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LA PLUME ET LE ROULEAU

LA PLUME ET LE ROULEAU

200 chroniques éclairent le Présent à la lumière de l'Histoire


1963 : KENNEDY, controverse pour un assassinat (1)

Publié par La Plume et le Rouleau sur 3 Janvier 2005, 11:21am

Catégories : #Histoires extraordinaires & énigmes

Le badaud Abraham Zapruder filme e, direct l'assassinat du président JF Kennedy (1961)

Cher(e)s Ami(e)s et abonné(e)s des chroniques de la Plume et du Rouleau,
 
Puisse l'année 2005 vous être favorable afin de rester l’esprit en éveil face au matraquage du prêt-à-penser de cette civilisation où le média est roi. Les chroniques de la Plume et du Rouleau entendent bien pour leur part, continuer à respecter la devise qui était celle de Conan Doyle : « plaire et instruire »… Rappelez-vous…
 
Y a-t-il encore de VRAIES  énigmes ? Pas si sûr…! Le sujet que nous allons évoquer aujourd’hui constitue l’un des épisodes les plus chargés d’émotion de l’histoire du XXème siècle. Mais comment aborder, confirmer, contredire, synthétiser même, l’énorme masse de données, de faits, de chiffres, d’analyses, de questions légitimes et d’hypothèses farfelues, de témoignages honnêtes et d’affirmations contradictoires, de thèses sans preuve, d’informations minutieuses, de désinformation habile, de fausses révélations, de vrais mensonges, de dissimulation supposée, de rapports objectifs, de propagande manifeste, d’articles scandaleux, de reportages chocs et de films pseudo-historiques sur le sujet ? Ce sera l’ambition de la chronique de ce jour. Un simple article de plus ajouté au millier de livres parus à ce jour sur le sujet sans compter, par an, au moins deux à trois nouveaux ouvrages censés contenir d’improbables « révélations » ? Voire... Pour découvrir le sujet d’aujourd’hui, commençons pas remonter le fil du temps.
 
Nous voici dans la prison de la ville de Dallas, Etats-Unis d’Amérique. Nous sommes le 3 janvier 1967 (il y a 38 ans aujourd’hui) et un des prisonniers, un assassin condamné à mort le 14 mars 1964 vient d’y décéder des suites d’un cancer fulgurant. Il était là en raison d’un forfait commis deux ans plus tôt mais, son jugement ayant été cassé pour vice de formes, il était en attente d’être rejugé, Il s’appelait Jacob Léon Rubinstein. Aux Etats-Unis, on aime les surnoms et, pour tout le monde, Jacob était Jack et Jack était « Ruby ».

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Qui est Jack « Ruby » et pourquoi a-t-il aujourd’hui les honneurs posthumes de cette chronique ?

Jack Ruby a commencé sa carrière de truand à Chicago avant de la poursuivre à Dallas où à la fin des années 50, il gère plusieurs boîtes de nuit, un réseau de prostitution et trafique de la drogue et des machines à sous. Il est, comme l’on dit, « bien connu des services de police » et, à vrai dire, n’est guère inquiété par une maréchaussée qui préfère fermer les yeux sur ses activités mais utiliser en contrepartie ses talents d’indicateur. La police le connaît donc bien et Ruby fréquente assidûment le commissariat de Dallas où il entre et sort sans problème. Ruby n’est pas un truand de haute volée, c’est plutôt un caïd local qui fréquente, sans appartenir à l’Organisation, des mafieux de plus grande envergure, tels Santos Trafficante. Celui-ci est un membre cubain de la Mafia que, malheureusement pour Ruby, Castro fait jeter en prison pour mieux asseoir son pouvoir sur l’île (les castristes ont chassé le dictateur Batista en 1959). Ruby sert alors de « courrier » entre Miami et La Havane à plusieurs reprises.

L’homme n’est donc ni un play-boy ni une brute épaisse. Pourtant, il n’est pas si banal que cela : il est en effet celui qui a été condamné pour l’assassinat, survenu le dimanche 24 novembre 1963 à 11 h 21, de… Lee Harvey Oswald, l’homme qui avait lui-même tué le président John Fitzgerald Kennedy (« JFK ») l’avant-veille.

A ce stade, je crois qu’un bref rappel des faits s’impose. Voici la chronologie des faits qui vont s’enchaîner à une vitesse effarante.

Ce vendredi 22 novembre 1963, le président John Fitzgerald Kennedy atterrit en compagnie de son épouse à Dallas pour une visite au gouverneur Connally. Le temps est radieux et le couple présidentielle emprunte une limousine découverte afin de saluer la foule en liesse.

A 12 h 30, venant de Houston Street et après un crochet à 120° vers la gauche, la voiture s’engage dans Elm Street, une rue qui part de Dealey Plazza : des coups de feu claquent. Le président et le gouverneur sont blessés. Après quelques secondes de confusion (scène terrible où Jacqueline Kennedy, après le coup de feu qui frappe son mari à la tête tente de s’échapper de la voiture tandis que le garde du corps Clinton Hill, situé derrière la voiture, lui tend la main et tente de se rétablir sur le marche-pied), le véhicule file vers le Parkland Memorial Hospital.
Quand la foule comprend que des coups de feu ont été tirés, c’est la panique. On regarde alentour et des mouvements portent les badauds vers le "Grassy Knoll" (talus situé le long de la rue et face à la voiture tandis que, immédiatement, un policier pénètre au rez-de-chaussée (« 1er étage » pour les Américains) du Dépôt des Livres Scolaires du Texas : un bâtiment situé sur la place ; derrière la voiture et d’où il croit avoir vu partir les coups de feu. Il croise un des employés, Lee Harvey Oswald, qui termine son horaire et rentre chez lui. Il n’a aucune raison de l’arrêter. Oswald prend l’autobus et rentre chez lui.
Un quart d’heure plus tard, la police diffuse le signalement d’un suspect sur la base d’un témoin oculaire qui situait les tirs depuis une fenêtre du Dépôt. Au 5ème étage, on découvre un fusil à lunettes de marque Mannlicher-Carcano, trois douilles vides, des cartons disposés en affût.
A 13 H, le président Kennedy est déclaré mort. Le gouverneur Connally, légèrement touché, est toujours sur la table d’opération. Au même moment, Oswald arrive chez lui puis en repart très vite.
 
A 13 H 15, l’agent de police Tippit, muni du signalement, effectue un contrôle auprès d’un suspect qu’il vient de croiser. L’homme l’abat de cinq balles à bout portant avant de s’enfuir dans la rue. Des témoins donnent l’alarme. Le signalement de l’homme correspond à celui du suspect de Dealey Plazza dont le signalement est diffusé. Pour la police, l’un et l’autre homme ne font qu’un.
 
A 13 H 45, un témoin signale à la police que le suspect est entré dans le Texas Theatre (cinéma de la ville). La police investit la salle de cinéma et, après une brève lutte où l’homme tente d’utiliser une arme, maîtrise le suspect : il s’agit de… Lee Harvey Oswald, l’employé du Dépôt des livres scolaires. Celui-ci a une brève phrase : « Eh bien, tout est fini… »
 
Une perquisition immédiate à son domicile permet de découvrir des photos et des preuves qui indiquent qu’il est bien le propriétaire du fusil Mannlicher-Carcano retrouvé sur Dealey Plazza : une arme achetée par correspondance au nom de Hidel et livrée à une adresse postale souscrite par Oswald lui-même.

Ses collègues affirment l’avoir vu apporter le matin même un long paquet de papier dont on retrouve les feuilles au Dépôt des livres. Oswald est transféré au Commissariat de Dallas.
 
A 14 H 38, Lyndon Baines Johnson prête serment à bord de l’avion présidentiel : il devient le 36ème président des Etats-Unis.
 
Un peu après minuit, samedi 23 novembre 1963, Oswald est présenté à la presse puis officiellement inculpé. Il nie tout. « I’m just a patsy ! » dit-il (= un « pigeon », ce qui signifie, en américain, un bouc émissaire, une victime expiatoire, une colombe sacrifiée).
 
La journée du samedi se passe en interrogatoires. Oswald n’a pas d’avocat mais il s’entretient à plusieurs reprises avec sa femme et son frère.
Kennedy-Ruby-Oswald.jpg
Dimanche 24 novembre 1963, à 9 H 30, Oswald est extrait de sa cellule pour un nouvel interrogatoire. On décide de le transférer dans la prison du comté pour des raisons de sécurité. Son départ est prévu pour 11 H 15 et est plusieurs fois repoussé. Il est filmé par la télévision en direct. Enfin, à 11 H 21, Oswald s’avance, encadré de deux policiers tandis que les flash des photographes crépitent. Un homme sort alors de la foule et, à bout portant, tire sur Oswald. Il s’agit de Jack Ruby. Il est immédiatement arrêté. Il affirme avoir voulu venger Kennedy et voulu éviter à sa veuve un procès pénible. Ce sera sa seule version et il n’en changera jamais.
 
Touché à l’abdomen, Oswald est transporté au Parkland Memorial Hospital (comme Kennedy la veille).
 
A 13 H 07, Oswald est déclaré mort.
 
Trois meurtres (dont un président), deux jours : une affaire d’état qui commence !
 
« J F K » ! Trois initiales tout à la fois mythiques et largement démythifiées. Qu’est-ce qui n’a pas été dit sur le 35ème président des Etats-Unis, son image publique éclatante et sa face cachée scandaleuse, son marketing politique et sa « Nouvelle Frontière » mais son bilan politique décevant, sa femme d’origine française, son image d’américain idéal, bon père et bon mari mais aussi sa vie dissolue, ses maîtresses, le népotisme de sa famille corrompue et richissime, ses liens avec la Mafia ? Qu’est-ce qui n’a pas été écrit sur son assassinat, le 22 novembre 1963 sur Dealey Plazza à Dallas, sur son assassin présumé, Lee Harvey Oswald, et sur le meurtrier de celui-ci, Jack Ruby ?
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Jetons d’abord un coup d’œil sur Oswald, un personnage lui-même en forme d’énigme. Il a 24 ans au moment du crime. D’une famille divorcée (c’est rare à l’époque), il quitte tôt les études et, à 17 ans, s’engage dans les Marines où il est affecté comme radariste sur une base japonaise. Il y développe des idées marxistes et apprend le russe. Ses camarades de chambrée surnomment « Oswaldkovitch » ce féru d’idéologie de gauche, mythomane et exalté.
 
En 1959, démobilisé, il part pour l’URSS : il pense que l’égalitarisme du pays lui donnera toutes ses chances (le rêve soviétique, quoi !). Il renonce à la nationalité américaine et demande, sans succès, à devenir soviétique. Il ne parvient qu’à obtenir un poste d’ouvrier dans une usine de poste de radio à Minsk. Il épouse Marina Prusakova et ils ont ensemble une petite fille. L’oncle de Marina est colonel dans le MVD (services secrets de l’Armée Rouge) : Oswald devient-il un agent dormant des Soviétiques ? Cette thèse, souvent évoquée, n’a jamais été démontrée.
 
En 1962, déçu, Oswald revient aux Etats-Unis avec femme et enfant et recouvre sa nationalité. Il est « débriefé » par la CIA ? Est-il « retourné » par les Américains ou devient-il un agent double ? Là aussi, il n’existe aucune preuve d’une telle évolution.
 
Oswald, instable, se sépare alors de sa femme qui part habiter chez une amie, en banlieue de Dallas. Oswald fréquente alors la pègre locale, notamment par l’intermédiaire de son oncle et garde des contacts étroits avec la CIA. Parallèlement, il affiche des opinions pro-castristes en fondant un comité de soutien (« Fair-play for Cuba ») dont le siège (544 Camp Street) est situé dans un immeuble qui, on ne le découvrira qu’en 1976, est situé dans les locaux du détective privé Guy Banister, ancien du FBI !…Il distribue des tracts activistes et, suite à une bagarre de rue, est même invité à la télévision locale pour défendre ses opinions. Le 10 avril 1963, il tente sans succès d’assassiner le général Edwin Walker, sympathisant des mouvements d’extrême-droite américains. Croirait-on qu’Oswald est un activiste gauchiste ? Cela n’est pas si simple car Oswald fréquente aussi les milieux… anti-castristes, tels David Ferrie, ancien militaire ayant participé au débarquement manqué de la Baie des Cochons (1961). Manipulé, manipulateur ? Oswald est en tout cas inclassable. Les spéculations sur son compte commencent à abonder
 
Dès le lendemain du 24 novembre 1963, les deux assemblées du Congrès (Sénat et Chambre des Représentants) américain envisagent de créer une commission parlementaire sur cet assassinat qui choque l’Amérique et consterne le monde. Pour couper court aux rumeurs, le nouveau président Lyndon Johnson décide de prendre les devants. Il confie à Earl Warren (« Chief Justice » de la Cour Suprême) le soin de présider un groupe de 6 personnes chargées de faire toute la lumière sur l’événement. La « Commission Warren » comprend 2 sénateurs, 2 représentants (= députés, parmi lesquels Gerald Ford, qui sera président en 1974 en remplacement de Nixon, démissionnaire), Allen Dulles (ancien directeur de la CIA) et John MacCoy (un banquier anciennement haut fonctionnaire). Les 7 hommes se mettent donc au travail en s’entourant eux-mêmes de nombreux adjoints. Ils s’attellent à un véritable travail de romain : pendant 10 mois, ils interrogent plus de 500 témoins (environ 200 présents sur les lieux du drame) mais aussi Jack Ruby lui-même, des agents de la CIA, du FBI, des Services Secrets, de la police de Dallas et les proches d’Oswald et de Ruby. La femme d’Oswald, Marina, est notamment longuement interrogée : elle se montrera convaincue de la culpabilité de son mari. Au contraire du frère d’Oswald, Robert Lee, enclin à croire à son innocence. La Commission écoute des médecins légistes, des experts en balistique, en textile et font intervenir des tireurs d’élite qui refont les gestes présumés d’Oswald. Ils visionnent sans relâche les 250 images du film 8 mm d’Abraham Zapruder : une par une, chaque scène est analysée, scrutée, grossie.
 Kennedy-assassinat-2.jpg
Au terme de 10 longs mois d’enquête, la Commission Warren rend, le 24 septembre 1964, ses conclusions dans un volumineux rapport de 888 pages agrémentés de 26 volumes d’annexes ! On peut les résumer simplement en reprenant les termes mêmes du document :
  • Le 22 novembre 1963, Lee Harvey Oswald a assassiné le président Kennedy
  • Il a agi seul, en tirant trois coup de feu avec la Mannlicher-Carcano retrouvée au dépôt de livres ; les experts ont relevé ses empreintes sur le dessous du canon de la carabine et sur un des cartons disposés devant la fenêtre ouverte du 5e étage.
  • Une balle a raté sa cible et a blessé légèrement James Tague, un spectateur qui se tenait près du pont ferroviaire ; une deuxième balle a transpercé le dos, puis le cou du président, pour finir sa course en frappant Connally; la dernière balle, le coup mortel, a atteint Kennedy à la tête
  • Oswald a également tué l'agent de police Tippit, avec le Smith et Wesson V 510 210 calibre 38 qu'il portait sur lui lors de son arrestation, et qu'il avait commandé, comme le fusil, au nom de "Hidell"; les douilles retrouvées sur les lieux du meurtre de Tippit en font foi.
  • Jack Ruby est le meurtrier d'Oswald;
  •  Il a agi seul et de son propre chef.
 Le rapport est co-signé par Robert Kennedy, frère de JFK et alors Ministre de la Justice.
 
"Dormez tranquilles, braves gens !", dit donc la Commission Warren. ! Il ne s’agit que d’un tireur isolé communiste et malade dans sa tête. Même si l’homme a perpétré son forfait dans des conditions improbables et au nez et à la barbe des Services Secrets, c’est par une conjonction de facteurs malheureux que l’attentat a réussi. Certes, l’assassin a ensuite lui-même été assassiné dans des conditions inattendues. Mais il ne s’agit là, là encore, que d’un acte isolé commis par un individu excédé par ce drame injuste. Quoi de plus normal ?
 
A peine les conclusions de la commission Warren sont-elles publiées qu’elles sont déjà contestées. D’abord par certains de ses propres membres : si la Commission Warren aboutit à des conclusions, celles-ci ne font déjà pas l’unanimité entre ses membres ! Les observateurs notent ensuite les choix, jugés étranges, de la Commission de privilégier tels témoignages plutôt que tels autres, de retenir tels éléments comme probants et d’en rejeter d’autres, de ne pas s’intéresser à tels ou tels aspects du drame qu’elle juge, à tort, secondaires puis, finalement, d’aboutir à des déductions qui paraissent à beaucoup aller grossièrement dans le sens d’un « politiquement correct » lénifiant, favorable au pouvoir en place et destiné à apaiser les doutes. L’Amérique est inquiète : ses services de sécurité ont failli, sa défense a été prise en défaut, son président a été assassiné, serait-elle « under attack » se demande avec angoisse l’étasunien moyen ?
 
Le rapport de la Commission Warren suscite donc la déception, la perplexité, la méfiance puis, rapidement, le rejet. Journalistes, détectives, personnes privées se lancent alors spontanément dans l’enquête, décortiquant les pages du rapport, refaisant les hypothèses, interrogeant de nouveau les témoins, opérant des simulations balistiques, surnommant par dérision la « balle magique » le projectile ayant mortellement atteint le président, plongeant dans les archives de la police et interpellant la technique, la psychologie et la vie des acteurs du drame, les implications internationales de celui-ci. Rapidement, le grand public est convaincu que les choses ne peuvent pas s’être passées comme on le lui a dit.
 
Dans ce fouillis d’informations, tentons de résumer la problématique. Il y a, fondamentalement, deux groupes de questions, liées entre elles : les unes relatives au tireur et les autres (découlant des premières en fonction des réponses apportées) relatives à l’organisation de l’attentat en lui-même .
 
PREMIERE QUESTION : Est-ce Oswald qui a tiré les coups de feu mortels ? Si oui, fut-il SEUL à tirer ou fut-il aidé dans sa tâche ? Dans ce deuxième cas, par qui pourrait-il l’avoir été ?
 
DEUXIEME QUESTION : si l’on retient la thèse de tireurs multiples (quelque soit leur mode opératoire : situés dans l’immeuble ou ailleurs, que ce soit devant la voiture présidentielle ou derrière), QUI peuvent bien être ces tueurs ? et, d’une manière générale, à QUI le crime profitait-il et POURQUOI ?
 
Il est difficile de faire une liste exhaustive de toutes les raisons qui poussent à la construction de thèses qui se recoupent entre elles plus ou moins. Certaines questions sont judicieuses et d’autres complètement aberrantes et elles appellent des réponses aussi improbables que raisonnables.
 

Le tireur : 


- Est-il réaliste qu’Oswald ait eu la capacité de monter seul et sans aide un attentat comme celui-ci ? Pourquoi Pas ?
- Etait-ce un homme habitué au maniement des armes ? Oui.
- Avait-il en revanche les qualités techniques nécessaires pour un tir de précision de ce type ? A priori, non. Mais il pouvait s’être entraîné.
- Comment expliquer cependant que les simulations effectuées aient montré que 2,6 secondes étaient nécessaires à des tireurs confirmé pour effectuer chaque tir et recharger la carabine alors qu’Oswald est censé avoir effectué les 3 tirs en moins de 5 secondes ? 
- Entre le dernier coup de feu au 5ème étage et l’entrée du motard au rez-de-chaussée du Dépôt de Livres où il croise Oswald, il s’écoule à peine plus d’une minute : pourquoi Oswald n’est-il pas essoufflé de la descente de ses 5 étages ?

 
Les autres tireurs éventuels :
 
- La thèse de tireurs supplémentaires situés dans l’immeuble ou en face est-elle recevable ? Pas sûr.
- Est-il notamment concevable que des tireurs aient pris le risque de se situer derrière le talus, face à la voiture mais à quelques mètres seulement de la foule placée en contrebas et facilement visibles par la police et la sécurité ? Peu plausible.
- Pourquoi avoir écarté les témoignages de ceux qui ont couru vers le talus après qu’il leur ait semblé y voir de la fumée ? N'est-ce pas hâtif ?
- Mais que répondre au fait qu’on n’a ultérieurement rien trouvé à cet endroit et quel crédit accorder à un mouvement de foule ? Que cette piste est à l'évidence dépourvue de réalisme.
Kennedy-Oswald-1.jpg
Le fusil : 

- Pourquoi la lunette du fusil d’Oswald retrouvé au 5ème étage du Dépôt des livres scolaires était-elle montée pour un gaucher alors que Oswald était droitier, ce que sa femme a toujours confirmé ?
- La photo, trouvée à son domicile, qui le montre tenant ce fusil de la main gauche, constitue-t-elle en revanche une preuve contraire ? 
- Si cette photo est un montage, comme l’a affirmé Oswald dès le début, par qui a-t-elle été fabriquée ?
- N’est-ce pas plutôt simplement la piètre défense d’un accusé qui nie l’évidence ?
 
Les mesures de sécurité :
 
Habitués que nous sommes aujourd’hui aux voitures blindées, escortes de protection, gilets pare-balles des gouvernants, mesures de sécurité draconiennes, services spéciaux en lunettes noire, oreillettes et costards bourrés de flingues, nous nous étonnons de la légèreté avec laquelle le déplacement du président à été organisé : nul tireur sur les toits, aucun immeuble sécurisé et un itinéraire, à l’analyse, dangereusement vulnérable (un virage imposant de ralentir fortement, de longues avenues rectilignes bordées d’immeubles, la présence d’un talus, le « grassy knoll » dépourvu de policiers, etc…). 
- Comment ne pas juger suspect le brutal et inopiné changement d’itinéraire décidé par les services de protection et qui vont faire passer la voiture par, précisément, l’endroit où sera posté le tireur ? 
- A contrario, rappelons-nous que les normes de sécurité d’aujourd’hui n’étaient pas les mêmes il y a quarante ans, à une époque où le terrorisme n’existait pas. Quelle route, alors, aurait dû emprunter Kennedy dans une ville où toutes les rues sont droites et bordées d’immeubles ?
- Comment dissuader Kennedy de rouler en décapotable alors que toute la ville l’acclame et qu’il fait un soleil radieux ?
- Et pourquoi juger suspect un changement d’itinéraire de dernière minute alors que, précisément, cette technique est de celles qui permettent d’éviter que le trajet ne soit trop facilement menacé ?
 
La balle (le projectile mortel)  :

- Est-il réaliste qu’une balle traverse deux corps et ressorte intacte pour être retrouvée sur la civière ? Les sceptiques vont vite qualifier par dérision ce projectile de « balle magique ». 
- Mais est-il concevable que les médecins du Parkland Memorial Hospital n’aient pas relevé des impacts venant d’un tir de face ?
- Est-il réaliste de supposer qu’un maquillage du corps ait été réalisé, sauf à faire l’hypothèse d’une conspiration d’ampleur incluant le corps médical lui-même ? On en doute.
Kennedy-assassinat-3.jpg
L’impact : 

- Pour quelle raison la tête de Kennedy est-elle brutalement rejetée en arrière ? Spasme physiologique (« Jet-effect ») ou impact venu de devant ?
- Pourquoi aucun témoin n’aurait--t-il alors signalé ce tir venant de devant alors que tous ont signalé au contraire les tirs comme venant de derrière ?
- Mais, si l’on retient l’absence de tir de face, pourquoi des témoins ont-ils entendu des détonations depuis le talus ? Mais où sont, alors, les traces de ce tir sur le corps de Kennedy ?
 
Le meurtre du policier Tippit : 
- Il se situe à 1,5 Kms du domicile d’Oswald, une distance que celui-ci aurait parcouru en moins de 10 minutes, est-ce réaliste ?
 
Jacques Ruby : 

- Comment Ruby a-t-il fait pour exécuter son crime en toute impunité ?
- N’aurait-il pas bénéficier de complicités à l’intérieur du commissariat ? Mais qui aurait eu intérêt à le laisser faire cela ?
- Comment croire que cet assassinat, a contrario, avait été prévu et coordonné entre d’éventuels comploteurs et Ruby alors même que la sortie d’Oswald fut repoussé sine die à plusieurs reprises ?
- Comment expliquer cependant l’imprudence de la police de Dallas ainsi que du FBI qui accepté la présence de la presse et une cohue invraisemblable pour la sortie de l’accusé, lequel n’était même pas muni d’un gilet pare-balles ? Une telle négligence n’est-elle pas suspecte ?
 
Ruby et Oswald :

- Pourquoi la Commission Warren n’a-t-elle pas cherché à rechercher des liens éventuels entre Oswald et Ruby ?
- Pourquoi n’a-t-on mené que des investigations légères sur le meurtre de Tippit, situé à un endroit où Oswald, en fonction de son emploi du temps connu, avait matériellement des difficultés à se trouver ? N’a-t-on pas conclu un peu vite que c’était Oswald qui avait abattu Tippit ?
 
Le film 8 mm de Zapruder : 

- Pour quelles raisons le film tourné par Abraham Zapruder (et vendu 150 000 USD par celui-ci à Time-Life) immédiatement après l’événement a-t-il été visionné par la seule Commission Warren sans être rendu public ensuite, et cela jusqu’en 1969 ?
- Le film a-t-il fait ensuite l’objet de coupures ou de montage avant d’être livré à la presse et, si oui, par qui ?
- Mais, au contraire, de telles manipulations ne sont-elles pas hautement improbables puisque deux autres cinéastes amateurs (Orville Nix, situé de l’autre côté de la rue et Marie Muchmore) ont également filmé la scène et que ces films (moins connus) montrent, à l’évidence, le même déroulement des évènements, ce qui invalide toute thèse de manipulation ?
- A moins que tous les films n’aient été trafiqués, ce qui tient là du roman d'espionnage ?…
 
Les mensonges par omission de la CIA et du FBI :
 
A ces questions s’ajoutent la découverte de dissimulations, qui suscitent la méfiance. 
- En 1976 une commission sénatoriale découvre ainsi avec effarement que, lors de leurs dépositions, les agents de la CIA et du FBI ont menti (comment est-ce possible, se dit le citoyen américain ?) par omission à la Commission Warren ! Ces agents, jurant pourtant de dire toute la vérité, n’ont en effet pas spontanément évoqué... les 8 tentatives d’assassinat (connues) de Castro par le gouvernement de Kennedy via la CIA et avec l’aide de la Mafia américaine !
- Le FBI, pour sa part, n’a jamais reconnu les liens qu’il avait avec Oswald, lequel logeait, notamment, dans un immeuble appartenant au FBI via l’un de ses agents locaux ! 
 
Avouons-le : on ne sait plus où on en est.
 
 Alors ?

La Plume et le Rouleau © 2004

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