de Bourgoin puis de Grenoble, où va se tenir son procès d’assises, la fin du mois de décembre 1827.

 

Le compte-rendu du procès de ce fait divers va être relaté dans les quatre numéros, datés des 28, 29, 30 et 31 décembre 1827 de la Gazette des tribunaux. On y évoque les faits mais aussi les personnalités des accusés. Car ce drame n’est pas banal, loin de là, et les circonstances qui y ont conduit sont tout-à-fait passionnantes.

 

Elles retiennent, du reste, l’attention d’un lecteur assidu de ce journal judiciaire : un dénommé Marie-Henri Beyle. Beyle a alors 44 ans. C’est un ancien officier de l’armée de Bonaparte en Italie (1796), ancien commerçant-négociant et ancien haut-fonctionnaire de l’Empire. La Restauration de la monarchie survenue (depuis 1815), étiqueté comme « bonapartiste », Beyle a été écarté de l’administration royale de Charles X (lequel est le second frère de Louis XVI). Il vit alors de ses talents de plume par la publication d’essais, d’articles de journaux et s’est fait connaître, cette même année 1827, par un premier roman : Armance.

 

Il l’a publié sous le nom de plume qui va, plus tard, assurer sa gloire : Stendhal (prononcez : « Stan-dal » selon le vœu même de l’artiste).

 

Beyle-Stendhal se passionne pour le fait divers sanglant de Brangues. Il y a de quoi. L’accusé, Antoine Berthet est né en 1803. Il est dernier des fils du maréchal-ferrant du village de Brangues et, chez lui, le curé a, très tôt, discerné une vive intelligence. Il l’incite donc à entrer dans les ordres : c’est à l’époque une ascension sociale certaine. Le jeune Antoine Berthet (il a 16 ans) rejoint donc le petit séminaire de Grenoble en 1819. Il y reste 3 ans avant d’y tomber malade (avril 1822) et d’être alors envoyé en convalescence chez lui : une bonne occasion, en fait, pour le père supérieur du séminaire, de se débarrasser de ce séminariste à la vocation mal assurée et dont on découvre, dans ses affaires, qu’il cache (quelle horreur) quelques revues licencieuses…

 

Revenu dans son village à la mi-1822, Antoine Berthet, qui a maintenant de l’éducation, devient le précepteur (= le professeur particulier, à une époque où il n’existe aucune école publique obligatoire) des enfants du maire, monsieur Michoud de la Tour. Il a 19 ans et s’installe à demeure, découvrant l’ambiance ordonnée, propre et cossue d’une famille aisée de province : on le convie du reste cordialement à s’y intégrer. Ce qu’il fait. Un peu trop même car il apparaît que le jeune homme, à l’esprit échauffé, devient, au bout de quelques mois… l’amant de la maîtresse de maison ! Aucune plainte n’est déposée : les deux amants apparaissant parfaitement consentants. On imagine cependant mal que la situation puisse durer.

 

Berthet est finalement chassé de chez les Michoud en novembre 1823. Il tente alors de… revenir dans les ordres et entre au séminaire de Belley (Ain)… d’où il est à son tour exclu en 1825. Persévérant, il rejoint le grand séminaire de Grenoble où il n’a pas l’occasion de faire de vieux os : à la suite d’une confession à son supérieur l’abbé Brossard, il est à nouveau renvoyé au bout de quelques mois à peine !

 

Manifestement, le jeune homme n’est pas fait pour l’ascétisme et le renoncement, peut-être davantage pour l’enseignement ? En 1826, il trouve une place de précepteur (encore) chez le comte de Cordon, au château de la Barre (Ain). Il ne séduit pas là la femme du comte mais… sa fille Henriette ! Dans la France monarchique et puritaine (au moins en apparence) du XIXème siècle, on ne badine pas avec la bagatelle, même librement consentie, spécialement lorsque celle-ci s’accompagne de la transgression de la hiérarchie sociale (Berthet, rappelons-le, n’est pas un aristocrate). Pas question qu’il épouse la fille du comte. Et revoilà l’instable Berthet, de nouveau, chassé comme un malpropre (18 avril 1827) !

 

Il rebondit néanmoins en trouvant une place de… précepteur (ce qu’il sait le mieux faire, finalement !) chez Maître Trolliet, notaire à Morestel (Isère). Mais cet aboutissement reste décevant et Berthet reste insatisfait. Ses tentatives d’ascension sociale ont échoué. La religion n’a pas voulu de lui. Les femmes qu’il a séduites lui sont interdites. Il est condamné à demeurer dans sa condition d’origine : un fils de maréchal-ferrant, séminariste raté et précepteur médiocre. Il remâche sa rancœur, il rumine une vengeance.

 

Car il est persuadé que c’est son ancienne amante, la dame Michoud de la Tour, qui a intrigué pour provoquer son exclusion de chez le comte de Cordon. Il décide donc d’abattre celle qu’il a aimée avant de mettre fin à ses jours. L’attentat aura lieu le dimanche 22 juillet 1827, on l’a vu. Romantique et tragique à la fois, Berthet est un vrai héros du XIXème siècle.

 

Ce romantisme, le jury d’assises ne le goûte guère. Quoiqu’il n’y ait eu personne de tué, le verdict est sévère : c’est la peine capitale (pour laquelle, dans la France monarchique, on continue d’utiliser la guillotine républicaine). Le condamné ne sera pas gracié, il sera finalement exécuté le 23 février 1828 sur la place Grenette, à Grenoble.

 

Cette tragédie enthousiasme Stendhal qui retrouve là ses propres blessures d’enfance, sa propre détestation de l’atmosphère provinciale étriquée de la ville de Grenoble, sa haine de l’autoritarisme de son propre précepteur jésuite, ses propres humiliations, ses propres sentiments éconduits, ses propres émotions incomprises et piétinées. Il s’écrie (peut-être est-ce apocryphe ?) : « Berthet, c’est moi ! »

 

Le rouge et le noirEt il se met alors à écrire « Le rouge et le noir » : un roman qu’il situe à Verrières (bourgade inventée), dans la région de Besançon (où il n’est jamais allé). Le héros ?  Julien Sorel, fils de scieur de bois qui a grandi dans l’ambiance étouffante d’un petit village dirigé par un personnage mesquin et orgueilleux, Monsieur de Rênal. D’abord séduit par l’armée, où il ne peut entrer en raison de ses idées bonapartistes, Julien entre au séminaire avant de devenir précepteur des enfants Rênal et d’être séduit par le charme élégant de la maîtresse de maison, etc…

 

On le voit, Stendhal retouche peu les faits originels en même temps qu’il met beaucoup de lui-même dans le roman qu’il écrit. Il le publie en 1830, après deux ans d’écriture : elle lui offrira la gloire et restera son œuvre majeure.

 

Mais « Le rouge et le noir » n’est pas le seul roman inspiré de faits réels, loin de là.

 

La fiction, au final, est à peine éloignée de la réalité : c’est l’essence même de la littérature française du XIXème siècle. Nous allons encore le voir dans l’anecdote qui va suivre.

 

Il faut bien reconnaître, à cet égard, que l’épopée napoléonienne offre un cadre idéal pour les œuvres dramatiques, les passions tragiques et les aventures épiques, tant les nombreux batailles du général—consul —empereur des Français ont frappé les imaginations et les mémoires. Nul chef de guerre, dans l’histoire, n’a remporté autant de victoires sur les champs de bataille : plus de 30 en moins de 20 ans, la plupart du temps en situation d’infériorité numérique et grâce à des choix tactiques toujours audacieux ! La toponymie de Paris : rues, avenues, pont et places, s’en souvient encore !

 

Mais, au fait, quelle bataille allons-nous choisir pour poursuivre cette chronique ?

 

Forza Italia ! Avril 1796 : les victoires du jeune général Bonaparte en Italie à Montenotte et Mondovi contre les Sardes ? La double guerre-éclair se déroule si vite que nous n’avons pas le temps de nous y attarder.

 

Mai 1796 : la bataille de Lodi ? L’attaque sur le côté de l’armée autrichienne nous laisse nous-mêmes... sur le flanc. 

 

A Castiglione (aout 1796) ? Bonaparte nous surprend autant que l’ennemi autrichien qu’il attaque cette fois… par l’arrière.

 

Arcole (novembre 1796) ? Bonaparte fait (péniblement)... le pont mais désorganise l’ennemi par une manœuvre invraisemblable de bluff : envoyer des trompettes qui sonneront la charge (alors qu’il n’y a aucun soldat !) derrière les troupes autrichiennes dont la confusion précipite la retraite en désordre !

 

Janvier 1797 à Rivoli ? Bonaparte ne nous laisse pas plus le temps de... faire les magasins qu’il ne laisse de répit aux Autrichiens qu’il attaque… de nuit !

 

Nous ne nous ensablerons pas à Alexandrie face aux Mamelouks égyptiens (juillet 1798) ni au Caire, même si 40 siècles nous contemplent du haut des pyramides de Gizeh (juillet 1798)....

 

Quand aux batailles et victoires de 1799 contre les Turcs (pas assez forts...) au mont Thabor, elles préfigurent une occupation ultérieure de l’Egypte laborieuse, coûteuse et finalement infructueuse.

 

Nous passerons également sur la bataille de Marengo contre les Autrichiens (véritables veaux...) à la rni-juin 1800, bien que le jeune consul Bonaparte remporte là une victoire étriquée, d’extrême justesse sur les Autrichiens et grâce à la cavalerie de Kellermann et à l’artillerie de Marmont.

 

Que voyons-nous à Hohenlinden (décembre 1800) ? Rien. Bonaparte réédite là le coup de l’attaque de flanc avec les troupes du général Richepanse (pas du tout ventripotent, contrairement à ce que son nom indique).

 

Poursuivons. A l’est, quoi de nouveau ?

 

1805 : désormais « empereur » (depuis le 2 décembre 1804), Napoléon 1er se rue à la conquête de (l’Europe de) l’est. Les Autrichiens (encore eux !) sont submergés à Elchingen et partent s’enfermer sans espoir de secours dans la ville d’Ulm. Là, Napoléon obtient leur reddition et économise ses forces. « Ulm » est une victoire normale, un cas d’école (forcément supérieure…)

 

bonaparte.jpgA Austerlitz, en décembre 1805, les Russes et les Austro-allemands tombent dans le piège où Napoléon, aidé d’une brume épaisse, manœuvre vivement pour affaiblir collectivement leurs lignes avant de les écraser individuellement. C’est si techniquement parfait que cela ne retiendra pas l’attention de cette chronique.

 

A Iéna, dix mois plus tard (octobre 1806), il n’y a aucun pont à franchir et un ennemi de 30 % inférieur en nombre. Dans un épais brouillard, l’armée prussienne commet des erreurs de placement et se fait hacher menu-menu.

 

Napoléon a maintenant une ambition : foncer sur Varsovie, capitale de l’ancien royaume de Pologne et y installer son armée pour passer l’hiver, en attendant le dégel du printemps pour régler leur compte aux Russes. C’est là que le drame militaire puis littéraire va se nouer.

 

Les Russes laissent les Français entrer librement dans Varsovie (26 novembre 1806) puis ils les laissent franchir la Vistule (Varsovie est construite au sud de ce fleuve). C’est sur la rive nord que les combats ont lieu pour le contrôle du plateau stratégique de Czarnowo. Malgré des combats indécis, les Français finissent par le conquérir. Les Russes (fin décembre 1806) décident alors de rebrousser chemin vers le nord pour se regrouper à Königsberg (aujourd’hui Kaliningrad, enclave russe coincée entre la Pologne et le Lituanie), dos à la mer Baltique, afin d’y livrer une bataille de grande ampleur.

 

Janvier 1807 : Napoléon fait lever en France des troupes complémentaires à hauteur de 60 000 hommes et part à la poursuite des Russes. Il veut les prendre de vitesse, leur couper la route avant qu’elles ne s’enferment dans Königsberg.. Peine perdue. Les choses se gâtent, s’embourbent, s’engluent. Napoléon le dit lui-même : « Dieu, outre l’eau, l’air, la terre et le feu, a créé un cinquième élément : la boue » dans laquelle soldats, chevaux, carrioles et canons s’enfoncent sans relâche jusqu’aux genoux, jusqu’aux essieux.

 

Le grand spécialiste de l’Empire, Jean Tulard, le déplore dans son livre « Napoléon » : « Le théâtre des opérations n’est adapté ni à son génie, ni aux conditions de vie et de manœuvres de la Grande Armée. De surcroît, en se retirant, l’armée russe brûle tout, ce qui provoque des difficultés d’approvisionnement. En revanche, l’armée russe, nombreuse et tenace, opére sur un terrain et dans des conditions climatiques qui lui conviennent à merveille. A la guerre-éclair (pour la Grande Armée, NdA), succédait l’enlisement dans la boue, les difficultés d’approvisionnement, le froid et la pluie et, à l’arrière, les attaques isolées des partisans prussiens ».

 

Plus vite aura lieu l’affrontement décisif et mieux ce sera. Les troupes françaises s’efforcent de rejoindre, à marche forcée, les Russes qui reculent encore et toujours. Napoléon va, sans attendre, provoquer l’affrontement à une trentaine kilomètres de Königsberg, à Eylau (aujourd’hui Bragationovsk).

 

Nous sommes maintenant le 7 février 1807. Les premiers engagements ont lieu entre l’avant-garde française de Soult et de Murat et les Russes. Napoléon arrive à la nuit tombée. Il dispose de 50 000 hommes. En face, les Russes sont au complet et alignent entre 60 et 65 000 hommes, auxquels se joignent environ 5 000 Prussiens. Napoléon croyait avoir l’avantage, il est au contraire en situation d’infériorité.

 

L’affrontement décisif entre la Grande Armée et les troupes russo-prussiennes a lieu le 8 février 1807, près du petit village d’Eylau (aujourd’hui Bragationovsk). Il fait un froid de gueux, la neige empêche toute visibilité et limite les manœuvres.

 

Après deux heures d’un duel d’artillerie fracassant, les maréchaux Davout et Augereau engagent le combat. Mais dans la tempête, les 15 000 hommes des troupes d’Augereau n’arrivent plus à s’orienter et se retrouvent par mégarde de flanc par rapport aux artilleurs russes. Les Français se font alors massacrer sans pouvoir résister : c’est un véritable bain de sang qui se déroule sous les yeux de Napoléon, installé en hauteur dans le cimetière d’Eylau. Pour sauver Augereau, Napoléon envoie les 80 escadrons de cavalerie de Murat qui s’élance et, d’une charge formidable, fend les troupes russes, manque de se faire encercler, revient sur ses pas et parvient à échapper de justesse à l’étau russe, au prix de pertes françaises importantes.

 

Eylau batailleLa situation semble basculer : car les Russes concentrent maintenant leur offensive c’est précisément vers le village en hauteur, où se trouve Napoléon ! Ils se ruent à l’assaut sous la direction du général Somov. En face, les Français sont désorganisés et affaiblis. Tout est perdu ?

 

Pas encore. Napoléon fait donner « la Garde » : cette troupe d’élite qui compte alors environ 20 000 hommes et est commandée par les généraux Dahlmann (tué) puis Lepic. La Garde engage alors un furieux corps-à-corps, à la baïonnette avec la colonne russe qui monte vers elle. Dans cette mêlée titanesque, dans cette lutte âpre, dans le froid, dans la tempête, dans la neige, dans la boue, dans le vent, dans le sang, on se bat, on s’égorge, on s’éventre, on s’étripe à l’arme blanche.

 

Les Français se déchaînent avec l’énergie du désespoir. Ils parviennent à endiguer l’assaut des Russes qui s’épuisent, piétinent, qui ne peuvent plus avancer mais ne veulent pas reculer. Les Français, de leur côté, n’ont pas assez de ressort pour les mettre en déroute. Toute la journée, sur les cadavres déjà à terre, parmi les chevaux éventrés, on continue à se poignarder, à se tuer, à s’achever. Les hommes sont épuisés, blessés, en sang, agonisants. La nuit tombe.

 

Les troupes du maréchal Ney arrivent enfin (Ney n’avait pas progressé aussi vite que Napoléon vers Eylau et ce dernier, imprudemment, ne l’avait pas attendu pour engager le combat). Cet apport inespéré fait la différence. Les Français ont maintenant l’avantage du nombre.

 

Il fait nuit maintenant et les Russes abandonnent le terrain. Ils se retirent en bon ordre et la nuit couvre leur retraite. Ils abandonnent 25 000 morts. Du côté français, le bilan est lourd aussi : de l’ordre de 18 000 morts, un chiffre auquel il faut ajouter les blessés, estropiés, agonisants. Napoléon inspecte le champ de bataille durant les journées qui suivent, où l’on creuse d’innombrables fosses communes où l’on jette les morts. Il a beau lâcher qu’« une nuit de Paris réparera tout cela »  Eylau a été un carnage : une « victoire à la Pyrrhus » où les vainqueurs ont perdu quasiment autant de forces que les vaincus.

 

Percy, le chirurgien de la Grande Armée, consigne ainsi ses impressions : « Jamais tant de cadavres n’avaient couvert un si petit espace. (…) Les cadavres étaient amoncelés partout où il y avait quelques bouquets de sapins. (…) Des milliers de fusils, de bonnets, de cuirasses étaient répandus sur la route ou dans les champs. (…° Des chevaux estropiés, mais vivants, attendaient que la faim vint tomber à leur tour sur ces monceaux de morts »

 

Eylau NapoleonEylau est une « victoire » chèrement payée et même le bulletin officiel de la Grande Armée, qui relate avec exaltation les campagnes des troupes napoléoniennes fait preuve de beaucoup de retenue et de modération. En fait, si Eylau est une bataille assez oubliée du grand public aujourd’hui, l’énormité des pertes subies frappe l’opinion publique de l’époque. Eylau devient synonyme de massacre de grande ampleur, de morts de masse pour un faible gain. Le moral est entamé : la Grande Armée panse ses plaies. Napoléon va attendre le retour des beaux jours pour repartir de l’avant vers l’est avec, le 14 juin 1807, la victoire de Friedland.

 

Si je me suis longuement arrêté sur la bataille d’Eylau, c’est qu’un écrivain va exploiter le choc de cette tragédie collective... Après Stendhal (et « Le rouge et le noir » 1830) et Alexandre Dumas (« Le comte de Monte Cristo » 1844) nous allons nous intéresser à un troisième « monstre sacré » de la littérature française du XIXème siècle : Honoré Balzac (sa famille s’adjoignit motu proprio une particule à laquelle son origine roturière ne lui donna jamais aucun droit, mais qui est resté dans l’histoire !)

 

Retrouvons-nous en 1832, soit vingt-cinq ans après la bataille d’Eylau. A cette date, Balzac a 33 ans. Il s’est lancé, depuis deux à trois ans, dans une intense production littéraire qui sera plus tard rassemblée au sein d’un vaste ensemble dont il ne trouvera le nom qu’en 1841 : La comédie humaine. En 1832, ce forçat de la littérature, ce « galérien de plume et d’encre » (comme il le dit lui-même) publie une œuvre originale : "Le colonel Chabert".

 

Résumons-la rapidement. L’histoire commence en 1816 où un drôle de personnage arrive à l’étude de Maître Derville, avoué à Paris. Un « vieux soldat sec et maigre (…), le visage pâle et livide, en lame de couteau (…), le cou serré par une mauvaise cravate de soie noire (…) les rides blanches, les sinuosités froides, le sentiment décoloré de cette physionomie cadavéreuse (…) qui s’accordait avec une certaine expression de démence triste, son crâne horriblement mutilé par une cicatrice transversale qui prenait à l’occiput et venait mourir à l’œil droit ».

 

« Monsieur, lui dit Derville, à qui ai-je l’honneur de parler ?

- Au colonel Chabert

- Lequel ?

- Celui qui est mort à Eylau, répondit le vieillard »

 

Tout est là. (Presque) tout est dit. Mais Chabert parle. Et son récit est plus frappant encore. « (…) Je commandais un régiment de cavalerie à Eylau. J’ai été pour beaucoup dans la célèbre charge que fit Murat et qui décida le gain de la bataille (…) Nous fendîmes en deux les trois lignes russes qui, s’étant aussitôt reformées, nous obligèrent à les retraverser en sens contraire. Au moment où nous revenions vers l’Empereur, (…) deux officiers russes (…) m’attaquèrent à la fois (…) L’un d’eux m’appliqua sur la tête un coup de sabre qui (…) m’ouvrit profondément le crâne (…) Ma mort fut annoncée à l’Empereur (…) »

 

Chabert pense que la blessure l’a mis en catalepsie. « [Je fus, dit-il], suivant l’usage de la guerre, dépouillé de mes vêtements et jeté dans la fosse aux soldats (…) Lorsque je revins à moi, j’étais dans une position, monsieur et dans une atmosphère dont je ne vous donnerais pas une idée en vous entretenant jusqu’à demain. Le peu d’air que je respirais était méphitique (…) Je compris que j’allais mourir. Je crus entendre (…) des gémissements poussés par le monde de cadavres au milieu duquel je gisais.(…) En furetant avec promptitude, car il ne fallait pas traîner là, je rencontrais fort heureusement un bras qui ne tenait à rien (…) Avec une rage que vous devez concevoir, je me mis à travailler les cadavres qui me séparaient de la couche de terre (…) J’y allais ferme, monsieur, car me voici ! »

 

Frappé à la tête, inconscient, comme mort, Chabert a pourtant survécu. Pourquoi ? [C’est que] mon cheval avait reçu un boulet dans le flanc au moment où je fus blessé moi-même (…) J’avais sans doute été couvert par le corps de mon cheval qui m’empêcha d’être écrasé par les chevaux ou atteint par les boulets. »

 

Soigné mais réduit à mendier pour vivre, Chabert a parcouru l’Europe à pied pour revenir à Paris. Il entend retrouver son identité, son titre (il est comte d’Empire), ses décorations, ses biens, tout, quoi. Mais comment faire, puisqu’il est officiellement mort, puisqu’il n’a ni argent ni papier d’identité, que sa femme s’est remariée et ne veut pas le recevoir et qu’il est, lui-même, méconnaissable, même pour les rares anciens grognards qu’il parvient à retrouver ? « Après avoir été enterré sous les morts, je suis enterré sous les vivants ! » s’exclame-t-il avant de se lamenter : « Les morts ont bien tort de revenir » puis de s’écrier : « J’irai au pied de la colonne Vendôme [faite avec le métal des canons pris à Austerlitz], je crierai « je suis le colonel Chabert qui a enfoncé le grand carré des Russes à Eylau » et le bronze, lui, me reconnaîtra ! »

 

Quelle histoire incroyable. Je vous engage à relire ces lignes merveilleuses et, si vous ne l’avez pas déjà fait, je ne vous livre pas la fin de ce poignant récit.

 

A l’analyse, Balzac prend quelque liberté avec la vérité historique : ce n’est pas la charge de Murat, au matin du 8 février qui donne la victoire aux Français : c’est celle de Ney, en fin d’après-midi… Mais bon. L’essentiel est ailleurs. Balzac nous livre là un récit d’une originalité et d’un tragique à peine imaginables. On s’étonne devant tant d’inventivité littéraire. A moins que…

 

A moins que Balzac n’ait eu (on l’ignore) vent d’une histoire, réelle celle-là, survenue à un certain Louis-Victor Baillot lors de la bataille d’Austerlitz et qui présente bien des similitudes troublantes. Cette histoire nous est narrée sur le site http://www.histoire-empire.org/articles/baillot.htm, sur la base d’un article de Jean-Pierre Bibet paru en 1998 à la Librairie des Deux Empires.

 

Louis Victor Baillot est né à Percey, le 9 Avril 1793. En juillet 1812, il est incorporé au 3e bataillon de la 105ème demi-brigade d’infanterie de ligne. Il a alors 19 ans. Au bout de 2 ans et plusieurs batailles, il revient en France (13 août 1814) où il est démobilisé (Louis XVIII, frère de Louis XVI, est monté sur le trône tandis que Napoléon est en exil à l’île d’Elbe). Avec le retour de Napoléon de l’île d’Elbe (les « Cent Jours »), il est rappelé sous les drapeaux en avril 1815. Il est alors réintégré dans le 105e régiment d’infanterie de ligne et part pour la Belgique. Le 18 juin 1815, il est à Waterloo.

 

Baillot Louis VictorCe matin-là, à 11 h 30, depuis son observatoire de Rossomme, Napoléon commande l’ouverture du feu. La France affronte une coalition anglo-hollando-prussienne commandée par Wellington et Blücher. Le 105ème, où combat Louis-Victor Baillot, enlève à la baïonnette une position tenue par les anglais mais est surpris par des fantassins écossais puis, bientôt, assailli par les dragons gris écossais (à cheval) des troupes de Wellington. La charge écossaise fauche les rangs français et Louis-Victor Baillot (comme le colonel Chabert) reçoit un violent coup de sabre sur la tête. De façon providentielle, il est sauvé par… sa gamelle qu’il a posée sur son crâne, sous la coiffure de son uniforme. S’il échappe miraculeusement à la mort, blessé d’une large plaie, inconscient et ensanglanté,  il est laissé pour mort sur le champ de bataille, comme le colonel Chabert.

 

Le lendemain du désastre de Waterloo, Baillot est ramassé par les Anglais et emmené en captivité sur les sinistres pontons flottants de Plymouth. Il va être libéré 1 an et demi plus tard, à la fin de 1816. Débarquant à Boulogne-sur-Mer, il rejoint Auxerre (dans l’Yonne) à pied. Comme le colonel Chabert, Baillot, défiguré et amaigri, n’est pas reconnu par ses proches, qui ont cru à sa mort. Il est chassé par son père et refoulé par sa mère et son frère, effrayés de voir surgir un revenant. Il doit revenir, insister encore longtemps pour convaincre les siens, incrédules et inquiets, qu’il est bien vivant.

 

Il se fixera finalement à Carisey, dans l’Yonne, où il terminera sa vie, les habitants ayant l’habitude de ce personnage pittoresque et émouvant, décoré de la Légion d’Honneur (évidemment) et « médaillé de Sainte-Hélène » qui faisait des moulinets avec sa canne (comme le colonel Chabert, à la fin du roman de Balzac…) Louis-Victor Baillot mourra à Carisey le 3 février 1898,  à l’âge respectable et rare pour l’époque de 104 ans.

 

On ignore si Balzac s’inspira de cette étonnante anecdote mais, personnellement, je ne jurerais pas du contraire. La réalité donne souvent de ces idées aux romanciers...

 

Bonne journée à tous et à toutes.            

 

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Samedi 1 décembre 2007 6 01 /12 /Déc /2007 00:01

Amusez-vous avec des mots croisés relatifs à la IIème république (1848 - 1852) et au coup d'état de Louis-Napoléon Bonaparte (1851) !

Pour vous aider, lisez d'abord la chronique qui suit : toutes les réponses s'y trouvent...


Et pour avoir les solutions complètes : cliquez ici !

1
(Horizontal) C'est le prénom de Madame Bovary
1  (Vertical) Ce régime succéda à celui du Directoire en 1799
2 (Horizontal) Depuis 1958, c'est la "Vème"
3 (Horizontal) Ces insurrections chassèrent Louis-Philippe du trône en février 1848
4 (Horizontal) Vive protestation
5 (Horizontal) Elles sont trois et furent peintes par Delacroix dans son tableau "La liberté guidant le peuple"
6 (Horizontal) Louis-Napoléon Bonaparte s'évada du fort de Ham en 1846 sous ce faux nom
7 (Horizontal) En octobre 1805, Napoléon 1er y battit les Autrichiens et s'ouvrit la route de Vienne
8 (Horizontal) Pour mater les révoltes, la troupe n'hésite pas à le faire
9 (Horizontal) Victor Hugo y est exilé à partir de 1852
10 (Horizontal) Condamné à l'issue des insurrections de 1848 que l'on enverra en Algérie
11 (Horizontal) Fin de combat
12 (Horizontal) Leur fermeture conduira aux insurrections des journées de juin 1848
13 (Horizontal) L'état-major français, mal préparé, en manquera lors de l'offensive prussienne de 1870
14 (Horizontal) En tant que Saint-Cyrien, le général Cavaignac la porte au côté
15 (Horizontal) S'il devait ne rester qu'un poète, ce serait celui-là…
16 (Horizontal) Droit refusé aux femmes et aux militaires jusqu'en 1944
17 (Horizontal) Celle de Jersey sera le lieu d'exil de Victor Hugo à partir de 1852
18 (Vertical) Le demi-frère adultérin de Louis-Napoléon Bonaparte en est duc
19 (Vertical) Louis-Napoléon Bonaparte en voulut l'extinction dans son ouvrage rédigé en prison
20 (Vertical) "Objets inanimés, avez-vous donc une âme ?" s'interroge ce poète
21 (Vertical) Il a su mourir pour 25 francs
22 (Vertical) Pas dur
23 (Vertical) On y expédia les condamnés de 1848 et de 1852 afin de coloniser le pays
24 (Vertical) Journées de 1848 particulièrement agitées
25 (Vertical) Médisance
26 (Vertical) On la construit, on y combat, on y meurt, on la prend
27 (Vertical) Son voyage en Amérique le conduisit à écrire un livre y traitant de la démocratie
28 (Horizontal) Type de poésie aux accents lyriques particulièrement prisé de Victor Hugo
29 (Horizontal) Le XIXème siècle en avait deux, lors de la naissance de Victor Hugo

 

Mots-croises-historiques.JPG 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Mardi 20 novembre 2007 2 20 /11 /Nov /2007 00:01

Voici les solutions des mots croisés relatifs à la chronique qui traite de la Deuxième république (1848 - 1851).

Mais je suis sûr que vous les avez déjà tous trouvées.

 Mots-croises-historiques-soluce.JPG

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Lundi 29 janvier 2007 1 29 /01 /Jan /2007 00:02

Chèr(e)s ami(e)s et abonné(e)s de la Plume et du Rouleau,

 

Il n’est pas encore trop tard, alors : BONNE ANNEE 2007 !

Vos élucubrations historico-culturelles mensuelles ne pouvaient manquer de saluer l’ouverture de cette 2007ème année de l’ère chrétienne par cette formule de vœux mille fois répétée à vos oreilles : formule très convenue. Convenons-en…

Et pourtant ! Derrière ce simple chiffre, « 2007 », se cachent en réalité bien des calculs et, pour tout dire, bien des mystères. Histoire, religion, mathématiques et astronomie vont se mêler étroitement dans cette nouvelle chronique de la Plume et du Rouleau dont la légèreté du ton autant que le souci de vulgarisation ne devraient pas nuire, espérons-le, à la rigueur du fond du propos. Qu’est-ce qu’un calendrier ? Comment les diverses civilisations ont-elles comptabilisé le temps et à partir de quoi ? Avec quelles erreurs, quelles approximations et quels choix ? Nous allons le voir.

Partons d’une constatation simple : faire de l’histoire nécessite de maîtriser la chronologie des évènements pour bien en saisir les enchaînements immédiats et la portée ultérieure. Mais qui dit « chronologie » (Chronos : le temps ; Logos : la science) implique :

- Un point de départ pour la comptabilisation de ce temps

- Le découpage du temps en une succession de périodes

Et, mine rien, tout cela ne va pas être simple. Pas simple mais passionnant.

 
Dans les civilisations antiques, le polythéisme et la mythologie en vigueur ne permettent pas de décider d’un point de départ spécifique. En Chine, en Egypte, à Babylone, à Athènes, on délimite chaque période en fonction du règne du dirigeant du moment. Il est d’usage d’écrire alors dans les actes officiels : « durant la ….ème année du règne (ou de la magistrature) de untel ». Ensuite : aux historiens de se débrouiller pour reconstituer la chronologie pour savoir ce qui s’est passé et quand !
 
Si ce système va perdurer assez longuement, les monothéismes vont progressivement changer la donne.
 
Sous l’empire romain, (à partir de la mise en place par Jules César du calendrier « Julien » en « - 46 », que nous allons découvrir un peu plus loin), on utilisait divers systèmes de numérotation des années du calendrier : soit celui-ci commençait à l' « ab urbe condita » (date supposée de la fondation de Rome) soit il commençait à l'année de règne du souverain en fonction. Dioclétien, par exemple (empereur de 284 ap. JC à 305 ap. JC), a institué l' « anno Diocletiani » numérotant à partir du commencement de son propre règne (rien que cela !).
 
Judaïsme, Chritianisme puis Islam, par leur nature même de religion « révélée » vont définitivement abolir ces « calendriers en morceaux » pour les remplacer par une mesure du temps prenant un événement particulier comme point de départ.
 
Mais quel évènement ?
 
Le JUDAISME a fixé comme point officiel de début de son calendrier le 1er jour de la création du monde par le Tout-Puissant. Au sens du calendrier hébreu, le 1er Tishri (premier jour du premier mois) de l'an 1 correspond au dimanche 6 septembre 3761 av. JC (c’est précis) du calendrier grégorien actuel. C’est ce dimanche-là que Dieu dit « Que la lumière soit ! ».
  
Et la lumière fut.
 
Reprenant ce système bien pratique (dans son principe), les deux autres grands monothéismes dérivés du Judaïsme (le Christianisme et l’Islam) vont également appliquer ce principe, mais avec, forcément, des points de départ différents
 
Ainsi le CALENDRIER MUSULMAN adopte-t-il comme « jour 1 de l’an 1 » le premier jour de l’ « Hégire » : (de l’arabe « هجرة » : exil, rupture, séparation). L’hégire est la journée où Mahomet et ses premiers compagnons se sont enfuis de la Mecque vers le nord et l’oasis de Yathrib (qui prendra plus tard le nom de Médine). Dans les faits, ce nouveau calendrier est mis en place 10 ans seulement après l’événement en question.
 
Considérée depuis le calendrier chrétien, cette date de l’Hégire est celle du « 16 juillet 622 ». Mais « 622 » après quoi ?
 
Mais, me direz-vous, quelle question ! « 2007 après quoi ? 622 après quoi ? » Après la naissance du Christ, bien sûr !
 
Pas si sûr…
 
Voyons donc comment le CALENDRIER CHRETIEN, de son côté, s’est construit.
 
Dans les premiers temps du christianisme, il ne vient à aucun chrétien l’idée de créer un calendrier en comptabilisant les jours à partir de la naissance de Jésus. Les premiers chrétiens n’ont aucunement l’intention de bouleverser la société dans laquelle ils vivent. Ils n’en ont d’ailleurs pas les moyens : ultra-minoritaires, confinés dans l’est de l’empire romain, ralliant au départ des classes sociales plutôt peu favorisées, les Chrétiens subissent rapidement des persécutions violentes de la part du pouvoir impérial romain. Pour eux, avant de changer la société, il faut d’abord survivre, éviter les rafles, les tortures, les décapitations et la fosse aux lions (sainte Blandine en 177)… En 250 par exemple, l’empereur Dèce rend le culte impérial obligatoire et persécute ainsi les chrétiens qui refusent, naturellement, de procéder aux sacrifices rituels. Pour eux, la seule incarnation divine n’est pas l’empereur mais, évidemment, le Christ.
 
 
Mais la décadence progressive de l’empire romain conjugué à la forte pénétration du christianisme parmi les classes favorisées de la société romaine vont permettre au Christianisme de s’imposer. En 310, l’empereur Constantin 1er se convertit et devient chrétien. De facto, Constantin 1er abandonne la nature divine de sa fonction d’empereur (à laquelle, au vrai, plus personne ne croyait depuis belle lurette). Dans une situation où l’autorité et la crédibilité de la puissance publique est en plein affaiblissement, cette conversion est pour Constantin un acte politique éminemment utile. Constantin 1er s’assure en effet l’appui d’une religion qui encadre l’essentiel des habitants de l’empire romain et a bâti un maillage serré et hiérarchisé de la société.

En 313,
une nouvelle étape est franchie : la religion chrétienne devient religion d’état (Edit de Milan). Pour les Chrétiens et leur évêque (= leur chef, qui est à Rome et qu’on n’appelle pas encore le « Pape »), la victoire devient officielle : le polythéisme appartient désormais au passé et est rejeté dans la catégorie des mythes.

Pour le Christianisme, c’est alors le début d’un important travail de cohésion interne et de peaufinage théorique. Dans les années qui suivent, on tranche les questions théologiques à l’aide de conciles qui permettent de fixer une « ligne théologique », d’affirmer clairement les dogmes de la religion, de nommer les cadres de l’Eglise, d’écarter les « hérésies » (doctrines, écoles de pensées chrétiennes spécifiques). Ainsi en 325 à Nicée (aujourd’hui Iznik, en Turquie) et sur convocation de Constantin, un concile de 318 « Pères de l’Eglise » affirme (notamment) à l’issue de débats complexes, vigoureux et plein d’érudition :

- l’existence de la « Sainte Trinité » (le Père, le Fils et le Saint-Esprit)
- la double nature, humaine et divine, de Jésus
- et rejette la tendance dite de l’arianisme


Le concile de Nicée prend aussi des mesures plus concrètes en fixant la date de Pâques : « Pâques est le dimanche qui suit le 14ème jour de la lune qui a atteint cet âge au 21 mars ou immédiatement après ». On appelle cela la « règle alexandrine », laquelle sera difficile, nous le verrons, à respecter sur le long terme en raison des incohérences entre le calendrier théorique et la mécanique céleste réelle.

En 392, l’empereur Théodose interdit officiellement les cultes païens. C’est le coup de grâce. Puis le temps passe et l’empire romain s’écroule définitivement : 476, c’est le début du Moyen Age.

Les barbares déferlent sans retenue sur l’Europe. Certains s’allient à ce qui reste des troupes gallo-romaines pour repousser les Huns (451)à Châlon-sur-Marne et se sédentarisent. Parmi eux : les Francs, un peuple d’agriculteurs. Dans cette situation de grande confusion et, disons-le, d’anarchie permanente, la structure de l’église chrétienne reste la seule à maintenir une forme de continuité dans l’organisation de la société. Pouvoir politique ou pas, invasion, guerres ou coups d’état entre chefs de tribus, les villages restent toujours des « paroisses », reliées entre elles par des liens de hiérarchie (prêtres, curés, évêques…) que l’on pourrait qualifier de « supra-étatique », s’il y avait eu encore un état digne de ce nom à l’époque.

Pour Clovis, roi des Francs (481 – 511), cette stabilité est tentante. Cet homme de guerre est un païen mais son épouse, Clotilde, est chrétienne. Par ailleurs, l’Eglise considère que les Francs « saliens » dont il est le chef sont le mieux à mêmes d’assurer la protection de la religion : ses représentants locaux tels que Rémi (évêque de Reims) ou Vaast (évêque de d’Arras) se livrent donc à de nombreuses ouvertures diplomatiques en direction du chef franc. En 496, Clovis se convertit (« Brûle ce que tu as adoré, adore ce que tu as brûlé » lui dit Rémi). Il est sacré en la cathédrale de Reims : la monarchie française a scellé un pacte avec l’église chrétienne. Il va durer 1 500 ans.

Si Clovis a su construire un empire, ses successeurs (les « rois fainéants », stigmatisés dans l’école de République d’autrefois) le laisseront tomber en déréliction. Le christianisme, pendant ce temps, s’enracine définitivement dans la société. Nous en voulons pour cela une preuve concrète : la mise en place d’un calendrier chrétien. Car, grosso modo, jusqu’au milieu du VIème siècle, on compte toujours en année « Dioclétienne » (c’est-à-dire après l’avènement de l’empereur romain Dioclétien : soit 284 ap. JC).

Nous sommes de retour dans le sujet.

Car c’est là qu’intervient un personnage du nom de Dionysus Exiguus (Denys « le petit » – intellectuellement, s’entend -) : un surnom que l’intéressé a choisi lui-même par humilité alors qu’en réalité c’est un religieux fort érudit. D’origine arménienne et né vers 470 en Scythie mineure (entre le nord-est de la Bulgarie et le sud-est de la Roumanie), Denys arrive à Rome vers 500 et devient abbé d’un monastère. Il rédige des traductions d’ouvrages des Pères de l’Eglise et acquiert une solide réputation suite à ses travaux sur la discipline ecclésiastique et la… chronologie.

Aux alentours de 525 (on n’est pas fixé sur ce point), le pape Jean 1er (pontife de 523 à 526) décide de se pencher sur le comput. Qu’est ce que le « comput » ? Le comput n’est pas une vulgarité, non môssieur... C’est le calcul du temps pour fixer le calendrier ecclésiastique à venir et ses spécialistes sont les « computistes ». En effet, alors que, sur le papier, la date annuelle de la fête de Pâques a été clairement fixée lors du Concile de Nicée en 325 (on l’a vu), Pâques est en réalité célébrée à des dates différentes suivant les régions du monde chrétien !

Parce qu’en Orient, pour fixer la date de Pâques, on effectue un calcul extrêmement complexe des « cycles lunaires » partant du postulat que la nouvelle Lune revient à la même date calendaire tous les 19 ans. On y mêle aussi le « nombre d’or » et le « cycle solaire »… Pas simple. Tandis qu’en Occident, on postule un « cycle lunaire » non pas de 19 ans mais de 84 ans. Le résultat final, des deux côtés, est de toutes façons loin d’être incontestable…

Bref : au bout du compte, on est incapable de décompter correctement le temps qui passe pour célébrer les fêtes de la liturgie en même temps. D’autant plus que, à cette époque (près de cent soixante ans après la chute de l’empire romain), on compte toujours les années à partir du début du règne de Dioclétien (284) : un empereur notoirement connu pour la répression qu’il exerça contre les Chrétiens !

Franchement : une telle anarchie est-elle acceptable pour une religion sérieuse ? Non ! Jean 1er veut donc harmoniser tout cela.

Jean 1er demande donc à Denys le Petit de
se saisir de la question du comput (le calcul du calendrier religieux) avec une mission claire : définir la date de naissance de Jésus et le nombre d’année écoulées depuis celle-ci afin de pouvoir bâtir un nouveau calendrier très chrétien. Denys le Petit se lance donc dans des calculs à rebours, très complexes, de l’ensemble des cycles solaires et s’adjoint les travaux d’autres computistes et historiens antiques.

D’emblée, Denys comprend que personne ne sait vraiment combien d’années se sont écoulées depuis la naissance du Christ. Il doit donc attaquer la question sous un autre angle et trouver des informations pertinentes pour recouper les indices.

Denys le Petit est un chrétien, un clerc et, donc, va décider de s’appuyer largement sur les informations fournies par les évangiles. Cela semble tout naturel lorsqu’il s’agit de la vie du Christ et dans la mesure où les sources romaines sont inexistantes. Mais quels évangiles ? Parlons-en un peu.

Précisons que le terme d’« évangile » est issue du grec « evangellion » : la « bonne nouvelle ». Il y en a deux sortes : les « canoniques » (ils sont quatre) et les « apocryphes » (quelques dizaines).
 

Les quatre évangiles, que vous connaissez, sont des textes diffusant une doctrine sans souci véritable d’historicité. Le but des apôtres est en effet de convertir le maximum de fidèles à la nouvelle foi et non de relater les faits avec un souci d’exactitude digne d’historiens. La forme actuelle de ces évangiles, du reste, résulte d’un long travail de résumé, d’élagage et parfois de rajouts tardifs de la part des autorités religieuses au cours des premiers siècles afin de fixer la forme et la composition définitive de la doctrine officielle : le « canon ». Loin d’être des textes uniques écrits chacun par un personnage particulier, les évangiles sont une compilation des traditions orales, rapportées par de multiples sources par ailleurs rarement contemporaines de la vie du Christ. L’attribution de tel évangile à tel personnage est donc purement fictive : rédigés en grec à l’origine, ils datent d’époques différentes.


L’exégèse considère ainsi que « L’évangile de Marc » a été rédigé avant 70 (on suppose 65) car il ne mentionne pas la destruction du Temple de Jérusalem par les Romains (qui a eu lieu précisément, en 70) : c’est le plus ancien. « L’évangile de Luc » semble avoir été rédigé après 70 : c’est dans celui-ci qu’abondent les évènements surnaturels : les apparitions d’anges et les miracles. « Matthieu » était (contrairement aux deux précédents) un des disciples originels de Jésus. On pense que son évangile fut rédigé par un juif converti vers 80 ou 90 car c’est celui qui place le plus largement l’enseignement de Jésus dans la continuité de l’Ancien Testament. « L’évangile de Matthieu » est le seul évangile qui évoque l’étoile qui aurait guidé les mages, une étoile dont la célébrité va être immense. Quant à « Jean », c’est un évangile original : il ignore nombre d’épisodes relatés par les autres évangélistes mais en évoque d’autres, inédits, tel les noces de Cana ou la résurrection de Lazare. Il date, dans sa forme définitive, probablement des alentours de 120.

Nombre d’auteurs, anonymes ou usant de pseudonymes, ont également rédigé et diffusé d’autres textes concernant Jésus, sa vie, son ministère et sa doctrine, à des dates souvent postérieures mais parfois proches de celles des quatre évangiles officiels. On les appelle péjorativement les évangiles « apocryphes » car l’Eglise considère qu’ils sont « faux » du point de vue théologique. On peut citer, parmi la longue liste que laissa saint Epiphane (315 - 403) : l’« évangile de Matthias », de « Pierre », de « Philippe » et les divers « évangiles de l’enfance » (« protévangile » de Jacques », « évangile de Nicodème », appelé aussi « Actes de Pilate », « histoire de Joseph le Charpentier », « évangile de Thomas » qui conte notamment comment le petit Jésus ridiculise le maître d’école par son savoir ou change des oiseaux d’argile en oiseaux véritables pour amuser ses camarades).

Objectivement, l’extravagance de certains de ces récits n’est pas plus absurde que les épisodes « officiels » où Jésus ressuscite Lazare ou bien change l’eau en vin. Par ailleurs, compte tenu de leur âge, il est fort possible que ces évangiles contiennent également d’authentiques paroles de Jésus, oubliées. En tout état de cause, ces évangiles apocryphes nous renseignent sur l’état d’esprit de la société de l’époque et imprègnent la mémoire collective chrétienne puisque nous leur devons :

- la présence du bœuf et de l'âne auprès de Jésus nouveau-né
- o
u encore les noms des trois « rois-mages »...

C’est pourquoi, longtemps laissés de côté, les évangiles apocryphes ont récemment fait l’objet d’études sérieuses, y compris par les hommes d’Eglise eux-mêmes.

C’est en l'an 364, au « concile de Laodicée » que, parmi tous ces évangiles, quatre seulement (Marc, Luc, Matthieu, Jean) furent « canonisés » tandis que tous les autres évangiles étaient déclarés « apocryphes, faux, hérétiques ou non authentiques ». 

L
es épîtres attribuées à Paul furent canonisées en l'an 397 au concile de Carthage, comme les Actes des Apôtres et l’Apocalypse de Jean. En 495, le pape Gélase 1er rendit un décret condamnant définitivement les livres dit « non authentiques » et interdit leur lecture. Le corpus théologique était abouti.

Rien d’étonnant, dans ces conditions, que Denys le Petit se restreigne aux seuls évangiles « canoniques » : cela ne va pourtant pas pour autant lui simplifier la vie, loin de là. Résumons ses travaux et les faiblesses de ses conclusions.

Denys se fonde sur les deux seuls évangiles qui évoquent la naissance du Christ : celui de Luc et celui de Matthieu (les autres n’en parlent pas)
. « Luc » indique que Jésus commença à prêcher à « environ trente ans » (Lc III, 23), « en l’an quinze du principat de Tibère César », « quand Ponce Pilate était gouverneur de Judée » et « Hérode trétarque de Galilée ». Denys fait alors un calcul simple (en apparence) : au sens du calendrier « romain » en vigueur à l’époque du Christ, le monde était en « 782 » après la fondation de Rome (une fondation d'ailleurs elle-même mythique !) 

782 – 30 = 752 : la fondation de Rome a donc eu lieu en – 752 av. JC. Et Jésus est donc né en 752 du calendrier romain. Le tour est joué !

Or, dès le début, tout fout le camp : nous allons voir cela ci-après.

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Lundi 29 janvier 2007 1 29 /01 /Jan /2007 00:01

Or, dès le début, tout fout le camp car « Luc » précise également que, au moment de la naissance de Jésus, Hérode était vivant. C’est aussi ce qu’indique « Matthieu » (Mt VIII, 27-28). Or, chronologiquement, Hérode, lui, est mort en… 748 (soit en – 4 de l’ère chrétienne) : Jésus serait donc né plus de 4 ans avant la date officielle fixée par Denys le Petit et qui a donné naissance à notre calendrier actuel…

 

Mais prenons comme hypothèse que le calendrier romain était inexact et que Denys se soit emmêlé le comput (ce qui est très plausible) tandis que les évangélistes, eux, aient relaté la vérité. Continuons à lire les textes sacrés.

 

« Luc » précise encore que, à cette époque :
- un dénommé « Quirinius était gouverneur de Syrie »
- Jésus est né à l’époque d’un « recensement ordonné par César » dans la « 37ème
année de la victoire d’Auguste sur Antoine à Actium » (Lc, Actes)

 

Or Quirinus fut effectivement gouverneur de Syrie mais… en 3 AVANT JC. Ce n’est que lors de sa deuxième affectation en Syrie, en 6 APRES JC, qu’il recensa la population.

 

Patatras !

 

Ces incohérences évangéliques ont conduit des bataillons d’exégètes, de linguistes (car les évangiles sont écrits en grec ancien, ont été moult fois recopiés et peuvent donner lieu à diverses interprétations), de biblistes, d’historiens et de clercs à tenter résoudre ces contradictions et à se poser une question simple à la réponse complexe : Jésus est-il finalement né AVANT ou APRES... lui-même ? Et, au final, quand est-il né, en – 4 ? en 0 ? en + 6 ? ou à un autre moment encore ?

 

Cette problématique, peu connue des fidèles, l’est très bien de tous les hommes d’église. Les futurs prêtres étudient la question lors de leurs études au séminaire (pour le cas où des lecteurs de la Plume et du Rouleau viendraient à leur poser la question…).

 

La conclusion de tant d’années de travaux ? Elle nous est donnée par nombre d’auteurs profanes tels Michel Tardieu (professeur au collège de France et spécialiste de l’histoire des religions) : « La vérité consiste à dire qu’on n’en sait rien » (L’Histoire, mars 1995). Supputations linguistiques, torsion des faits, calculs astronomiques (pour trouver une conjonction d’astre, une supernova ou une comète censée être l’étoile des rois-mages mentionnée par Matthieu)… Rien n’y fait : le mystère de la datation exacte de la naissance de Jésus Christ reste entier.

 

Quoiqu’il en soit, Denys le Petit parvient néanmoins à convaincre tout le monde autour de lui que l’on se trouve en 525 après l’incarnation de Jésus Christ « Anno Domini nostri Jesu Christi » et que Rome avait été fondé en « moins 752 ». Comme personne ne semble en mesure de lui démontrer le contraire, c’est la date qu’on retient. On la retient encore aujourd’hui, lorsque nous nous souhaitons « bonne année 2007 » !

 

Incontestablement fondateur, le calcul de Denys va pourtant avoir une postérité inégale.

 

D’abord parce que l’habitude de compter les ans à partir de l’année de la naissance du Christ ne va s’enraciner que très lentement : à l’époque Carolingienne, l’on compte en effet les années depuis l’avènement de Charlemagne (800) et il faut attendre les environs de l’an Mil pour que l’on abandonne ce système pour reprendre le système de Denys le Petit : cinq siècles plus tard, donc !

 

Ensuite parce que la seule chose dont on est sûr et qui fait l’objet d’un consensus unanime de la part des computistes, astronomes, religieux et physiciens : c’est que Denys le Petit a fait une erreur de calcul. En clair : nous sommes en fait passés à l’an 2000 dès au moins 1996 !

 

Alors bonne année 2007… « 2007 » après quoi ? Personne, en réalité, n’en sait RIEN !

 

Bien. Mais une fois que nous avons vu l’approximation qui règne en maîtresse à propos de la datation des évènements, observons comment les diverses civilisations se sont organisées pour comptabiliser l’écoulement du temps, le découper en tranche, bref : créer un calendrier.

 

Depuis longtemps, les hommes se sont aperçus que l’aspect du ciel variait insensiblement chaque jour (et chaque nuit) mais que, globalement, cet aspect revenait sous la même configuration à intervalles réguliers. On prit donc assez tôt l’habitude de comptabiliser les périodes de temps sur la base d’observations célestes.

 

Certaines civilisations choisirent donc d’adopter un calendrier « lunaire» tandis que d’autres choisirent un calendrier « solaire ». L’objectif était, à chaque fois, de définir une « année », c’est-à-dire un cycle complet de célébrations religieuses.

 

Le principe du calendrier lunaire est simple : l’« année » est définie comme un certain nombre de révolutions (= tours complets) opérées par la Lune autour de la Terre. A chaque « nouvelle lune » correspond un nouveau mois. Au bout d’un certain nombre de mois, on a une année ! Simple, non ?

 

C’est le cas du CALENDRIER MUSULMAN : son année est composée de façon fixe de 12 « mois lunaires ». Comme les mois lunaires (les rotations de la Lune autour de la Terre) sont plus courts que les mois du calendrier solaire (le temps total de rotation de la Terre autour du soleil divisé par 12, en l’espèce), l’« année lunaire » est donc plus courte que l’ « année solaire » : de 11 jours terrestres en l’espèce. L’« année lunaire » est donc en décalage permanent et croissant (de lune, ah ! ah !..) avec l’« année solaire ».

 

Tout le monde suit ? Alors continuons...

 

Techniquement, chaque mois musulman démarre donc au premier croissant de Lune visible à partir de la nouvelle Lune. Or, fatalement, selon l’endroit de la Terre d’où est effectuée l’observation, le premier croissant est différent, visible ou pas. Le mois musulman ne démarre donc pas, en pratique, au même moment à Djakarta (Indonésie) et à Rabat (Maroc) : les autorités musulmanes doivent donc se coordonner pour décider du début officiel de telle ou telle fête. Globalement, disons que le système fonctionne plutôt bien.

 

Ce principe « lunaire » est également celui du CALENDRIER HINDOU.

 

Le CALENDRIER JUDAÏQUE est également, à la base, un calendrier lunaire. Mais, plus élaboré, il se fonde tout à la fois sur les mouvements de la Lune et sur les saisons de la Terre : il est dit « luni-solaire ».

 

Attention, ça se complique…

 

Dans l’Antiquité, des témoins oculaires désignés par les rabbins de Jérusalem scrutaient la Lune. Quand ils annonçaient la « nouvelle Lune », le Sanhédrin (tribunal rabbinique et autorité religieuse suprême) décrétait alors officiellement le début du nouveau mois. L'information était alors propagée aux cités voisines, et de proche en proche, à toute l'étendue du peuple juif (par téléphone arabe, ah ! ah !…)

 

Toutefois, compte tenu des décalages entre « année lunaire » et « année solaire » que nous avons vus, il se pouvait que la dérive calendaire fît que l’on arrive au mois appelé « Nissan » sans que, dans les champs, les signes du printemps ne soient visibles… Or, ce mois est censé être toujours au printemps puisqu’on y observe la fête de Pessah, qui célèbre la sortie des Hébreux d’Egypte : c’est obligatoire !

 

Que faire alors, mmh ?

 

Malins, les astronomes et religieux juifs trouvèrent très tôt une solution au problème : un mois supplémentaire et factice (« intercalaire ») fut alors inséré pour rétablir l’équilibre global du calendrier annuel : le rythme lunaire, grâce à ce stratagème, rejoignait ainsi le rythme solaire. Depuis lors, l’année juive compte de temps à autre, exceptionnellement, 13 mois au lieu de 12.

 

Cette année supplémentaire (et gratuite !) est dite « embolismique ». Mais qu’en est-il des calendriers chinois ou occidentaux ?

 

La soif de connaissance vous taraude.

 

De même que le visiteur (la visiteuse surtout) de la Grande Muraille acquiert la bravitude, le CALENDRIER CHINOIS est caractérisé, lui, par une doublitude... Il est lunaire pour ce qui est de son utilisation astrologique (le "Zi Wei Dou Shu") mais il est solaire pour ce qui est de son utilisation courante. Le « Nouvel An chinois » est, à cet égard, situé le 4 février de chaque année « grégorienne » (nous verrons de quoi il s’agit un peu plus loin).

Les Chinois et les Européens n’ont, à cet égard, pas choisi la facilité car le principe du calendrier solaire est plus compliqué à mettre en œuvre. L’année solaire est en effet définie en fonction du nombre de rotations terrestres (c’est-à-dire de jours) nécessaires pour que la Terre, (qui tourne en même temps autour du soleil), se retrouve à la même place dans le ciel par rapport au Soleil.

 

Et ça n’a rien de simple car la Terre ne se retrouve pas à cette même place au bout de 365 rotations sur elle-même ! Au bout de 365 jours, il lui faut en réalité encore 5 heures puis encore 48 minutes et encore enfin 45,26 (c’est précis) secondes pour se retrouver à la place qui permet d’affirmer qu’elle a fait une « révolution » complète autour du Soleil (on appelle cet endroit « l’équinoxe vernal ») !

 

Et encore, l’année « tropique » (solaire) se raccourcit-elle de 0,53 seconde par siècle tandis que le jour terrestre, lui, s’allonge de 1,65 milliseconde par siècle !…

 

Comment, dans ces conditions, trouver un système permettant de diviser en parts égales exactes une année solaire ? On n’est pas sorti de l’auberge, reconnaissons-le.

 

Chinois et Européens (spécialement les Romains), à leur tour, utilisent donc depuis longtemps la technique consistant à ajouter une période de temps supplémentaire pour que le compte tombe (à peu près) rond. Mais contrairement aux Juifs, ce n’est pas un mois lunaire qu’ils utilisent : forcément, puisqu’ils ont choisi une division en mois « solaires ». Ils rajoutent çà et là un jour. Mais où et quand ?

 

Hérité des grecs, le CALENDRIER dit « ROMAIN », en vigueur depuis « – 715 » est, depuis ce temps-là une vraie usine à gaz : il a été réformé plusieurs fois au fil des siècles, comptant, suivant les époques, 304, 305, 355, 377 et jusqu’à 385 jours par an !… Il compte également des mois intercalaires de longueurs différentes en fonction à la fois des années bissextiles et de la durée des mandats politiques romains !

 

Sur les conseils de son astronome grec Sosigène d’Alexandrie, Jules César, empereur à l’époque, décide (en « 46 av. JC » si l’on peut dire) de choisir un système rigide : une année doit compter 365 jours de 24 heures, elles-mêmes divisées en 60 minutes de 60 secondes. Cette année est divisée par ailleurs en 12 mois, des mois qui doivent compter un nombre fixe de jours. César aime les choses claires, simples et de bon goût.

 

On rajoute alors 90 jours d’un coup pour remettre les compteurs à zéro (on appelle cela « l’année de la confusion »).

 

On décide en même temps que l’année commencera le 1er mars.

 

Et parce que la Terre tourne autour du Soleil en 365,24219 jours, on prévoit d’ajouter 1 jour tous les 4 ans à l’avenir.

Pour finir, on appelle cela le CALENDRIER « JULIEN » car César (à gauche), objectivement, a quand même bien bossé sur ce coup-là !

 

Le système va-t-il fonctionner ? Pas tout à fait car le premier des jours « intercalaires » ne va en effet pas être rajouté au bout de 4 ans mais au bout de… 3 ans. Jules César, un garçon pourtant ordonné dans sa tête, n’y pourra rien : il aura été assassiné entre temps (- 44 av. JC). C’est alors son successeur et fils adoptif Octave, devenu empereur sous le nom d’Auguste, qui va remédier à l’excédent de jours intercalaires accumulés après 36 ans d’erreurs en les supprimant progressivement. Cette énième remise en ordre va intervenir entre – 9 et – 3 av. JC.

 

En raison de la contribution (significative) de Jules César et d'Auguste à la remise à plat de leur calendrier, les Romains vont, par la suite, baptiser deux mois du nom de chacun d'eux : le cinquième et le sixième mois de l’année (laquelle commence en mars, comme on l’a dit). « Quintilis », va devenir le mois de « Julius » en – 38 et « Sextilis », va devenir le mois d’ « Augustus » en 8 ap. JC. Et pour que les deux grands hommes soient sur un pied d’égalité, leurs mois comporteront tous deux le nombre de jours maximal : 31 !

 

Le Christianisme va reprendre à son compte le « calendrier julien » (de Jules César, vu précédemment) en y incorporant les fêtes de la liturgie…  Nous avons vu précédemment avec quelle imprécision le calendrier chrétien s’est mis en place. Une fois fixé, vers 525, grâce aux « travaux » de Denys le Petit, la comptabilisation du temps va-t-elle en être améliorée pour autant ? Rien n’est moins sûr car le calendrier julien comporte des inexactitudes consécutives aux méconnaissances astronomiques de son époque qui vont grandement perturber, à long terme, sa validité.

 

Répétons-le : le concept d’« année » est lié à la liturgie. Il s’agit de fixer une période de temps rythmée par un ensemble de fêtes et de célébrations religieuses. Or, dans le royaume de France, la comptabilisation du temps est, là encore, complètement anarchique. Jusqu’à 1564, la date du 1er jour de l’an n’est pas la même partout dans le royaume : elle se situe par exemple à Noël (Lyon), ailleurs le 1er mars, ou le 25 mars (Vienne ) ou à Pâques ailleurs encore. 

 

En 1564, le roi de France Charles IX, par l’ « édit de Roussillon » (un patelin de l’Isère) décide d’abord d’uniformiser la date de départ de l’année : l’année débutera officiellement le 1er janvier.

Bon début. Mais les problèmes sont loin d’être réglés…

 

Revenons à date de Pâques : fixée en 325 et sur laquelle Denys le Petit avait de nouveau travaillé deux siècles plus tard, elle est calée sur l’équinoxe de printemps. Pour la liturgie chrétienne, il est donc indispensable que la date du 21 mars tombe avec certitude le jour exact de l’équinoxe de printemps afin d’empêcher le dérive du dimanche de Pâques vers l’hiver (c’est même décidé lors du Concile de Nicée de 325). Or, les approximations du calendrier julien, au fil des siècles, commencent à sauter aux yeux. Les alertes d’astronomes et de mathématiciens se multiplient : en 1582, la dérive entre le premier jour du printemps (21 mars) et l’équinoxe est de plus de 10 jours !

 

En 1582, inquiet, le pape Grégoire XIII se saisit donc du problème avec pour ambition (lui aussi) de remettre les pendules à l’heure. A l’heure de la Chrétienté, évidemment.

 

Pour l’avenir, Grégoire XIII décide de retirer trois jours bissextiles (donc trois « 29 février ») tous les quatre siècles. Ainsi, ne seront pas bissextiles les années qui seront multiples de 100 sans être multiples de 400. Exemple  : si les années 1600 et 2000 seront bissextiles, ce ne sera pas le cas de 1700, 1800 et 1900. De même, 2100, 2200, 2300 seront « communes » (= non bissextiles) alors que 2400 sera au contraire bissextile (on a le temps de s’y préparer d’ici là…)

 

Pour l’année 1582 en cours, Grégoire XIII décide d’un rattrapage radical : on va passer directement du jeudi 4 octobre 1582 au… vendredi 15 octobre 1582 ! Paf !

 

Mise en œuvre, cette réforme va être adoptée progressivement. Le Portugal, l'Espagne et les états pontificaux d’Italie suivent les conseils du pape en octobre 1582 tandis que la France effectue ce rattrapage en décembre. Il faudra 2 ans pour que les colonies espagnoles d’Amérique du Sud s’y rallient. L’Ecosse s’y mettra seulement en 1600, le Royaume-Uni en 1752, le Japon en 1873, la Russie en 1918, la Grèce en 1924…

 

Aujourd’hui, ainsi qu’en témoignent les innombrables fêtes du Nouvel An à travers la planète, quasiment tous les pays qu’ils soient chrétiens ou non ont officiellement adopté le calendrier grégorien, quitte pour certains à le faire coexister avec un autre calendrier afin de préserver le rythme des fêtes religieuses locales, comme au Maghreb et au Proche-Orient. Seuls 5 pays résistent encore et toujours au calendrier grégorien : l’Arabie Saoudite, l’Iran, le Pakistan, l’Ethiopie et le Vietnam.

 

La réforme grégorienne doit être gardée en mémoire car sa mise en place continue de nous perturber encore aujourd’hui :

 

Les dictons populaires tels que « A la sainte Luce, les jours rallongent du saut d’une puce » sont bien souvent antérieurs à cette réforme : la sainte Luce est aujourd’hui située le 13 décembre (dans le calendrier grégorien) et non plus le 22 décembre (comme autrefois dans le calendrier julien), qui est la date de l’équinoxe d’hiver à partir duquel l’ensoleillement s’accroît de nouveau… Bon alors, on les plante quand nos tulipes ?

 

Sainte Thérèse d’Avila est morte dans la nuit du… 4 au 15 octobre 1582 : quelle date pour célébrer sa fête ?

 

Les révolutionnaires de 1789 (Floréal, Nivôse, Pluviose…), les penseurs positivistes français du XVIIIème siècle, la Société des Nations et l’ONU ont tous réfléchi à des calendriers perpétuels et universels. :Aucune réforme n’a jamais pu aboutir, notamment en raison des pressions américaines, les yankees étant farouchement attachés à l’observance d’un calendrier religieux.

 

Le calendrier grégorien n’est, logiquement, pas utilisé de façon rétroactive. Les apprentis-historiens que nous sommes utilisent donc toujours (sans le savoir vraiment) le calendrier julien pour les dates des évènements survenues antérieurement à 1582 : trop fort !

 

Quant à la révolution russe d’Octobre 1918, elle est en « octobre » au sens du calendrier julien mais ses dates se situent en… novembre au sens du calendrier grégorien ! Pas étonnant que le niveau des apprentis bachelier d’aujourd’hui nécessite de les noter sur 26 : pas facile de passer son Bac avec de pareils chausse-trapes, non ?

 

Bonne journée à toutes et à tous .

La Plume et le Rouleau © 2008

Par La Plume et le Rouleau - Publié dans : Littérature & divers
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